‹ Contribution à l'étude des rosacées-prunées-amygdaléesChapitre 45 sur 149 · L'HUILE D'AMANDES DE NOYAUX OU HUILE PERSIQUE · texte numérisé non relu

L'HUILE D'AMANDES DE NOYAUX OU HUILE PERSIQUE

Depuis la nouvelle édition du Codex Français — Edition 1937 — il est parfaitement licite de dénommer : « Huile d’'Amandes », n'importe quelle huile provenant de l'expression de semences d’Amandiers (doux ou amers) d’Abricotiers et de Pêchers — nommément désignés au Codex — ou de tout autre noyau de Rosacéesprunées, telles que Pruniers et Cerisiers… par voie de . conséquence toute naturelle...

L'huile d’'Amandes se prépare donc avec n’importe quelle semence de Rosacées-Prunées-Amygdalées, sans distinction aucune entre les douces et les amères, toutes donnant, en définitive, une huile, sans odeur cyanhydrique, appréciable...

Voici le modus opérandi le plus courant : après avoir enlevé la poussière qui pourrait les souiller, en les secouant dans un sac à grosses mailles, on les monde et on le pile, dans un mortier de marbre ou dans un moulin spécial ou Meule Mannonnier (V. fig. 3). On distribue la pâte dans une série de scroutins ou escroutins, en toile de chanvre et on porte le tout à la presse hydraulique, pour obtenir un plus grand rendement. Après extraction de l'huile, il reste dans les scroutins un tourteau, encore chargé de matières grasses, et des éléments constitutifs de l’essence d’Amandes Amères.. On laisse le suc onctueux, ainsi extrait, au repos durant quelques jours, puis on décante et on filtre au papier Joseph.

Le rendement oscille de 32 à 45 %, selon le degré

de maturité des amandes, car c’est ici que la Zipogénèse joue un grand rôle : rôle des plus curieux et des plus intéressants.

Le Suc huileux, ainsi obtenu, est un liquide limpide, jaune clair, très fluide, d’odeur et de saveur douces, légèrement fruité. Il est soluble dans l’éther et le chloroforme, moins dans l’éther de pétrole, peu dans l’alcool et pas du tout dans l’eau. On y trouve les trois acides gras : oléine, stéarine et palmitine. Sa densité à + 15° est de : 0,918 à 0,2923, alors que celle de l’'Huile d’'Amandes d'Amandiers est de 0,913 à 0,920...

Huile d’'Amandes d’Amandier

PIC AIOR LENS MN Tran ee dre 98 à 108 Indice de saponification ...... 14 41:198%à 200 Indice de congélation ...... pas avant — 20° Indice de réfraction .. 1,54 (Raïe D du N Ba) Insaponifiable :........... 1/2 au maximum.

Acidité en acide oléique ............ 1à3 %

(Convention internationale : 3 à 8 C. I.)

Huile d'Amandes de Noyaux de Pêches

Indice Ioden AU. Eine 96 à 108

Indice de saponification .... — 20° à — 23° rhindiceide TéIrACtIONs 25 2 sou en 1,4646

HAS OMAADIe PR NEC LT. 172%

Industriellement, on doit chercher le moyen de séparer économiquement et rapidement les amandes des coques, puis à extraire l’huile sous une forte pression après mouture et dessication de la farine d’'Amandes.

Pour cela il faut disposer de divers appareils indispensables : 1 concasseur, 2 tonneaux percés de trous, 2 cuves à niveau différent, 1 étuve à vapeur, 1 moulin ou meule à UE 1 presse à huile, one de préférence.

; — 102 — Les opérations se divisent en huit phases principales :

1°) Concassage des noyaux; 2°) Trempage et égouttage des amandes et coques; 3°) Séparation des amandes; 4°) Séchage des amandes; 5°) Mouture au moulin; 6°) Séparation de la farine; - 7°) Première pressée; 8°) Seconde pressée à 400 kilos.

Fig. 3. — Meule Mannonier pour huileries

Fig. 4. — Presse à hüïile

CONCASSAGE DES NOYAUX : ceux-ci sont broyés entre les rouleaux d’un appareil concasseur, dont l’écartement des rouleaux varie avec la grosseur des noyaux à concasser. :

TREMPAGE ÊT ÉGOUTTAGE : on utilise deux tonneaux percés d’un trou, en bas et ouverts, en haut, dans les-

quels on place le mélange coques et amandes, durant 12 à 16 heures, dans l’eau; on fait écouler l'eau par la bonde et on laisse s’égoutter le mélange.

SÉPARATION : la séparation s'opère dans deux cuves à niveau différent. Celle du haut porte à la base, un robinet latéral, qui s'ouvre au-dessus de la cuve du bas, qui supporte un tamis. On prépare une solution saline contenant 4 kilos de chlorure de calcium pour 18 litres d’eau et on verse la solution saline dans la cuve H (celle du haut) on y ajoute le mélange coques et amandes et on brasse fortement : les amandes flottant à la surface de la cuve H sont recueillies et on ouvre le robinet, afin que la solution saline passe dans la cuve B (celle du bas). Quelques coques échappées de la cuve H, sont retenues sur le tamis qui surmonte la cuve B : elles sont recueillies avec la majeure partie des autres restées au fond de la cuve H. La solution saline est remontée de la cuve B, dans la cuve H, et on y ajoute une nouvelle quantité de coques et amandes, à séparer de la même façon.

SÉCHAGE : les Amandes sont, alors, séchées, d’abord à l’air libre, puis à l’étuve à vapeur, à 110°, durant

15 à 18 heures...

MOUTURE : on opère à l’aide d’un moulin à farine ou d’une meule (système Mannonier ou autre) afin de réduire les amandes en poudre grossière, dans des étendelles de crins et d’osier. Le taux d'humidité ne doit pas dépasser 6 à 8 %, sous peine de voir se former une émulsion semi-pâteuse diffusant fort mal et s’accumulant autour du piston.

DESSICATION DE LA FARINE : l’humidité de la masse pâteuse, au sortir du moulin, est d’environ 13 % convient de la dessécher, afin de la réduire à 8 ou 15 %. On y parvient en la plaçant entre les parois d’une cuve de fonte, suffisamment chauffées. Mais mieux vaut opé-

rer dans une cuve à vide, pour éviter tout jaunissement inopportun.

PRESSÉES : au sortir de la cuve ou étuve à vide, la farine, logée dans des étendelles de crin, par charges de 6 à 7 kilos est portée à la presse hydraulique sous une première pression de 0 à 50 kilos, en 20 minutes.

On peut récolter, de la sorte une trentaine de kilog. d'huile, soit environ 27 % de la farine mise en œuvre, dans cette première opération.

Le tourteau restant est, alors, concassé et reporté sous la meule ou moulin à farine, puis soumis, de la même façon, à la haute pression de 400 kilog. par centimèêtre cube. L'on obtient ainsi 5 à 6 nouveaux kilog. d'huile que l’on réunit aux 30 kilog. précédemment recueillis; ce qui fait un total de 33 à 35 % de la farine sèche utilisable.

C’est en notre Provence et en Italie que se fabrique, principalement « l’Huile persique », sans doute parce que les Noyaux de Pêches y abondent plus que partout ailleurs. IL semble qu’il y ait, aussi, un peu moins de déchet, par suite de la maturité plus parfaite des amandes en même temps que celle de la pulpe : il n'est pas rare, en effet, dans les variétés précoces, comme les pêches de Montreuil, de trouver des noyaux vides — ou presque — de leur amande, par suite de leur récolte forcée et prématurée. ce qui entraîne de nombreux déchets, au point de vue du rendement des lipides.

CONSTANTES PRINCIPALES de l’Huile persique :

Densité à + 15° : 0,9180/0,9230

Ind:°R. 20°/R: à -D/Na°: 1.4646 Point de solidification : — 20° à —23°

Indice de saponification : 189/192,5 Indice d’iode : huile : … 96/108 acides : ; 99/104

Acides gras : P.F. | 10/19 P. S. : $/15

Page 1