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CHAPITRE XI

THERAPEUTIQUE & PHARMACOLOGIE

Le Pêcher offre, aux Thérapeutes et aux Pharmacologues, ses feuilles läncéolées, ses fleurs rosées et ses fruits savoureux.

Seules les Hours de Pêcher ont figuré à certaines éditions du Codex français.

Ces fleurs et ces feuilles sont douées de oUHlEteS légèrement laxatives et le formulaire DORVAULT nous révèle que la décoction de feuilles du Pêcher était, jadis, utilisée par les femmes mauresques pour provoquer la stérilité.

Les Feuilles :

Selon COSTE et WILLEMET, l’infusion de feuilles de Pêcher, à 3 et 6 %, aurait une action laxative et même purgative, égale à celle des feuilles et des foliicules de Séné. Ces effets eccoprotiques ont été, depuis, confirmés par BRISSEMORET, dans une communication faite à la Société de Biologie, en l’an 1906.

Les Fleurs :

On peut rapprocher les charmantes fleurs roses et rouges du Pêcher de celles de la Rose des quatre saisons ou Rose pâle de Damas (Rosa damascena MILL). Toutes deux sont douées de vertus laxatives incontestables et sanctionnées par leur inscription à la Pharmacopée Française.

Ce sont les fleurs du Pêcher-Amandier (Amygdalus persica) qui sont les plus couramment rencontrées dans les officines et dans les drogueries : elles proviennent, pour la plupart, d’une espèce hybride, qui pousse dans le sud de la France, et en particulier dans les garrigues et mazets Nimois, un peu à l’abandon, parmi les Oliviers et les Micocouliers.. Cet arbre, de grandes dimensions, qui tient du Pêcher et de l’Amandier par ses rameaux pendants, rappelle le port d’un Saule pleureur.

Ses fleurs roses, apparaissent plusieurs semaines avant les feuilles.

. Le fruit est une amande mince et coriece, que l’on ne saurait confondre avec le fruit charnu d’un pêcher normal.

L'action de ces fleurs dépend, naturellement, de la concentration de leurs infusions : laxatives à la dose de 10 à 20 pour 1.000, elles deviennent nettement purgatives à la dose de 30 à 60 pour 1.000.

« Leur infusion, dit le D' H. LECLERC, dans son. « Précis de Phytothérapie » (à la dose de 30 gr. pour 1/2 litre d’eau ou de lait), leur sirop (même formule et même posologie que celui de roses pâles, à 6 % d’extrait fluide), exercent une action laxative, doublée d'’effets sédatifs dûs à la présence, dans ces fleurs, d'Amygdaline, dont les expériences de A. BRISSEMORET, sur les chiens et sur les chats, ont mis en évidence les effets eccoprotiques. Aussi est-ce un remède à conseiller aux

‘enfants chez lesquels une constipation habituelle retentit sur le système nerveux. ,

D’après J. LuIS VAGUE Y ESPINOSA, ce médicament offre l’avantage d'augmenter le péristaltisme intestinal, de provoquer des selles normales, sans mucus, ni traces de réactions coliques. (In : Farmacia moderna, Janv. 1933).

Le D' H. LECLERC recommande, le sirop d'extrait fluide de fleurs de pêchers (à 6 %) aux jeunes coquelucheux, spécialement, comme capable de répondre à cette triple indication : calmer l’élément spasmodique, assurer la liberté des entrailles et soustraire les petits malades aux débauches polypharmaceutiques dont ne le rend que trop souvent victimes la sollicitude de leur entourage ».

Le sirop de fleurs de pêchers est conseillé, à la fois, pour les enfants et pour les adultes : les doses varient naturellement pour les uns et pour les autres : pour les enfants on prescrira, 1 à 4 cuillerées à café et pour les adultes, 1 et 5 cuillerées à soupe, pro die, dans les deux cas. |

Selon BRISSEMORET, les vertus laxatives des fleurs de pêchers seraient dues au glucoside cyanhydrique qu’elles renferment : le Cyanal.:

Le Fruit :

Longtemps les fruits du Pêcher furent considérés, par les Anciens Auteurs latins, comme « un poison douloureux » : venena cum cruciatu, et COLUMELLE prétendait que les rois de Perse avaient fait don de cet arbre (aux fruits pernicieux) aux Egyptiens, par esprit de vengeance, et pour en débarrasser leur propre pays. Ce fut, au contraire le sol merveilleux de l'Egypte qui débarrassa, les fruits du pêcher de leur essence vénéneuse, si l’on s’en réfère aux vers ci-dessous :

Stipantur calathi et pomis quæœ barbaro Persis Miserat, ut fama est, patriis armata venenis

Ac nunc expositi parvo discrimine læti Ambrosios prœbent succos oblita nocendi.

(In : De re rustica, Lib. X).

Défendue par PLINE, qui lui reprochait, cependant, son prix de vente excessif, bien longtemps avant l’apparition du marché noir, car de son temps, ce fruit (recherché par certains praticiens et leurs malades), se

vendait couramment, depuis 1 denier (soit 85 centi-

mes), pièce, jusqu’à 30 sesterces (soit 1 fr. 20 environ), et son peu d'aptitude à la conservation, (après la cueillette), la pêche était fort peu appréciée de GALIEN et des Médecins arabes, qui regardaient ce fruit, comme une nourriture délectable, nuisible à l’estomac, par suite de ses facilités de corruption.

Tous, à qui mieux mieux, lancèrent l’anathème et l’excommunication majeure, contre ce fruit délicieux et si apprécié, aujourd’hui du Corps médical... IBN MAs- SOUIH, lui reprochait, entre autres travers, d’être très aisément altérable, et d’engendrer la pituite et des putridités gastriques... RAZES lui imputait l’origine de nombreuses fièvres rebelles. pouvant se déclarer plus de deux mois après son ingestion. Et les Médecins du Moyen-Age semblent avoir renchéri encore, dans la série des méfaits attribués à la Pêche...

SAINTE HILDEGARDE, vers 1150, tenait en grande es-

time les feuilles de Pêchers « qui tuent les vers de

l’intestin », Son écorce intérieure « qui guérit les dermatoses » (MALAS MACULAS) et sa gomme « qui guérit les maux de la gorge et des yeux », mais elle déclarait que « le fruit du pêcher ne vaut rien aux malades, ni aux bien portants, car elle est surtout « capable d’engendrer des humeurs mauvaises » : « on ne doit la consommer, dit-elle qu'après l’avoir soigneusement épluchée, débarrassée de son noyau et enfin assaisonnée de vin, de poivre et de sel ». Seul son suc, trou-

vait quelque vertu aux yeux de la Sainte Abesse, car « recueilli, avant maturité complète du fruit, et cuit dans du vin, avec miel et réglisse, ce suc combat la fétidité de l’haleine des malades et des bien portants ».

Les érudits Docteurs de l’Ecole de Salerne, et après eux de nombreux commentateurs, cherchèrent à lever l’hypothèque et l’injuste ostracisme qui planait encore sur la pêche, en général, et même, sur la délicieuse et exquise « pêche au vin ».

Persica cum musto vobis datur ordine gusto...

BRUYERINUS CAMPEGIUS, à son tour, déclare que le suc de la pêche, est « le plus nocif de tous les aliments, . par suite de son abondance, et de la vertu qu’il possède de corrompre la chair ». « Certains pensent, dit-il, qu’on peut conjurer ses méfaits en l’arrosant de vin; il n’est rien de plus malsain que cette pratique, car ses principes vénéneux pénètrent, alors, plus rapidement dans les veines ».

Cependant quelques auteurs connus élèvent, enfin, la voix — et leur plume — en faveur du fruit du pécher. un nom bien fâcheux, on l’avouera, pour faire convenablement son chemin dans le monde des pêcheurs convertis !

De.ce nombre sont : ALESSANDRINI, qui rapporte que ce fruit est merveilleux, en cas de vomissements incoercibles et qu’il a vu le suc de pêches « arrêter des vomissements rebelles à toute médication ».

AMATUS LUSITANUS, à son tour, estime que la Pêche est un fruit fort agréable, qui constitue une nourriture très délicate et utile aux malades. comme aux gens bien portants...

J. BAUHIN, de son côté, déclare que ce fruit, cuit en compote, est, à la fois, fortifiant, et rafraïîchissant, et qu’il n’a pas son pareil pour étancher la soif des malades.

GEOFFROY, enfin, disait que malgré tout « il n’est

pas vraisemblable, qu’un fruit si savoureux et aussi délicat que la pêche, dont le goût nous plaît plus que celui de tout autre fruit, passe si vite, de telle sorte qu’il semble que la Nature, elle-même, nous recommande d'en manger, soit nuisible et dangereux ! »

Sous le règne de LouIs xiv, les vergers de Pêchers et leurs fruits étaient fort appréciés et LA QUINTINIE pouvait donner la liste de trente-cinq variétés de ces fruits et écrire à leur propos : « La première de leur qualité est d’avoir la chair si peu que rien ferme, mais fine, cependant, ce qui doit paraître quand on leur ôte la peau, laquelle doit être fine, luisante et jaunâtre, sans aucun endroit de vert et doit se dépendre fort aisément, sans quoi la pêche n’est pas mûre; ce mérite paraît encore quand on coupe la pêche avec un couteau, qui est, ce me semble, la première chose à faire à qui la veut, agréablement, manger quand on est à table, et, pour lors, on voit tout le long de la taille du couteau, comme une infinité de petites sources qui sont, ce me semble, les plus agréables du monde à voir. Ceux qui ouvrent autrement les Pêches perdent, souvent, la moitié de ce jus qui les fait estimer par tout le monde. La seconde qualité de la pêche est que cette chair fonde, dès qu’elle est dans la bouche et, en effet, la chair des pêches n’est proprement qu’une eau congelée qui se réduit en eau liquide pour peu qu’elle soit pressée de la dent ». (In : Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, par M. de LA QUINTINIE, 1756).

Trop longtemps les fruits et leurs sucs ont été considérés comme des simples « accessoires de gueule » et surtout de la gourmandise, parfois plus nuisibles qu’utiles à la santé des consommateurs... Les Hygiénistes et les diététiciens, s’accordaient, portant, à considérer le fruit du pêcher comme une heureuse exception, et la plupart d’entre eux en recommandaient la consommation aux malades atteints du diabète, à cause de la composition de son suc.

« C’est, en effet, en raison de sa faible acidité, de

ne

sa teneur en sucres et en hydrates de carbone, l’un des fruits les mieux tolérés par l'estomac, écrit l’un de nos plus grands diététiciens contemporains : le D' Henri LECLERC, qui ajoute : loin d’entraver la digestion, comme le croyaient les Anciens, elle facilite, en stimulant légèrement les sécrétions des glandes et en réduisant au minimum, le travail des parois musculaires. A ceux qui la consomment crue, après l'avoir débarrassée de sa peau elle fournit un aliment dont la Nature a assuré la coction avec la minutie du maître queux le plus habile. Il faut être arrivé à l’issue d’un repas plantureux où les ragoûts incendiaires ont alterné avec les venaisons perfides, à l’heure où le convive, gorgé de vins et de graisses, comme les Héros d'HOMÈRE, sent la pléthore étreindre ses tempes et l’orage gronder en ses viscères, pour apprécier, à sa juste valeur, une belle pêche de Montreuil ou d’ailleurs, pour goûter le charme pacifiant de son suc frais et parfumé : dulce regriferium, in œstu temperies. »

Et le D' Henri LECLERC, ajoute, relatant une visite, à un de ses Confrères : « La pêche, me.disait le D’ BONNEJOY, l’apôtre du végétarisme, un jour qu’il me faisait visiter son jardin de Chars-en-Vexin, la Pêche... mais c’est le plus sûr exorcisme qu’on puisse opposer aux maléfices du démon de la nécrophagie et le pêcher porte en lui l’antidote du péché de gourmandise ! ».…. Et l’on peut dire que si les manipulations de l’art culinaire n’ajoutent rien aux qualités organoleptiques de la pêche, du moins l’amènent-elles à un degré de digestibilité qui en fait l’aliment de choix des tempéraments les plus délicats, des estomacs les plus susceptibles.

A la suite de GRIMAUD DE LA RIVIÈRE, les Médecins professent pour la pêche, qu’on fait bouillir dans l’eau sans l’éplucher, tout comme un œuf à la coque, et qu’on mange, après l'avoir pelée, saupoudrée de sucre, urie estime particulière. Non moins digne d’éloges sont les compotes et les confitures, qu’on peut lorsque l’hiver est venu, préparer avec le fruit desséché ».

En médecine hépato-biliaire, trois fruits crus, seulement sont autorisés, aux malades hépatiques, par les médecins. Ce sont : la Péche, le Raisin et l’Orangé : « La Pêche, peut-on lire dans le « Précis de Phytothérapie hépatobiliaire des Docteurs G. PARTURIER et G. BLAQUE, la Pêche, mangée crue, avec sa minime quantité d’acide, sa teneur relativement élevée en hydrates de carbone, sa chair fondante, semble l’aliment idéalement parfait du dyspeptique gastrique et hépatique. C’est, sans doute, en partie à cause de sa cellulose, relativement abondante, qu’elle jouit de très nettes propriétés laxatives… On la prépare cuite ou pochée. Il s’agit là de simples nuances culinaires, qui ne paraissent point influencer les vertus thérapeutiques, sauf, peut-être, qu’elles diminuent la valeur laxative du fruit, abaissent l’activité de ses vitamines, si même elles ne les détruisent ».

Ainsi donc toutes les parties du Pêcher, feuilles, fleurs, écorces et fruits, sont doués de vertus laxatives et eccoprotiques. Il semble bien que ce soient les fruits qui sont à maturité complète, les moins doués de vertus thérapeutiques et laxatives. Pourtant si les anciens thérapeutes se méfiaient de ces fruits, ils faisaient, nous l’avons vu le plus grand cas des feuilles et des fleurs du Pêcher, du Pêcher sauvage, en particulier.

Vers l’an 1650 « le plus gaillard des médecins » d'alors : Guy PATIN, dont on sait que tout l'arsenal thérapeutique se limitait, d'ordinaire, aux trois S : Saignée, Séné et Son, ne dédaignait point de prescrire le Sirop de fleurs de Pêcher.. sans doute à cause de la première lettre : S du Sirop. Et l’on se souvient ‘encore, du fameaux pamphlet de THEOPHRASTE RENAU- DOT, Confrère et contemporain de GUY-PATIN, accusant le Doyen de Faculté d’expédier, avec ses trois S, ses clients dans un monde meilleur.

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Nos Docteurs de la Faculté, Aux malades, parfois, s'ils rendent. la santé, | Ont besoin de l’Apoticaire, Mais PATIN, plus adroit, de par la Charité, Avec trois S, les enterre.….

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On utilisait, aussi, les fleurs du Pêcher contre l’hydropisie (ETTMULLER) et contre les calculs du rein et de la vessie (DOWER).

Ces fleurs, dans le Midi, sont cueillies, avant leur épanouissement : celui-ci se poursuit pendant la dessication. Les boutons, non épanouis, sont étalés sur des toiles propres en couches minces, en vue du séchage. On doit éviter de trop tasser les fleurs lors de la mise en sac, ou en boîtes. |

‘ Les feuilles, les fleurs et les semences de Prunus ou Amygdalus persica contenant de l’acide prussique, sont susceptibles d'’irritation sur les organes de la digestion, au même titre que ce toxique quand elles sont absorbées à haute dose. Comme HCy elles occasionnent des intoxications involontaires dont on peut citer de nombreux exemples : BERTRAND cite le cas d’un bébé de dix-huit mois, mort dans des convulsions, accompagnées de vomissements, à la suite d’ingestion de fleurs de pêcher en décoction et à haute dose, en guise de vermifuge.

ROQUES, conte, dans un numéro de la « Phytologie médicale-» (T. II, p. 250), ce qui lui advint, à la suite d’une expérience tentée sur lui-même : ayant absorbé une décoction de 30 gr. de fleurs de pêcher, avant de se coucher, fut réveillé à minuit, par des douleurs de ventre, des éructations et des vents continuels. suivis, peu après, d’une diarrhée intense et de sueurs froides généralisées. re

Malgré quelques tasses de thé léger, cet état persista jusqu’à trois heures du matin, au moment où il se sen-

tit, dit-il, défaillir. Ces accidents se dissipèrent à la suite, d’une médication à base d’éther et de laudanum de Sydenham.

Dans le « Journal de la Section de Médecine de Nantes » on a pu lire; en l’an 1836, ce qui suit : « Un homme de 30 ans, atteint d’une fièvre intermittente, prit une poignée de feuilles de pêcher, en décoction dans l’eau. Bientôt il se manifesta des accidents : les yeux étaient injectés, la face rouge et animée, la respiration extrêmement gênée, le pouls dur et petit, l’épigastre douloureux, le ventre contracté, avec colique et envie de vomir. Le D' LORET, fit administrer une infusion de tilleul et de fleurs d'oranger, avec quelques gouttes de Laudanum, suivis de lavements aux décoctions de pavot et graines de lin. Des fomentations huileuses et émollientes furent pratiquées toute la nuit et le patient but plusieurs pintes de lait. Les douleurs se calmèrent peu à peu et tout rentra dans l’ordre ».

On sait que les jeunes feuilles, les bourgeons et les fleurs de pêcher sont doués de vertus anthelmintiques, diurétiques et purgatives. Le principe actif paraît résider, surtout, dans le calice de la fleur, avant leur plein épanouissement. Les bourgeons et les jeunes feuilles doivent être récoltés au printemps.

Une recette due à COSTE et WILLEMET, consistait à faire une infusion de 15 à 45 gr. de bourgeons ou de jeunes feuilles de pêcher dans 300 cc. d’eau, (suivie d’une macération suffisante dans l’infusé) qu’on édulcorait ensuite avec quantité suffisante de miel ou avec 30 gr. de Sirop de fleurs de pêcher, après filtration ou décantation. La veille on donnait au patient, 1 gr. 20 à 2 gr. 40 d'extrait aqueux de bourgeons de pêcher, saturé ou non de poudre de fleurs de pêcher.

Les auteurs de ce remède... assez original, déclarent avoir vu, de leurs yeux, un garconnet de 15 ans, rendre plus de 60 vers, peu de temps après l'ebsorpion du premier bol de ce vermifuge.

En 12 jours de cette médication, portée à 30 gr. d'extrait en 24 doses et 3 potions à 30 gr. de feuilles de pêcher, le patient fut entièrement libéré de ses parasites.

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Les feuilles fraîches du pêcher étaient preconisées par BODART comme succédané des feuilles de séné à la dose de 30 gr. comme purgatives et les fleurs à la dose de 15 gr.

Aux enfants et aux femmes difficiles, BODARD prescrivait le Sirop de fleurs de pêcher, à la dose d’une cuillerée à potage, de demi-heure en demi-heure, juscu’à effet suffisant.

Ces feuilles de pêcher, en décoction ou infusion. étaient préconisées par divers auteurs, contre les néphrites et autres maux des voies urinaires. Certains, comme DOWER, en faisaient un spécifique des calculs urinaires, d’autres, comme ETTMULLER, étendaient ces effets bienfaisants à l’infusion d'amandes des noyaux de pêche.

En Angleterre, contre les douleurs néphrétiques et vésicales, autant que comme diurétique, on a coutume d’additionner l’infusion de ces feuilles de quantité suffisante d’eau distillée d'amandes amères de pêcher ou d’autres noyaux de Rosacées-Prunées. Et le D' CAzIN, qui nous donne ces détails, ajoute : « Ce moyen que j'ai mis en usage plusieurs fois, calme promptement les souffrances des malades atteints de spasme, ou irritation à la vessie, favorise l'émission des urines dans le catarrhe vésical chronique et soulage les calculeux ». :

Dans un mémoire, couronné par l’Académie de Bruxelles, en l’an 1783; BURTIN, prescrivait aux fiévreux des infusions de feuilles de pêchers dans de la bière bouillante (à la dose d’une poignée de feuilles par litre de bière). Il obtenait les mêmes résultats contre l’apyrexie avec la poudre d’écorce ou de feuilles de pêcher,

à la dose de 30 gr. pro die. Sait-on que les Matrones mauresques utilisent ces feuilles, en décoction pour provoquer la stérilité ?

Il convient de noter que la dessication fait perdre aux feuilles de pêcher une partie de leurs vertus laxatives, diurétiques et anthelmintiques. Selon CoSTE et WILLEMET, on peut obvier à ces effets fâcheux, en récoltant, au début du printemps, ces feuilles à peine développées, puis en les séchant avec grand soin, à l’ombre et sous un courant d’air, et en les enfermant, tout aussitôt, dans des boîtes bien closes.

CAZIN dit avoir employé des feuilles de pêchers, ainsi desséchées conservées, sous la forme de cataplasmes, sur l’abdomen de bébés de un à deux ans, et en avoir obtenu un effet anthelmintique certain.

Ce topique lui a paru calmer, aussi, les coliques, et on peut s’en servir, avantageusement contre bien des maux tels que : inflammations externes, dartres enflammées, ulcères cancéreux, douleurs locales.

Et il conclut ainsi : « La pêche est, quoiqu’en disent GALIEN et l'Ecole de Salerne, un fruit très agréable, nourrissant, rafraîchissant et adoucissant; elle convient parfaitement aux tempéraments sanguins et bilieux, soit dans l’état de santé, soit dans les maladies accompagnées de chaleur et d’irritation.

Toutefois les personnes faibles ou sédentaires peuvent, par l’usage trop abondant ou trop prolongé des pêches, éprouver de la débilité d'estomac, des fiatuosités et même de la diarrhée.

__ On évite ces inconvénients en leur associant du sucre ou du vin généreux ».

GR ee CHAPITRE XII

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