HUILE ESSENTIELLE D'AMANDES AMERES
On l'extrait, par distillation (après macération préalable) des tourteaux déshuilés d'Amandes amères : l’acide cyanhydrique passe d’abord, le premier, puis l’essence passe à son tour. Le distillat est d’abord clair et : limpide puis il devient laiteux, alors que la teneur, en essence diminue, par suite de la disparition de HCy. On recueille l’huïile essentielle dans un récipient florentin et on purifie avec SO*H? + lait de chaux, pour avoir le Benzaldéhyde privé de CAz. C’est un liquide, d’abord clair, mais jaunit rapidement à l’air, très réfrigérant et plus lourd .que l’eau. D — 1,045 à 1,060.
Cette essence est, à l’état frais, un mélange d’Aldéhyde benzoïque et d’Acide Cyanhydrique : C6H5.CHO + CyH combinés à l’état de Benzaldéhyde cyanhydrique : C6H5 -- CHOH -- CN. Mais CyH ne se trouvant combiné qu’en proportion infime disparaît, finalement, de la combinaison.
C’est un liquide d’odeur forte et caractéristique (S. G.) de saveur âcre et brûlante, de goût amer, soluble dans l'alcool et l’éther, insoluble à l’eau. Il faut le conserver en flacons soigneusement bouchés et bien pleins, car il s’oxyde à l’air en donnant de i’Ac. benzoique. L’Acide sulfuriqué donne une solution claire et limpide de ton brun-rougeâtre, que l’alcool décolore. En présence de l’Ammoniaque il donne de l’Hydrobenzamine.
On peut différencier l’essence d'Amandes Amères vraie des autres essences de noyaux (issues de tourteaux de noyaux de pêches ou d’abricots, par exemple) à l’aide de l’acide sulfurique : avec V. E. d'acide et
d’essence pure, on obtient une coloration rouge groseille, dans un mélange limpide, tandis que l’essence de noyaux donnera un liquide trouble et une coloration rouge, virant rapidement au brun.
Pour déceler l’addition de l’essence artificielle (Mirbane) à l'essence naturelle d'Amandes amères pure, il faudra rechercher les traces de chlore restant du chlorure de Beneyle, oxydé par AzOSH, au cours de la réaction.
L’'essai peut se faire avec : quelques gouttes de l’essence dans une petite capsule; on enflamme et recouvre d’un verre à paroi interne humectée d’un peu d’eau distillée : l’eau devient acide et avec AzO3Ag on constate la présence ou l’absence de toute trace de chlore.
| TITRAGE : Essai du Codex 1937 : p. 2900-91).
L’'Essence d'Amandes amères étant de composition très variable et particulièrement inconstante, il sera, parfois nécessaire de titrer ses éléments essentiels : Aldéhydre benzoïque et Acide cyanhydrique. puisque sa plus ou moins grande toxicité en dépend, étroitement. d
La dernière édition du CODEX, nous donne sur ce point, de précieuses indications à propos du Dosage de l’Eau distillée de Laurier-cerise :
Dosage de l’aldéhyde benzoïque : introduisez, dans une fiole conique, successivement : 2,5 cc. d’essence, 50 ce. d’eau et 25 cc. de phénylhydrazine acétique (R) ; laissez au B. M. bouillant 30 minutes. Après un contact de 24 heures à l'obscurité recueillez lès cristaux de phénylhydrazone formés sur un filtre taré; lavez-les avec 25 cc. d’eau et laissez sécher dans le vide jusqu’à poids constant : phénylhydrazone X 0,54 — aldéhyde benzoïque dans la prise d’essai. Calculez le pourcentage.
- Dosage de lAcide cyanhydrique libre : mesurez exactement 2,5 cc. d'essence, ajoutez X gouttes d’Ac. azotique off. et 20 cc. de solution décinormale de Nitrate d'Argent; agitez, filtrez en recueillant le filtrat; lavez le précipité jusqu’à ce que le filtrat ne donne plus les réactions de sels d’argent; titrez l'excès de AzO3Ag par solution décinormale de sulfocyanate d’ammonium.
Soit n, le volume de solution décinormale de sulfocyanate employé, on, aura : Hcy libre % — 4 X 0,002702 ».