‹ Contribution à l'étude des rétrécissements congénitaux du duodénum observés chez l'enfantChapitre 9 sur 44 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

ETIOLOGIE ;

Les atrésies congénitales de l'intestin, considérées en général, sont très rares. Davis et Poynter qui donnent la statistique la plus récente de ces malformations (janvier 1922) ont réuni dans la littérature 392 cas d’occlusion congénitale de l'intestin entre le pylore et l’anus. Ils donnent en outre les indications suivantes : A l'Hospice des enfants trouvés de Pétrograd, sur 150.000 autopsies on releva 9 cas d’atrésie de l’intestin grêle. Theremin (1877) à l’'Hospice des enfants trouvés de Vienne réunit 2 atrésies congénitales de l’intestin grêle sur 111.000 autopsies de nourrissons. Miller (1894) relève 36 cas d’atrésie ou de sténose intestinale sur 65.000 autopsies à Moscou. Braun (1899) relève en Allemagne 118 cas sur 2 millions d’enfants nés vivants. Ernst, 2 cas sur 41.000, à Copenhague. Durante (1901) en réunit 6 cas en un an dans les maternités parisiennes.

Pour Davis et Poynter, la fréquence moyenne des atré-

Ds fo te

sices intestinales serait de 1 pour 20.000. I] ne nous paraît pas utile de fournir ici la relation complète des nombreuses statistiques. Nous nous contenterons de mentionner les

conclusions suivantes :

1. —— Des chiffres relevés successivement par Schlegel (1891), Kreuter, Tandler (1902), Karpa (1906), Meusburger (1910), von Koos (1920), Davis et Poynter (1922), il résulte que, par rapport aux anomalies des autres porlions de l'intestin, depuis le pylore jusqu’à l’anus, la proportion des malformations du duodénum est d'environ

30 pour 100.

3, — Dans l'intestin grêle, les deux portions les plus souvent atteintes sont la région iléo-cœcale sur une zone de soixante-dix centimètres à un mètre en amont du cœcum et particulièrement au point correspondant à l'implantation du canal omphalo-mésentérique et en se-

cond lieu le duodénum.

Ordinairement il s’agit, dans les atrésies, d'enfants qui sont issus de parents bien portants et qui sont euxmêmes complètement développés et vigoureux. Tout au plus naissent-ils quelquefois un peu avant terme. [ls sont très rarement débiles et n’ont pas une hérédité morbide. Cependant on a quelquefois noté de l’hydramnios chez la mère (cas de M. Voron, de Salzmann). Le rôle de la syphilis a été soupçonné (Variot,Babonneix), mais n’a pas été prouvé. Un ou plusieurs enfants déjà étaient morts d’une malformation congénitale du tube digestif (cas de Craig, Fairland, Wünsche, Kristeller, Forssner, Variot).

AO

La plupart du temps il n'existe pas d’autres anomalies, mais l’atrésie duodénale ne se présente pas toujours iSOlément. A côté des atrésies uniques il existe aussi des atrésies multiples, (dans 15 % des cas, d’après Davis et Poynter) ou bien une sténose coexiste avec l’atrésie, soit dans le duodénum lui-même, soit dans d’autres segments de l'intestin (cas de Schottelius, Krônlein, Fischer, Theremin, Sironi).

Il a été noté dans quelques cas, peu nombreux, que le gros intestin faisait complètement défaut (cas de Voisin, Cohen, Ahlfeld). De même l’absence d’anus a été trouvée (Kirmisson). Presque toujours ces anomalies concomitantes ne concernent que l'intestin lui-même, mais il arrive aussi que des malformations coexistent sur d’autres points du corps : pied bot, main bote (Henoch) polydactylie (Kreuter); épispadias avec symphyse pubienne béante et extrophie vésicale (Voisin); ectopie de la vessie avec fente complète du pénis (von Ammon) ; dédoublement des uretères (Kreuter), malformations cardiaques (cas de M. Voron). Il est intéressant de relever ces coexistences, car il est évident que leur présence assombrit singulièrement le pronostic de la malformation duodé-

nale.

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