LES INSECTICIDES & FONGICIDES MINERAUX LE FLUOR & SES COMPOSÉS
Le Fluor et l’Acide Fluorhydrique ne sont usités en parasitologie agricole, qu’à l’état de combinaison et jamais à l’état isolés.
Les Fluorures et Fluosilicates sont, présentement fort en vogue, comme insecticides d’ingestion : au cours des « Journées de lutte contre les ennemis des cultures », tenues à Paris, en mai 1937, à la « Maison de la Chimie » ou « Centre Marcellin Berthelot » il en fut longuement question. Les rapporteurs purent démontrer que « la toxicité de ces sels contre les parasites des plantes est sensiblement égale à celle des sels arsénicaux, alors qu’elle est infiniment moindre pour les plantes » et, aussi, ce qui est fort appréciable, pour l'Homme et les Animaux à sang chaud ! Tout serait donc parfait si ces sels du Fluor n'avaient une déplorable tendance à provoquer de fâcheuses brûlures aux organes des plantes, si l’on néglige quelques précautions élémentaires et suffisantes, lors de leur vaporisation.
Ces préparations florées ont encore, un autre avantage — non négligeable — pour les cultivateurs : celui de leur grande diffusion dans le règne minéral, à l’état de Cryolite naturelle ou Fluorure double naturel d’Aluminium et de Sodium, et par conséquent, leur prix de revient est relativement modéré, par rapport aux autres, insecticides. ;
On sait que ce corps qui répond à la formule 6 Na F1 + Al2FI6 se présente en masses laminaires de ton blanc, plus ou moins teintées de jaune ou de rouge par de l’oxyde de fer, et que son aspect est vitreux et comme perlé. On le rencontre dans le Groenland occidental, à Zvikaët et dans les Monts Oural, aux alentours de Miask.
La diffusion de ces insectidices est encore accrue du fait que leur préparation résulte du traitement industriel des résidus de fabrication des Superphosphates et des Phosphorites. On utilise principalement les Fluorures et Fluosilicates de Baryum et de Sodium et des Fluoluminates.
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LES FLUORURES.
Les 2 plus usités en parasitologie agricole sont : Les Fluorures de Sodium et de Baryum. Les Fluorures d’Aluminium, de Calcium, de Cuivre, de Plomb, et de Manganèse ont été successivement expérimentés, mais rapidement abandonnés. Aussi ne les citons-nous, ici que pour mémoire.
a) Le Fluorure de Sodium ou NaFI. — C’est une poudre blanche, cristalline ou amorphe, d’aspect satiné et brillant. Son titre en Fluor varie de 40,30 à 44,90 %. Il renferme, souvent, d uFluorure de Silicium, comme impureté. Il est possible de l'obtenir plus pur, en traitant le Chlorure de Sodium par l’Acide fluorhydrique
ou un Fluosilicate, par la Soude caustique ou par le Carbonate de Sodium, selon l’une des équations ci-dessous :
Na?Si FI6 + 4 NaOH — 6 Na F1 + Si (OH)4 ou Na CI + HF1 — Na F1 + HCI
Pour les usages agricoles on mélange le sel avec 4 fois son poids de farine ou de son mélassé additionné d’eau, sous forme d’appâts, selon la formule de KAUF- MANN, que voici :
Fluorure de sodium :..l.................... 300 gr. SORT UC LDESC De ane Cie lle a te ste Lise ele te Taie 10 kgr. FRERE REA EU ES ARS EE PRO TEE 100 lit.
Cette préparation étant fort caustique, il faut l’employer à faibles doses, en vaporisation, sur lès organes délicats des plantes.
b) Le Fluorure de Baryum (Ba FI). — C'est aussi une poudre blanche, amorphe, fort peu soluble dans l’eau. Elle titre 21,70 % de F1 insoluble. Ce sel présente l'avantage sur le précédent d’être sans aucun risque de brûlures pour les tissus délicats des plantes, tout en offrant les mêmes garanties de toxicité sur les parasites. Son action toxique est due tout autant au Baryum qu’au Fluor qui entrent dans ses molécules constitutives. C’est un précieux insecticide d’ingestion. En France, il entre surtout dans la préparation des appâts contre les rongeurs, en Russie et aux Etats-Unis on l'utilise en poudrages contre de nombreux insectes parasites.
c) Le Fluorure double d’Aluminium et de Sodium ou Cryolithe naturelle (3 Na F1 + AIFI6). Se trouve dans la nature aux Monts Oural et au Groenland, comme nous l’avons dit ci-dessus. Mais depuis la première guerre mondiale on obtient des cryolithes synthétiques ou artificielles en partant de l’Apatite, qui est un phos- . phate de Chaux naturel, de formule : Ca8P3012 (F1, Cl) :
(1) et qui sont plus légères et plus pures que les sels naturels.
On les utilise en poudrages (mêlés à la Chaux) ou en suspension, additionnés d’un adhésif, pour assurer leur adhérence. £
% LES LES FLUOSILICATES.
Ce sont des sous-produits résiduaires, comme les précédents, tirés de divers superphosphates et phosphorites naturels. On les obtient, presque purs, par double décomposition des Tétrachlorures de Baryum ou de : Sodium, avec les C'hlorures de Sodium ou de Baryum en présence de l’eau. On peut aussi faire agir l'acide fluorhydrique sur les Chlorures de Baryum et de Sodium, selon l’une des équations :
3 Si F4 -L 4Na C1 + 2H2 O — Si FI6 Na? + Si O2 4 HCI ou Si FI6 H2 2 Na Cl — Si FI6 Na? + 2 HCL
Ces sels ont été durant longtemps considérés uniquement comme des insecticides de simple contact. Mais il est reconnu, présentement qu'ils agissent plus encore comme insecticides. d’ingestion. Les plus employés, parce qu’ils paraissent plus actifs, sont les Fluosilicates de Baryum et de Sodium.
d) Le Fluosilicate de Baryum (Ba Si FI6). — Ce Fluosilicate est le moins soluble de tous les sels de Fluor : 29 fois moins (à 0°) que le sel correspondant de Sodium et 41 fois moins à 78°. Il titre 40,70 de Fluor.
Il est aussi toxique pour les parasites que les Arséniates les plus actifs, sans avoir comme eux l’inconvé- { -
(1) ApariITE vient du grec aa qui signifie : tromperie, et ce nom lui fut donné par WEBNEB.
nient de causer des brûlures aux tissus des plantes. Il présente donc, selon FLEMING, « le précieux avantage sur tous les autres composés du Fluor, d’être très toxique envers les insectes, tout en étant sans danger pour les végétaux ».
Malheureusement la lourdeur de ses particules, en plus de son manque d’adhérence, rendent ses effets toxiques assez fugaces. Son poids spécifique est, en effet, de 4,29 tandis que celui du Sel de Sodium correspondant est 2,75. Mais les sels plus purs sont aussi plus adhérents : donc plus toxiques. Et c’est le cas des Fluosilicates américains où on est arrivé à ne laisser que 2 % d’impuretés. On importe, aujourd’hui, d'Amérique un Fluosilicate spécial titrant 88 % de Ba Si FI6 + 10 à 11.% de Si O2 + 0,50 % de Ba FI2. On l'utilise en poudrages après dilution avec la Chaux éteinte, dans la proportion de 10 à 20 % et en vaporisations liquides, par suspension dans de l’Oléate de Plomb-benzoïque ou des Savons liquides.
e) Le Fluosilicate de Sodium (Si FISNa). On le prépare par double décomposition, d’un Tétrafluorure et du Chlorure de Sodium, comme nous l’avons vu. Il titre 60,55 % de Fluor. On s’en sert en poudrages et vaporisations. Ces dernières sont, par suite de leur rapide décomposition en Fluorure de Sodium, sans doute, bien plus actives que les poudrages, mais elles ont le fâcheux inconvénient de causer de fréquentes brûlures aux organes des plantes. C’est pourquoi il est préférable d’utiliser simplement les poudrages après dilution de ce sel dans diverses poudres inertes : Chaux, Carbonate de Calcium, Gypse, Tale, Argiles, Terre d’Infusoires, Charbon de bois, Alun, Fécules ou Farines.
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f) Les Fluo-aluminates ou Fluorures doubles (Al F16- M3). Nous en avons dit l'essentiel au $ c, au point de
vue des Sels naturels et artificiels. Ces derniers sont d’origine anglaise ou américaine. Ce sont les plus purs.
En France et dans les régions méridionales, en particulier, on utilise un Fluorure double d’'Aluminium et de Sodium qui répond à la formule : 3 FINa, FISAI, qui se trouve à l'état de Cryolithe naturelle dans les mines de l’Estérel de notre belle Provence.
Toxicité des Fluosilicates. — Un décret ministériel en date du 9 novembre 1937 a prescrit l'inscription au Codex francais des Fluosilicates solubles métalliques et des Fluosilicates métalliques insolubles et des préparations qui en contiennent plus de 25 %, parmi les substances vénéneuses du Tableau C : c’est-à-dire celles qu’il est prudent de tenir séparées (ou Séparanda). Ces sels de Fluor, par suite de la libération du métalloïde, dégagent, en présence de la vapeur d’eau atmosphérique, de l’acide fluorhydrique, à l’état gazeux, dont on sait la toxicité sur les voies respiratoires et digestives de l'Homme et des animaux.
L'on admet que la dose toxique, pour lès 3 toxiques agricoles les plus courants, tels que Fluorure, Fluosilicate et Arséniate, chez les animaux à sang chaud, est de : |
30 gr. pour le Fluorure de Sodium; 7 gr. 30 pour le Fluosilicate de Sodium ; 0 gr. 84 pour l’Arséniate de Calcium.
Des cas d'intoxication, suivis de mort, ont d’ailleurs été signalés par des Auteurs dignes de foi, notamment par le Professeur SOMMELET et M. LABAT.
En dépit de ces effets toxiques il est fréquent de rencontrer ces dangereux produits insecticides plus souvent dans les maisons de droguerie, de quincaillerie, voire d'alimentation (à la campagne principalement)
que dans les Officines de pharmacie, à la disposition de tout venant, pour tel usage qu’il lui plaira !
Les Fluosilicates sont des poisons protoplasmiques dont les symptômes se révèlent par des vomissements, des crampes, des tressaillements musculaires et des convulsions épileptiformes, accompagnés de diarrhées profuses et suivies de paralysie des voies respiratoires et du système nerveux.
Leurs effets toxiques sur les insectes qui nous intéressent sont assez semblables à ceux des arsénicaux, mais ils sont plus fugaces, sans doute à cause de leur poids spécifique plus grand. Leur gros inconvénient, nonobstant certaines qualités, réside dans les graves dangers de brûlures sur les délicats tissus des plantes,
occasionnés par leur contact et la libération du Fluor.