‹ Contribution à l'Étude des RhinolithesChapitre 27 sur 36 · DT · texte numérisé non relu

DT

donnant « la sensation d’une tige rigide pénétrant dans 1 à du sucre à demi fondu». ‘à Nous arrivons au diagnostic différentiel avec les tumeurs des fosses nasales. V0 Les tumeurs molles ne peuvent guère faire dévier le RU diagnostic. Heu Les polypes muqueux sont aisés à reconnaître. Ils sont HA de couleur blanc grisâtre, piriformes, et ont un aspect gélatineux. ( (ie Les angiomes des fosses nasales se reconnaissent à leur surface lisse, à leur couleur rouge ou bleu foncé, à

leur consistance élastique. Ces tumeurs s’implantent par une large base à la partie supérieure des fosses nasales. Les fibromes naso-pharyngiens sont accompagnés de

symptômes tellement spéciaux que l'erreur n’est pas possible. Ces fibromes se présentent sous l'aspect de tumeurs rosées, dures, peu mobiles, à prolongements multiples, à marche lente, et envahissant pour les combler toutes les cavités de la face, sinus, orbite, etc. Les |" 0 déformations extérieures sont souvent très marquées. Le sarcome a une marche très rapide et l’état général $ est promptement atteint.

A leur début, les ostéomes du nez sont très difficiles à différencier des rhinolithes. Dans ces deux affections,

les symptômes ont beaucoup de points communs ; mais

DENTS Le tie

dans les ostéomes les lésions s’accompagnent de déformations précoces portant sur le nez, le front, les joues. La rhinoscopie décèle une tumeur volumineuse, noirâtre, très dure, non mobile.

L'enchcndrome des fosses nasales est tellement rare

qu'il est impossible de lui assigner une symptomatologie spéciale : on n’en connaît que deux observations.

On peut se rendre compte, d’après ce qui précède, que le diagnostic d’un rhinolithe est souvent chose très difficile et mérite de la part du clinicien la plus grande attention. :

Pronostic. — Le pronostic, bénin en général, est subordonné à la précocité du diagnostic. En pratiquant systématiquement la rhinoscopie chez tous les malades atteints d’affections des fosses nasales, le médecin décèlera assez tôt la présence des rhinolithes pour qu'une extraction, faite dans de bonnes conditions débarrasse le malade et le mette à l'abri des complications énumérées

plus haut.

OBSsERVATION PoLo

Gazette médicale de Nantes, 12 juin 1896 ; p: 77

Le corps étranger que je vous présente aujourd'hui, est la propriété d'une femme âgée de cinquante quatre ans, qui souffrait depuis trois années de la narine droite. Dans les derniers temps

la respiration de ce côté était devenue de plus en plus difficile;

elle mouchait continuellement un liquide séro-sanguinolent extrêmement abondant. Des douleurs sus-orbitaires droites la faisaient beaucoup souffrir.

En présence de ces symptômes et de l'âge de la malade un médecin avait pensé à l'existence d'une tumeur maligne. Le simple examen au spéculum ne pouvait du reste faire rejeter cette idée.

Lé tiers postérieur de la narine était obstrué par des bourgeons charnus, recouverts d’un liquide sanieux et saignant au contact du stylet. Après cocaïnisation j'introduisis une sonde droite et longue jusqu'à l'extrémité postérieure dela narine. Je butai contre un corps rugueux assez dur, paraissant dépendre de la paroi externe.

Le gonflement et le mauvais état de la muqueuse empêchait de pouvoir se rendre compte de la dimension et de la forme de la tumeur. L'examen postérieur des fosses nasales ne me renseignait pas beaucoup plus.

Ce qui me donna un indice important, c’est que je parvins à déplacer légèrement l'obstacle; j'avais affaire soit à une rhinolithe, soit à un corps étranger, bien peu probablement à un séquestre. Le malade affirmait ne s'être jamais rien introduit dans le nez. En tout cas il fallait enlever l’obstacle.

Je dilatai la narine par des mèches de ouate imprégnées de cocaïne, ce qui me permit d'introduireune curette coudée d’'Astier (petit modèle) jusque dans le pharynx supérieur. Je pus passer ainsi derriére le corps dur qui me parut être solidement enclavé entre les cornets inférieur et moyen. En faisant basculer obliquement en bas le manche de la curette, je parvins à mobiliser complétement le corps étranger et à le saisir entre les mors d'une forte pince à polypes. Celle-ci dérippa d’abord en amenant quelques détritus grisâtres et crayeux. Je pus enfin extraire un corps irrégulier et anguleux du volume d’une moyenne cerise et de la même consistance que les détritus.

La malade perdit peu de sang. Je la revis quelques jours après elle mouchait normalement,et n'avait aucune douleur à la tête, la respiration n'était cependant pas encore aussi bonne à droite qu'à gauche ; ce fait parut tenir à une adhérence de la muqueuse qui s'était probablement formée après l'opération je détruisis très facilement le pont membraneux.

L'aspect extérieur du corps de la tumeur est absolument celui d’une rhinolithe sciée en deux parties. Vous pourrez voir que le

centre est formé par un noyau de cerise. La moitié qui manque a

VAE servi à M. Andouard, professeur de chimie à l'École de Médeen cine de Nantes à faire l'analyse de la gangue remarquablement

ï épaisse. fre DE LA Voici la note qu'il m'a remise, , |

Page 1