LE FRUIT DU PECHER : LA PECHE
Le Pêcher, qui fleurit dès le mois de mars, est l’un des arbres fruitiers à floraison précoce, et il partage ce privilège, nous l’avons déjà noté, avec l’Amandier et
RE NRC
avec l’Abricotier. Sa fructification est également fort précoce, car il peut donner ses premières pêches dès sa deuxième année de plantation. Il en donne une quantité raisonnable à trois ans, et lors de sa quatrième année on peut compter sur une récolte normale, si l’arbre a été bien soigné. La période de plein rendement du Pêcher commence à partir de la cinquième année, et se prolonge jusque vers la quinzième année. Il convient de: noter que les formes palissées, en U et en palmette fructifient un peu moins longtemps, tandis que les sujets de plein vent, voient leur fructification prolongée de quelques années, sur la moyenne. Ce sont les pêchers de semis qui vivent le plus‘longtemps.
Malheureusement cet arbre, si précieux pour son rendement précoce et abondant, ne vient guère vieux : sa durée varie de vingt à trente et quarante ans, mais à partir de la vingt-cinquième année, nous l’avons dit, il ne produit plus guère de îleurs, ni de fruits.
C’est pourquoi il convient de choisir judicieusement les variétés de pêchers les plus intéressantes et les plus productives, selon les régions où ils doivent croître et prospérer…
Ces variétés sont extrêmement nombreuses et on peut estimer leur nombre à 2.000 environ (selon un pomologue américain) dont plus de 1.000 pour l’Europe seulement. On les classe selon les variétés de fruits.
Dans son « Traité des Arbres fruitiers », paru en : 1768, DUHAMEL avait classé les pêches en quatre catégories principales :
Les Pêches proprement dites, à peau duveteuse et à chair non adhérente au noyau.
Les Pavies ou Persèques, à peau duveteuse et à chair adhérente au noyau.
Les Pêches violettes, à peau lisse et à chair non adhérente au noyau.
Les Brugnons, à peau lisse et à noyau adhérent.
Planche II
LES PECHERS
RAMEAU de PECHER avec FRUITS
Fig. 2
Plus tard, vers 1824, dans les « Transactions de la Société d'Horticulture de Londres », G. LINDLEY, classe ces fruits selon les caractères morphologiques des feuilles, des fleurs et des fruits, c’est-à-dire : feuilles simplement dentées ou doublement crénelées, pourvues ou dépourvues de glandes pétiolaires, à forme variable; fleurs plus ou moins grandes; fruits, à peau duveteuse ou lisse et à noyau adhérent ou non à la chair.
Dans la « Pomone française », de POoITEAU (parue en 1817) l’auteur fait état d’une observation de DEs- PREZ, juge à Alencon en 1810-1811, qui classait fort judicieusement, les Pêchers selon les glandes de leurs ‘feuilles. Depuis tous les Pomologistes célèbres : CAR- RIÈRE, de MORTILLET, DECAISNE, ont admis la classification en deux groupes principaux : Pêches duveteuses et Pêches glabres.
PREMIER GROUPE : Pêches duveteuses, à épiderme recouvert d’un duvet plus ou moins apparent et abondant:
1) Pêches proprement dites, à noyau libre.
2) Pavies ou Persèques, à noyau adhérent.
Selon le cas la chair de ces pêches est blanche (allant du vert-blanchâtre au jaune-crème), jaune (allant du jaune-pâle à l'orange) ou rouge (allant du rose au rouge foncé ou rouge sang).
Les Pêches à chair jaune sont dénommées : Alberges, et on appelle : Sanguines, les Pêches à chair rouge.
DEUXIÈME GROUPE : Pêches glabres, à épiderme lisse comme celui des prunes :
1) Nectarines, à noyau libre.
2) Brugnon, à noyau adhérent.
Dans les deux cas la chair de ces pêches est jauneorange ou verdâtre.