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CHAPITRE XLVIII

Les Pêchers, sont, après les Pruniers, parmi les Rosacées-prunées-amygdalées, les plus fréquentés pa les parasites de toute sorte.

Sur eux, l’on peut compter une bonne trentaine de parasites végétaux, indépendamment des maladies bactériennes et des maladies dites « physiologiques ». Les insectes parasites sont au nombre de 36, dont : onze Coléoptères, treize Lépidoptères, un Diptère, six Hémiptères, trois Hyménoptères, plus un Orthoptère et un Acarien.

Tous, heureusement, ne sont point également néfastes. Mais il convient de bien connaître ces divers parasites et maladies qui peuvent atteindre ces arbres, à divers stades de leur existence, afin de les protéger, en temps opportun, avec des substances fongicides ou insecticides judicieusement choisies et les mieux appropriées selon le cas.

C’est en cela que consiste le beau rôle de Phytopharmacien ou de « Médecin des Plantes ».

C’est pourquoi nous nous sommes attachés à développer largement la partie concernant la biologie de ces arbres particulièrement précoces et délicats entre tous,

de même que la biologie des multiples parasites qui vivent à leurs dépens.

Il nous reste à examiner, de même, les meilleurs moyens de lutte et de « défense sanitaire » du Pêcher, en nous attachant plus particulièrement aux variétés indigènes, qui, par bonheur, sont un peu moins parasitées que les espèces exotiques.

On sait que le Pêcher n’est point insensible à l’action du terrain et des sels solubles qu’il rencontre dans le sol où poussent ses racines, et qu’il suffit, parfois, d’arrosages opportuns au sulfate de fer, pour combattre la chlorose.

Cet arbre est fort sensible aux blessures et à tout traumatisme : il supporte assez mal la taille, et l’on sait que toute plaie peut entraîner une abondante production de gomme et un état maladif persistant.

Mais il est, surtout, sensible à l’action des composés

cupriques, qui sont couramment usités, en pulvérisations ou vaporisations, dans la défense sanitaire des autres arbres fruitiers de la même famille :

Ce sont les feuilles du Pêcher qui sont les plus sensibles à l’action des sels de cuivre, et cette sensibilité, est, naturellement, en rapport avec la plus ou moins grande solubilité de ces divers sels.

BAIN, en 1902, après de nombreux essais, a tenté un classement de ces sels de cuivre, par activité et causticité décroissantes : nitrate, chlorure, sulfate et acétate. Viennent ensuite les sels de Cu, très peu solubles, tels que l’hydrate de Cu (Cu (OH)2, qui entre dans la « Bouillie bordelaise », comme chacun sait.

On a constaté que l'addition de certains sels aux composés cupriques était de nature à augmenter ou à atténuer l’action nuisible de ces bouillies : c’est ainsi que la chaux, qui entre dans la bouillie bordelaise agit en diminuant la vitesse de solubilisation de Cu sur les organes de l’arbre. Il en serait de même du phosphate acide de potasse,

one

Les phosphates neutres de Potassium ou de Calcium sont indifférents; les nitrates de Chaux ou de Magnésie, comme le chlorure de Calcium, ou de Sodium, augmentent et aggravent les dégâts.

L'on peut classer les produits parasiticides, selon leur consistance et d’après leur mode d'emploi sur les insectes et les champignons parasites. D’où quatre groupes principaux, à envisager :

Insecticides d’ingestion, ou insecticides internes;

Insecticides de contact, ou insecticides externes;

Insecticides asphyxiants ou insecticides volatils;

Fongicides ou produits anticryptogamiques divers.

Il convient de noter que certains corps agissent, à la fois, comme insecticides de contact et d’ingestion, et que d’autres sont, en même temps, fongicides et

insecticides.

Parmi les insecticides de contact, l’on rencontre de nombreux alcaloïdes, des glucosides et des extraits ou poudres de végétaux indigènes ou exotiques, tels que Tabac ou Nicotiane, plus ou moins riche en Nicotine; Pyréthres, riches en Pyréthrines; Quassia et sa Quassine; Héllebores et Vératres, Noyer, Plantes à Saponine et à Roténone.

Les polysulfures, le chlorure de baryum et les huiles végétales ou minérales et animales sont également des insecticides de contact.

Le groupe des insecticides d’ingestion renferme les plus violents toxiques capables d'agir par pénétration dans le tube digestif des insectes ou lés voies respiratoires des insectes broyeurs tels que les PUENIERSE et les Lépidoptères (Chenilles).

; Les insectes piqueurs et suceurs, tels que Diptères, Hémiptères et tous les Papillons en général, ne sont point incommodés par ces insecticides.

Les insecticides volatils ou asphyxiants sont l'acide cyanhydrique, l'hydrogène sulfuré, l'oxyde de carbone,

l’oxyde d’éthylène, la chloropicrine, le paradichlorobenzène, etc.

Enfin les principaux fongicides usités sont les sels cupriques et les composés soufrés, sous forme de bouillies ou de pulvérisations.

Il va sans dire que ces divers produits doivent être judicieusement utilisés, au moment le plus opportun, c'est-à-dire au moment où le parasite est le plus aisément vulnérable et où l’arbre et les organes à protéger ‘sont les plus résistants ou les moins sensibles aux effets, souvent caustiques et irritants, des composés chimiques, mis en œuvre, pour leur défense sanitaire.

Il s’en suit que c’est au cours du grand repos de la végétation, quand l'arbre est dépouillé de son feuillage et de ses fruits — donc pendant l'hiver — qu’on pourra le plus aisément intervenir, sans crainte de causer de fâcheuses et irrémédiables brûlures aux tissus plus délicats, qui sont l’apanage des saisons estivales et printanières.

Mais le Pêcher étant un arbre particulièrement sensible, il sera prudent de n’intervenir qu'avec uae extrême prudence et à doses très modérées de Carbolineum, contre les parasites hivernants sur le tronc ou sur les branches, à l’abri des écorces, au cours des traitements d'hiver des arbres fruitiers.

Un traitement de printemps, contre le Corynéum, la Cloque et le Monilia sera tenté, à l’Oxychlorure de cuivre, dès le départ de la végétation. ;

Au cours de l'été, on interviendra contre les Pucerons, et les Papillons avec des bouillies nicotinées et quassiées.

Enfin, à l’automne, on agira contre les insectes grimpeurs avec des bandes-pièges à la glue toxique.

La température et l’état hygrométrique jouent aussi un rôle important, dans l’action utile ou néfaste des bouillies : la bouillie bordelaise, et certains sels cupriques peu solubles, ne produisent aucun dégât sur le

feuillage des Pêchers, même en atmosphère humide, s’ils

ne sont préalablement dissous dans l’eau. Ce qui est certain c’est que la sensibilité des feuilles s'accroît avec l’état hygrométrique et la pluviosité du climat. La lumière et la chaleur, comme l’insolation directe, ont un rôle non négligeable sur la sensibilité des organes aux brûlures causées par les bouillies cupriques.

. Selon G. et M. ARNAUD, les sels cupriques pénétre- - raient dans les cellules des organes de l'arbre : « A dose extrêmement faible, ils agiraient comme un excitant augmentant la quantité de chlorophylle et par suite la couleur verte, mais on sait que, sur ce point, il y a des discussions. A dose encore très faible, mais un peu plus élevée, il se produirait un effet toxique, qui, suivant qu'il est plus ou moins marqué, aménerait des taches d’abord rouges, puis brunes, ou simplement la chute du feuillage sans altérations locales ».

D’autres bouillies moins caustiques que la Bouillie bordelaise, ont été, tour à tour, préconisées puis abandonnées : de ce nombre sont les « Lime sulphur » et « Dry lime sulphur » ou Bouillies sulfocalciques américaines, ainsi que les Bouillies sulfo-arsénicales, à 2 ou 3 % d’arséniate de Chaux ou de Plomb, à l’état sec.

__ FARLEY, en 1925, a conseillé une bouillie mixte à 3 % d’arséniate de plomb, en suspension dans l’eau, qui est de nature à être bien supportée par le Pêcher, si on l'additionne de 8 % de chaux hydratée fraîche. La chaux carbonée aggraverait les dégâts.

Le même auteur, donnait, cependant, la préférence à une Bouillie sulfocalcique ou « Self-boiled SCOTT », additionnée de 3 % d’arséniate de plomb, qu'il avait expérimenté, dans le New-Jersey, en 1925.

Il conseillait, aussi, une bouillie au soufre mouillable, caséinée et arséniée (à 2 % de sel de plomb) qui ne produisait que des brûlures insignifiantes et tout à fait négligeables sur le feuillage. Cette bouillie contenait : 0,40 à 1,20 % de chaux + 0,80 à 1,60 % de soufre et

2 % d’arséniate de plomb. On peut remplacer la caséïne (génératrice de caséinate de chaux) par de la RATE de lait écrémé...

L’'ARSENAL PHYTOPHARMACEUTIQUE

La défense de nos arbres fruitiers, contre les parasites de toutes sortes qui les assaillent, relève à la fois, des méthodes culturales, des agents physiques et chimiques.

Seuls les agents chimiques, utilisés comme insecticides et fongicides sont du domaine de la Phytopharmacie et des Phytopharmaciens.

Comme le dit M. le Professeur A. GUILLAUME, de la Faculté de Strasbourg, dans son bel ouvrage sur « Les Animaux ennemis de nos cultures », ces substances qui sont à la base de notre « Arsenal Phytopharmaceutique », entrent dans la composition des engrais et dans celle des Raticides, des Insecticides et des Fongicides, soit à l’état de corps simples, soit sous la forme de combinaisons diverses.

LES PARASITICIDES VEGETAUX

Certains produits végétaux riches, en Alcaloïdes ou en Glucosides, sont utilisés en parasitologie contre les ennemis des cultures.

__ De ce nombre sont : la Nicotine, les Pyréthres, les plantes à roténone : ce sont surtout des insecticides de contact; certains agissent également comme insecticides d’ingestion, soit à l’état pur, soit en mélange avec d’autres parasiticides.

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