ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Il y a deux sortes de rétro-déviations: la rétro-version et la rétro-flexion. Souvent combinées elles donnent naissance à une attitude complexe, la rétro-verso-flexion.
Dans la rétro-version le col et le corps sont dans le prolongement l'un de l’autre quelquefois le léger degré normal d’inclinaison du corps sur le col en avant persiste.
Dans la rétro-flexion, le col demeure ‘en place ou est légèrement projeté vers la symphyse. Le corps fait avec lui un angle ouvert en bas et en arrière; il tombe plus ou moins dans le Douglas.
Tuffier distingue trois variétés essentielles de ces rétrodéviations :
1° Réductible et mobile, l'utérus peut reprendre sa position normale sous la pression du doigt dans le cul-de-sae postérieur, ou spontanément dans la position génu- “HAEOS rale (obs. I, IL IX, XIT, XIV) ;
2° Irréductible et immobile l’organe est fixé par des adhérences directes au péritoine postérieur, ou grâce aux adhérences annexielles qui limitent sa course. Dans les observations XVI et XVII, les annexes sont saines, mais les malades ont eu une infection post-partum qui suffit à expliquer la réaction péritonéale voisine de l’adhérence directe. Plus souvent les annexes sont en cause: les trom-
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pes sont congestionnées, épaissies; les ovaires présentent preque toujours des lésions d'altération scléro-kystique (obs. V et XII); ils sont gros et basculent autour de leur ligament suspenseur pour prendre position contre la paroi postérieure du petit bassin. Ces altérations ovariennes sont fréquentes dans les rétro-déviations utérines, mais il faut bien se garder de leur attribuer le rôle principal dans la genèse des douleurs qui accompagnent la déviation. Nous n’en voulons pour exemple que l’ovarite seléro-kystique dont les douleurs ne sont souvent pas calmées par la castration bilatérale. Lorsque, au contraire, elle coexiste avec la rétro-déviation utérine, la fixation donne un résultat appréciable (Delbet).
3° Irréductible et mobile, la rétroflexion se caractérise par l’impossibilité de défléchir le corps sur le col, et le déplacement facile en tous sens. Corps et col sont fixés dans unè position vicieuse. Au début il est probable que la rétroflexion était réductible. Puis il s’est produit de l’endométrite qui a gagné peu à peu le parenchyme. Celui-ci s’est induré, supprima à l’organe les mouvements du eoTps sur le col, comme si (un mandrin métallique était laissé à demeure dans l’utérus ». Désormais la rétroflexion est irré- - ductible.
Dans ces diverses attitudes l'utérus présente un aspect différent, suivant qu'il s’agit d’une déformation congénitale ou acquise.
Dans la rétro-déviation congénitale, l’ensemble de l’appareil génital est aussi dans son développement (obs. X), pour en donner un exemple: l’utérus plaqué contre le plancher pelvien, est en rétroversion complète sans flexion. Ses dimensions longitudinales, et plus encore, tranversales, sont réduites. Les ligaments ronds sont graciles. Les OVaires assez gros sont blanes, lisses, sans trace de cicatrice.
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Dans la rétro-déviation acquise, l’utérus est gros, éongestionné. Les veines utérines sont plus ou moins comprimées du fait de la déviation. De plus l’organe est le siège de congestions actives d'ordre général auxquelles l’arthritisme n’est pas étranger. Il en résulte un corps mou, lourd, sur lequel viennent reposer les anses intestinales. Et 1l n’est pas surprenant de constater l’aspect marbré de la face antérieure de l’utérus, les zones pâles correspondant aux appuis des anses intestinales. Celles-ci à un degré moindre bien entendu, laissent sur le corps de véritables empreintes. Tout comme les dents, sur une langue épaisse et molle d'embarras gastrique (obs. VIII).
La muqueuse utérine présente souvent des lésions de pseudo-endométrite hyperplasique, caractérisées par la néo formation adénomateuse des glandes, sans réaction inflammatoire du tissu interstitiel. Le parenchyme est épaissi, souvent scléreux, parfois existent de petits myomes disséminés. |
Indépendamment des lésions utéro-annexielles, les organes du petit bassin et du voisinage peuvent êtré atteints.
La vessie peut présenter des modifications de forme. Son péritoine peut surtout être le siège d'inflammation. La pression du col entraîne rarement des déformations.
L'intestin peut être lésé; la colite muco-membraneuse accompagne habituellement la ptose intestinale; l’appendicite chronique s’observe parfois.
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