CHAPITRE X
LA LIPOGÉNÈSE chez les végétaux supérieurs en général, & chez les Rosacées à amandes, en particulier
Les Oxydases, ces diastases hydrolysantes des végétaux supérieurs sont, comme on sait, fort capables de séparer les molécules du glucose 8 des divers holosides et hétérosides, tout en englobant ce sucre das leur édifice moléculaire. L’Emulsine, qui est la diastase des Amandes peut donc attaquer les osides, en recombinant des molécules du Glucose B et cela par suite de sa co1tenance en glucosidase B.
Mais ici, cette fermentation diastasique peut s’effectuer en milieu aicoolique et l’émulsine être précipitée, sans altération, tout en restant active, même à l’état solide : ce qui est assez rare !
Ces phénomènes de migration et de processus de mise en réserve de certains matériaux à la suite et comme conséquence de la division du travail physiolo-
gique dans les tissus des végétaux supérieurs ne manquent point d'intérêt et semblent indiquer l’existence de tissus spécialement organisés en vue de l'assimilation chlorophyllienne de l’acide carbonique de l'air. C’est sans doute le cas du parenchyme chlorophyllien et de certains éléments de cellules, en voie de prolifération et : où il apparaît que les divers matériaux organiques doivent être l’objet de transformations utiles et nécessaires, voire indispensables.
Il est vraisemblable qu'entre les tissus méristémiques jeunes, viennent s’inclure de nombreux organes de réserve, lesquels serviront de liaison entre les points de consommation et d’assimilation. D'où, il est permis d’entrevoir des migrations opportunes et inévitables du côté des organes de réserves et les méristèmes des organes nourriciers en voie d'élaboration et d’assimilation.…. La sève qui en résulte doit être chargée de lipides, de protides et autres matières organiques. C’est ainsi que les plantes élaboreront, grâce à leurs feuilles, certaines matières amylacées que d’autres cellules transformeront soit en glucose, fructose ou saccharose, comme dans les plantes à sucres ou en amidon et fécules comme dans les plantes riches en matières amylacées. Selon les différentes espèces la migration se fera par le pétiole des feuilles et la tige vers les régions souterraines de la plante, où s’accumulent, d’ordinaire les réserves amylacées (pommes de terre, etc...) ou sucrées (betteraves, etc….).
Les substances glucidiques sont de celles qui entraînent les migrations les plus courantes et il est fort admissible que tous les lipides et les protides contenus dans les semence oléagineuses des diverses Rosacées à amandes, soient élaborés sur place, en partant des substances amylacées ou sucrées provenant des feuilles et emmagasinés dans d’autres organes en passant par les rameaux et la tige intermédiaires.
Lors de la germination des semences oléagineuses,
en terre, il se fait, vraisemblablement, l'opération inverse et ces mêmes lipides doivent tout naturellement se retransformer en glucides...
On a donné le nom d’Eléogénèse ou de Lipogénèse à ces phénomènes curieux de migration de glycérides d’acides gras et d'acides gras libres, en l'état d’inclusions huileuses, qui abondent dans les Amandes de Rosacées-Prunées, comme dans tant d'autre semences de végétaux supérieurs.
Mais un fait digne de remarque, et qui n’a pu échapper aux observations des techniciens, c’est que les amandes, tout comme les noix, au moment de la récolte, ne sont pas encore en état de donner de l’huile : elles n’ont pas encore eu le temps d’achever leur migration opportune entre les glucides dont elles sont chargées et les lipides qu’elles doivent, finalement, contenir...
Les Amandes mûres, qu’elles proviennent des Amandiers, des Pêchers ou des Abricotiers, renferment toutes du saccharose et des sucres réducteurs, d’une facon constante. Si l’on tente d’exprimer le suc de ces Amandes, dès que la coque est pleine, entre les mois de mars et de juin l’on constatera qu’elles ne renferment encore qu'un très maigre suc laiteux, difficile à exprimer à l’aide d’une presse quelconque. Vers le milieu de juin on trouve, enfin traces de matières grasses ou huileuses, mais ce n’est que de juillet à octobre que l’on peut songer à porter au pressoir, avec quelque: chance d'obtenir une plus ou moins grande quantité de suc huileux, les Amandes récoltées quelques mois auparavant. En ce qui concerne les Amandes d’Amandiers il est démontré qu’elles sont récoltées uniquement pour elles-mêmes, puisque leur enveloppe ou brou n’est point comestible... Mais pour les Abricots ou les Pêches le cas est bien différent, la cueillette se fait à la maturité du fruit, c’est-à-dire quand la pulpe est bonne à man-
ger, sans nul souci du degré de maturité de l’Amande du noyau qui est à l’intérieur. qu’il soit doux ou amer ! Le noyau et son amande sont, ici, détails secondaires. Les amateurs de Pêches les jettent à la poubelle ou au ruisseau et Messieurs les Confituriers, qui, en ces temps de disettes, raflent pour des fins et destinations inconnues — ou trop faciles à discerner — tous les fruits à confitures avant même leur apparition sur les marchées normaux, se soucient fort peu des noyaux !
Ceux qui auront pu en recueillir devront, d’abord les débarrasser des débris de pulpe qui les souillent, puis les laisse sécher en vue de l’extraction de l’huile, en temps opportun.
Nos connaissances actuelles sur la Lipogénèse des Végétaux sont encore du domaine des hypothèses. Comme l’a déclaré un Professeur de l’Institut National Agronomique : M. J. LEFÈVRE, en février 1942, au cours d’une Conférence à la Maison de la Chimie, nos connaissances (sur ce point), sont encore extrêmement courtes ». ga
La plupart des lipides que l’on rencontre dans les fruits (ou graines) des Végétaux phanérogames, sont, d’une facon générale, un complexe de GLYCÉRIDES natu- . rels des acides gras (saturés et non saturés) et d’acidesalcools.
Ils contiennent, aussi, d’autres formes de lipides simples ou complexes :
Ce sont, pour les premiers, des Cérides, des Etholides et des Stérides.
Pour les seconds, des Phospholipides et des Phospho-amino-lipides. Les Glycérides dans les graines, semblent jouer, essentiellement, un rôle de réserve.
Dans certaines graines, contrairement à ce qui se passe dans les cellules animales, aucune granulation li-