UN PES
phragme vaginal de peur qu'au moment du passage de l’enfant, elles ne s’agrandissent et ne s'étendent à la vessie et au rectum. Il se décide pour l'opération césarienne qu'il fait suivre de l’amputation utéro-ovarique.
La femme guérit sans incidents et allaita son enfant.
Obs. VIII. — (Communication du D' Hartmann à la Société d'Obstétrique et de gynécologie de Paris, 6 Juillet 4908).
Mme M..., 39 ans 1/2, a vu apparaître ses règles pour la première fois à 14 ans, sans douleurs. Pendant les premières années, tout se passa bien, les règles venaient chaque mois, duraïent 1 à 2 jours. Puis, peu à peu, elles devinrent douloureuses, un peu irrégulières, extrêmement difficiles. Vers l’âge de 25 ans, chaque époque menstruelle fut l'occasion de douleurs excessivement violentes. A cette époque, le docteur Dubail, consulté, constata l'existence d’un rétrécissement du vagin tellement serré qu'il n'y trouva que difficilement un pertuis dans lequel il put cependant, engager une bougie fili forme. A la suite d’une opération sur la nature de laquelle la malade ne nous donne pas de renseignements bien précis, les règles cessèrent d'être douloureuses.
En 1905, nous voyons la malade pour la première fois. La vulve est normale, mais à 3 ou 4 centimètres de la fourchette, nous constatons l'existence d’un rétrécissement circulaire du vagin qui n'admet que difficilement le doigt. Nous conseillons à la malade de ne rien faire puisqu'elle ne souffre pas, lui disant qu’il y a peu de chances de conception, mais que s'il survenait une grossesse, un accouchement par les voies naturelles semble devoir être à peu près impossible.
En Ocrogrs 1907. — Nous examinons à nouveau la malade ; les règles sont venues pour la dernière fois le 29 Juin ; il y a grossesse manifeste.
La malade retourne dans la Sarthe où elle se fait faire une dilatation progressive du vagin. Lorsque nous la revoyons en FÉvVRIER 1908, la grossesse a continué régulièrement.
MN Ode
Nous constatons‘qu'à la suite de la dilatation faite et peut-. être aussi de la grossesse, le vagin est manifestement plus large. Le toucher du col est devenu facile. Cependant lorsqu'on introduit plusieurs doigts, on constate qu'au niveau du rétrécissement, le vagin, distendu à certain degré sur.une longueur de 2 à 3 centimètres, est rigide et absolument inextensible. Dans ces conditions, nous craignons une rupture au cours de l'accouchement ét pensons que le plus prudent pour sauvegarder la mère et l'enfant, c’est de faire une opération césarienne.
La malade entre dès lors, en Mars, dans une maison de santé à Neuilly pour y attendre le terme de sa grossesse.
Le 29 Mars 1908. — A 8 heures et demie du soir, début des douleurs. A 10 heures et demie, anesthésie parle docteur Bourdon. Avec l’aide de Mile Van Stockum, nous pratiquons l'opération césarienne. Incision médiane ; l'utérus est amené au dehors ; les bords de la partie supérieure de l'incision abdominale sont provisoirement maintenus au contact avec deux pinces de Museux. Comme nous ne sentons pas le placenta, nous incisons directément le fond de l'utérus et sa face antérieure.
Nous tombons sur le placenta, le décollons rapidement, crevons l'œuf, saisissons un pied et amenons d'un coup au dehors, enfant, cordon et placenta. Une pince est placée sur le cordon qu’on coupe et nous confions l'enfant à une garde. Il crie immédiatement. | |
Notre aide étreignant la région du col à pleines mains, nous lions les utéro-ovariennes en dehors des annexes, puis les ligaments ronds; nous incisons le péritoine anté-utérin, décolilons la vessie, lions les utérines, sectionnons le col, rapprochons par quatre catguts les bords de cette section, péritonisons le petit bassin et refermons le ventre.
Guérison sans incidents. L'enfant, qui pesait au moment de la naissance 3.120 grammes, s’est bien développé. Actuel£ lement la mère et l'enfant continuent à se bien porter.