CHAPITRE PREMIER
Des Pêchers, que fieurit le pâle et tendre Avril, Descendent!, lentement, de légers flocons roses, Qui mettent des émaux sur les gazons moroses, Où les matins, encor, s’argentent de grésil...
Ces Arbres charmants, à la floraison précoce, se . parent, en effet, de fleurs rosées ou rouges, dès l’annonce du printemps ; en avril, dans la région parisienne, dès le mois de mars, dans les régions provençale et languedocienne, où la température plus clémente, facilite l’épanouissement des fleurs de Rosacées. qui, comme chacun sait, « ont coutume de « primer la primevère »… réputée, cependant, comme « la première fleur du printemps »…
Il est vraisemblable que le Pêcher, comme tous les arbres de la Famille des Rosacées-Prunées-Amygdalées, doit ce privilège — qui n’est point sans inconvénients — à son origine orientale : son nom latin : « Prunus persica », « Amygdalus persica » ou « Persica vulgaris », pourrait laisser croire à son origine persique. Il n’en est rien. Si le Pêcher était bien connu et cultivé, plusieurs siècles avant notre ère, en Asie Centrale en Chine
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et en Perse, il est fort vraisemblable que son lointain ancêtre soit le PÊCHER DE DaAvip (Prunus Davidiana FR) qui pousse spontanément et croît à l’état sauvage, en Chine, et, plus particulièrement, dans les provinces de Kanson, Shansi, et Sÿ-Tchouan.
Pendant longtemps les Botanistes les plus distingués — ne le sont-ils pas tous ? — ont admis que le Pêcher provenait, tout droit, de l’'Amandier (Amygdalus Communis) … Certes ces Arbres « ont ensemble, étroit parentage : ce sont enfants tout d’un lignage », comme dirait notre grand Fabuliste. Ils ont, aussi, une commune origine l'Asie orientale.
Mais depuis les travaux de HEDRICK, il est définitivement établi que le véritable ancêtre du PÊCHER COM- MUN n'est autre que le PÊCHER DE DAVID.
Ce Pêcher sauvage qui est un arbuste, ou arbrisseau, pourvu de minces et longues ramifications, et de feuilles de ton vert-grisâtre, à fines dentelures, parées d’un léger duvet pileux, se rencontre, à l’état spontané, dans tous les bois de montagnes de la Chine Orientale.
Il donne des fruits, non comestibles, à duvet épais, de la taille d’une petite prune sauvage.
De la Chine il semble bien que la culture du Pêcher se soit propagée en Perse, d’où elle est passée à Rome et dans tout l'empire romain, dès le premier Siècle (ap. J.-C.) sous le règne d’Auguste. Elle acquit, dit-on, une place de choix dans les vergers romains, aux cours des deux siècles suivants...