‹ Contribution à l'Étude des RhinolithesChapitre 9 sur 36 · NOC-APE · texte numérisé non relu

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comme étiologie possible des calculs du nez. Comme le démontrent jusqu'ici les études microscopiques, on trouve un dépôt abondant de leptothrix dans le nez, ce qui n’a pas encore été observé à ce point de vue. » Dans les calculs des amygdales on a déjà trouvé des

champignons.

Gerbert de Koenigsberg (in Deutsche Medizin Wo-

chens, 1893), publie l’observation d’un rhinolithe où les concrétions calcaires ont un aspect granuleuxetressemblant à un amas de bactéries. Il croit que les concrétions ne sont que les résultats de l’activité de ces bactéries.

Le D", Galippe (dans ses recherches et notes originales publiées en 1894) expose les recherches critiques et expérimentales sur la genèse des calculs pathologiques, sur la production des calculs dans l’économie en général et en, particulier sur la formation du tartre et des calculs salivaires.

« Pour nous, dit le D'Galippe,le mécanisme de la formation des rhinolites est le même que celui des calculs. Corps étranger parasitifère ou coagulum vivant, c’està-dire produit ou habité par des ferments susceptibles de provoquer des actions chimiques déterminant la formation et le dépôt de substances insolubles ou peu solubles. »

Nous diviserons les causes qui président à la formation des rhinolites en : Causes déterminantes et Causes prédisposantes.

La cause déterminante, selon nous indispensable, est la présence, dans la fosse nasale, d’un corps

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étranger. Si ce dernier n’a pas été retrouvé dans certains cas, çest par suite de la technique insuffisante employée pour l’examen du calcul.

La présence du corps étranger irritant constamment la membrane de Schneider détermine de l’hypersécrétion, puis provoque à la longue une diminution de l’activité vitale de cette muqueuse.

Il en résulte une altération profonde des glandes et, parsuite, une variation dans la composition chimique du mucus sécrété.

D'autre part, par suite de l’obstruction, totale ou partielle et de la stagnation des liquides dans la narine, la quantité des microbes et des bactéries, qui existent déjà si nombreux dans les fosses nasales saines, se trouve considérablement augmentée et leur virulence exaltée.

Nous pensons que c’est à l’action combinée de ces différents facteurs étiologiques qu’il faut attribuer la précipitation, à la surface du corps étranger, des sels minéraux contenus dans le mucus nasal et dans les larmes. |

Les causes prédisposantes peuvent être recherchées dans les conditions anatomiques et sécrétoires des fosses nasales. e

Les déviations et les éperons de la cloison, le rétrécissement du méat inférieur semblent favoriser la production des calculs nasaux.

Toutes les maladies modifiant la nature ou la sécrétion des larmes favorisent la production des rhi-

x u sssdlle nolites.

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Le coryza caséeux peut aussi jouer, dans cette formation, un rôle très actif par suite de l’abondante scrétion d’un mucus épais et formant facilement des croùûtelles qui pourront servir de point de départ. |

OBSERvATION MOURE.

(Gazette hebdomadaire des Sciences médicales, Bordeaux, 6 août 1893). Sur un cas de Rhinolithe spontané. — Calcul développé primitivement dans l'arrière-nez.

M. X.., âgé de cinquante ans, exerçant la profession de marin, vient me consulter au mois d’octobre 1892 pour un mal de gorge persistant et pour lequel il a usé toute la thérapeutique habituelle. Le malade se plaint surtout de l’existence de mucosités s'écoulant de l'arrière nez dans le pharynx, l’obligeant à racler: sa gorge, le matin surtout, et dans la journée à hemmer fréquemment. Il éprouve, en outre, une sensation de plénitude dans l'oreille droite, avec quelques bourdonnements intermittents. Interrogé au point de vue de la sécrétion nasale, il dit ne point

moucher du côté droit et à peu près normalement par la narine

gauche. Névralgies intermittentes de la face avec localisations

spéciales. ®

La pharyngite dont se plaint surtout M. X.., et pour laquelle il a suivi plusieurs fois le traitement thermal, date de longues années, quinze à vingt ans environ, avec des périodes de calme de durée variable ; pas d'enchiffrènement, pas de symptômes d'affection nasale. ,

A l’examen, la paroi pharyngienne apparaît saine comme coloration, elle est rosée recouverte à sa partie supérieure de quelques

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mucosités épaisses s'écoulant du naso-pharynx. L'examen rhinoscopique antérieur révèle l'intégrité de la narine gauche.

A droite, je constate également que les deux tiers antérieur de la fosse nasale sont sains, la partie postérieure s'éclaire assez mal.

Je pratique alors la cocaïnisation du cornet inférieur droit et pendant cette manœuvre, ma ouate est arrêtée en arrière par un corps dur que je suis obligé de contourner en lui passant audessus. Une fois la rétraction de la muqueuse produite, je fais un nouvel examen qui me révèle l'existence au niveau de l’extrémité postérieure du méat inférieur droit d’une saillie brunâtre se continuant avec le plancher, le cornet inférieur et le septum, sans ligne de démarcation apparente.

Le stylet donne la sensation d’un séquestre, ou d’un corps calcaire enclavé dans le méat inférieur et absolument immobile,

La muqueuse environnante, quoique un peu tuméfiée, n’est nullement bourgeonnante, elle ne saigne pas pendant cette manœuvre.

L'examen rhinoscopique postérieur me démontre que le corps étranger est bien logé dans la fosse nasale et ne fait pas saillie dans la cavité naso-pharyngienne.

Pensant d’abord à un séquestre osseux, j'interrogeai le malade qui nia toute sorte d’antécédent syphilitique, l'absence de lésion du côté de la muqueuse me permit aussi de rejeter cette hypothèse,

Interrogé au point de vue de l'introduction possible d'un corps étranger, M. X.., ne put se rappeler rien de précis. Il avait autrefois, il y a bien des années plus de quinze ans, me dit-il, un rhume de cerveau tenace et pendant assez longtemps avait été sujet à des crises de coryza. Il se rappelait avoir mouché épais, sanguinolent même, mais tous ces phénomènes avaient disparu depuis quelques années, sa gorge seule était restée susceptible.

Convaincu de la présence d’un corps étranger quelconque dans cette fosse nasale, je lui proposai l’extraction qui fut faite le lendemain matin. Après avoir cocaïné la muqueuse pituitaire, j'es-

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sayai d’abord de broyer le rhinolithe avec de longues pinces coupantes, mais je parvins à peine à l’ébrécher. Je réussis seulement pendant ces manœuvres à le mobiliser un peu.

Prenant alors un stylet un peu fort, je tâchai de dégager le corps étranger et après quelques tentatives, je parvins à le rendre mobile dans le méat inférieur. Je voulus, mais en vain, le retirer par la fosse nasale antérieure, cette manœuvre fort douloureuse, était accompagnée d’hémorragie due à des déchirures de la muqueuse. Je le fis alors tomber dans l'arrière-gorge après avoir averti le malade qu'il aurait à le cracher, ce qu'il fit aussitôt.

L'écoulement de sang consécutif fut minime et s'arrêta avec une injection d'eau boriquée qui ne ramena aucun détritus au dehors.

Aussitôt, la fosse nasale apparut libre, et très élargie en arrière, dans le point où siégeait le corps étranger. J'examinai alors ce dernier qui avait absolument la forme représentée dans la figure ci-contre. Convexe par une fde ses surfaces, il était de ce côté logé sur le plancher du nez ; concave du côté opposé et creusé d'une rainure peu profonde il était en rapport à ce niveau avec la partie postérieure du cornet inférieur qui venait se loger, se: mouler au-dessus de lui et l’enclaver fortement à ce niveau ; la cloison osseuse lui servant de point d'appui du côté de sa face interne. SE

L'extrémité conique regardait en arrière, elle faisait une légère saillie dans le naso-pharynx. Le corps étranger comblait donc tout le méat inférieur en arrière. Sa surface était grisâtre, sale, assez lisse sur sa partie concave, il devenait un peu rugueux dans le reste de son étendue ; sa consistance calcaire était dure, résistante, se laissant à peine entamer par les mors d'une pinceforte.

Son volume était exactement ;celui représenté dans les figures ci-jointes.

Scié avec une petite scie fine, je pus constater qu'il était uniformément formé de matière calcaire, sauf peut-êtré au centre,

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