CULTURE DES PÊCHERS
La culture des Pêchers, paraît occuper dans le Monde des Arbres fruitiers, le deuxième ou troisième rang :on peut la classer immédiatement après les Pommiers et les Pruniers.
Infiniment moins rustique que l’Amandier et le Prunier, avec lesquels il paraît faire assez bon ménage, le Pêcher, forme avec ces deux Arbres de la famille des Rosacées-Prunées-Amygdalées, un parfait et harmonieux tryptique de cette nombreuse et élégante famille.
Ni la composition du sol, ni la nature du climat ne lui sont indifférentes : bien au contraire. Aussi devonsnous en dire un mot ici.
SOL : les meilleurs terrains, pour la culture du Pécher, sont les sols limoneux, perméables et profonds ou
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les sols secs, légers, perméables et chauds, non dépourvus de sels calcaires.
Les terres froides, lourdes, argileuses, compactes, lui sont peu favorables, et sa croissance, en un tel milieu, s’en ressent fortement, comme production, sensibilité aux maladies et longévité. Il ne supporte point les terrains humides et imperméables.
En milieu sec et caillouteux : ce qui est le cas des : Sols pauvres, on constate que cet arbre, tout en demeurant assez peu développé, peut donner des pêches petites, mais excellentes de goût et d’arôme. Les sujets, en tels milieux, résistent assez bien aux diverses maladies. Par contre, en des terres profondes, humides, pauvres en calcaire, quoique riches en tous les autres éléments, l'arbre se développe normalement, mais demeure assez fragile et apte à contracter la plupart des maux qui le guettent. Il en est de même lorsque la croissance des rameaux est trop rapide : ce qui entrave la production normale de la « lignite », et le rend plus sensible aux rigueurs du froid et des maladies. On a constaté que cette lignite se forme plus lentement — mais normalement — sur les rameaux d'arbres plantés en sols secs (quoique pauvres) qui voient, ‘ainsi se développer et s’accélérer leur végétation et leur résistance aux maladies, surtout si des traces de fer, se trouvent dans le sol nourricier : les fruits, dans ee cas, acquièrent une qualité et une saveur supérieures.
Mais ce sont les terrains les plus perméables, les plus chauds et les plus riches, en calcaires qui donnent des arbres les plus beaux et les plus vigoureux, aptes à produire des fruits volumineux, abondants, colorés et savoureux, au cours de récoltes régulières abondantes et rémunératrices.
Les terres à vigne, qui sont calcaires et caillouteuses à souhait, lui conviennent à merveille, et l’on peut constater que la Vigne et le Pêcher font ensemble un mé-: -nage parfaitement harmonieux : les Pêches de Vignes
sont parmi les plus savoureuses et les plus agréablement parfumées. Elles sont, en général, de taille assez modeste et assez veloutées.
# LE
CLIMAT, EXPOSITION, ORIENTATION. — Pour croître, à l’état spontané, les Pêchers ont besoin d’un climat chaud et relativement sec, tel que cela se rencontre, en général, en Orient et dans les régions méridionales de l'Europe. Dans le Midi de la France et dans la vallée du Rhône, ces arbres fruitiers, peuvent être cultivés en plein air, pourvu que leur exposition soit judicieusement choisie. Jusqu’aux rives de la Loire on rencontre des plants de Pêchers en pleine terre, qui ont belle apparence et sont aptes à donner des récoltes normales.
Au-dessus de la Loire, dans la Région parisienne,
dans l’Est et le Nord de la France, il convient de plarter et de cultiver le Pêcher, en espalier, avec abris. Il. est reconnu que les quelques plants laissés en plein vent, sont de courte durée (surtout s'ils ont été greffés) et .qu’ils ne donnent que de fort maigres et irrégulières récoltes. Par contre les Pêches de Montreuil (et de sa région) qui sont soigneusement traitées en espalier, dans des « clos » spéciaux, sont connues et fort appréciées du Monde entier. Nous aurons l’occasion d’y revenir. È
Quelle que soit la latitude sous laquelle croissent ces arbres à la floraison précoce, et particulièrement délicats, ce sont les côteaux sains, bien abrités des vents du Nord et les terrains en pente (où la stagnation de l’eau n’est pas à craindre) qui sont préférables à tous autres. À défaut d’abris naturels ce sont les murailles à l’est et au Midi, qui sont recommandés, notamment dans les régions peu ensoleillées.
Il convient, en tous cas, de donner à ces sortes de cultures l'orientation la plus favorable : celle-ci sera, le
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plus souvent, l’orientation-est, contre les vents d’ouest, assez fréquents chez nous.
Les pentes orientées à l’est et à l’ouest, sont indiquées pour éviter aux arbres les excès de chaleur et de sécheresse. inopportunes.
Les variétés précoces devront, de préférence, être logées sur les pentes et côteaux orientés au sud, et les variétés tardives sur les côteaux ou pentes orientés au nord.
Les pentes orientées au Nord sont exposées, davantage au froid, et celles qui sont orientées au Midi, sont plus sujettes à la sécheresse et aux coups de soleil c’est pourquoi les premières ne conviennent qu'aux variétés tardives et les secondes qu'aux variétés précoces.
# sexe
CONDITIONS ATMOSPHÉRIQUES. — Les variations de température ; Froid, brume, humidité, chaleur, sécheresse, etc... influent fortement sur la vie des arbres en
général, et sur celle des Pêchers en particulier. On a remarqué que le Pêcher est doué de plus de
résistance au froid par temps sec et beau, que dans une
atmosphère humide et brumeuse.
L’humidité atmosphérique lui est aussi néfaste que celle du sol.
Ces arbres, à floraison précoce, ne supportent point une température inférieure à — 20°, durant quelques jours : les jeunes rameaux de l’année sont les premiers « grillés » par le froid, mais les autres organes de l’arbre succombent à leur-tour... Quant aux bourgeons et aux tendres rameaux annuels, ils ne peuvent résister à un froid de — 16° ou — 17°, si cette température est aggravée du souffle d’un vent du Nord.
Contre les vents d'Ouest et du Sud-Est (ou Siroco) contre le Mistral en Provence et contre la Tramontane, dans la Vallée du Rhône, il est nécessaire de protéger