AN LOS
mensions sont plus modestes que celles de l’Amandier : il dépasse rarement 3 à 5 m. de hauteur, bien qu’il puisse atteindre, en certaines régions, 8 à 10 m. de haut. Son tronc, proprement dit, mesure de 2 à 5 m. Il se ramifie en branches, de forme élancée, aptes à se prolonger, chaque année, en rameaux, plus ou moins effilés, de ton vert ou rougcâtre, pouvant atteindre au rouge-pourpre.
Les feuilles, longuement lancéolées, sont de forme étroite, aiguës et finement dentées sur les bords. C’est un peu au-dessus de son centre que le limbe atteint à sa largeur maxima, et souvent, il se trouve, à la base du limbe ou sur le pétiole, 2 à 4 glandes caractéristiques. :
On peut constater, aussi, sur les jeunes feuilles, un léger duvet au niveau des nervures. Ailleurs elles sont glabres, en vieillissant, luisantes au-dessus, brièvement pétiolées et accompagnées de stipules caduques.
Les fleurs, qui apparaissent les premières, bien avant le feuillage, sont plus ou moins grandes, de ton rose ou rouge (allant du rose pâle au rose vif foncé) selon les variétés : elles comportent 1 calice à 5 lobes, en forme de cloche, et une fort élégante corolle à 5 pétales englobant une touffe d’étamines (en multiple du chiffre 5 : 15 à 30, ordinairement) (fig. I).
Le pistil, qui est toujours libre, se mue, en mûrissant, en un fruit charnu, drupacé, à noyau rugueux contenant 1 ou 2 amandes amères.
Ce fruit, dénommé « Pêche », est une grosse drupe oblongue, à silion fortement marqué, tantôt veloutée, tantôt luisante et glabre (chez les Brugnons). Sa chair est plus ou moins adhérente au noyau; elle est de ton blanc, jaune ou verdâtre, légèrement rosée (autour du noyau), tendre, savoureuse, et plus ou moins juteuse et sucrée.
Le noyau, plus ou au moins adhérent, selon les varié- .
SECANTES
tés, est marqué de nombreux et profonds sillons, et renferme 1 ou 2 amandes amères..
Le Professeur L. GUIGNARD, classe les PÊCHERS parmi les Rosacées-Prunées, caractérisées par : Feuilles isolées, simples, stipulées; Fleurs hermaphrodites, régulières, pentamères; Calice, Corolle et Androcée concrescents à la base et formant un plateau, une coupe, un tube; Androcée, à 29 étamines sur 3 verticilles, en multiple de 5, carpelies 1- œ libres entre eux, parfois soudés; 2 carpelles par ovules pendants. Fruit nu et drupacé, graine sans albumen. |
Le Professeur L. COURCHET, de Montpellier, écrivait, en 1898, dans son « Traité de Botanique », à propos de l’Amygdalus persica T., ceci : « Le Pêcher (Prunus Persica L) pour lequel TOURNEFORT avait fait le genre Persica, et dont l’origine est encore obscure (sic), se distingue de l’'Amandier, par son réceptacle floral plus allongé, son fruit beaucoup plus charnu et plus gros, à noyau très dur, bombé et rugueux. Les feuilles, dans le bourgeon, sont condupliquées ».
Et notre excellent Maître, d'ajouter, à propos de « l’origine encore obscure » du Pêcher, en l’an de grâce 1898 : « On admet pourtant que le Prunus Davidiana FRANCH, du Nord de la Chine et des environs de Pékin, pourrait bien être la forme primitive du Pêcher cultivé ».
Nous voilà donc fixés, et bien fixés, sur l’origine certaine du Prunus Persica, qui doit être classé parmi les arbres chinois, et non persans.. en dépit de son nom de « persique » ou « prunier persique ! »
Avec le Professeur H. COUTIÈRE, nous sommes plus amplement renseignés sur la « Tribu des Prunées », dans le T. V. (p. 228-229) de son admirable « Monde Vivant » : Ici, Amandiers, Pêchers, Abricotiers, Ceri-
Ad
siers et Pruniers (Fruits à noyau) composent une imposante assemblée de notables. Leur fleur est le type idéal d’une Calicifiore, et le carpelle n’enferme, sauf anomali (Amande phillipines), qu’un seul ovule..
Le Pêcher (Amygdalus persica) est un Amandier très peu modifié, et certains Botanistes n'hésitent pas à l’en faire dériver. Il existe une étape entre les deux, avec fleurs roses et fruits charnus mais amers, voisinant avec des vraies amandes. On ignore l'origine de cette forme, mais le fait se montre, parfois, sur des Pêchers greffés, et le Professeur DANIEL y voit, à juste titre, un cas de l’hypobiote qui a imprégné l’épibiote, sous forme d’un hybride de greffe.
Malgré son nom d’espèce, il semble bien que le Pécher soit une plante chinoise, où sa culture est plus ancienne et ses variétés plus nombreuses que partout ailleurs. Le précieux arbre aurait suivi la route de MARCO POLO, en marquant les étapes persanes, Seau et romaine.
S'il en est ainsi, sa concanguinité avec l’Amandier souiève une difficulté non résolue : ce dernier ayant une patrie bien plus proche.
On connaît, dit-on, un millier de variétés de ce fruit, que certaines tiennent pour le plus parfait de tous, et qui s’est perfectionné depuis deux siècles. Beaucoup d'excellentes sortes se reproduisent de noyaux, et il en est ainsi dans les Vignes, refuge de choix pour ces arbres délicats.
On a signalé, à maintes reprises, leur fragilité accrue, sous le climat parisien, où les ravages de la Cioque sévissent avec fureur.
La culture en espalier et la taille, réglée par une longue et sagace pratique, ont fait la fortune de Montreuil : le crucifiment le long d’un mur a pour objet de ne pas faire gaspiller à l’arbre du bois inutile, en lui épargnant l'effort; la disposition oblique ou horizontale des branches modère la fougue de la sève ascension-
RAA
nelle et l'empêche de se porter à l'extrémité des branches en dégarnissant la base. Il faut très peu de temps à un espalier abandonné pour « s’affranchir ».…
« À noter que le Pêcher est un des arbres d’ornement les plus répandus en Chine et au Japon, sous forme du Persica sinensis, dont on connaît des races à fleurs doubles, à feuilles rouges, pyramidales ou pleureuses. Sous les tropiques l’arbre garde ses feuilles toute l’annee ».