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CHAPITRE XIII

LES HUILES D'AMANDES (Selon le Codex)

Ce pluriel n'a rien de singulier, tant les Huiles d’Amandes abondent : on sait qu’indépendamment des Amandes douces et des Amandes amères, toutes les Amandes de Rosacées à fruit oléagineux sont aptes à donner des huiles de Noyaux, assez mal aisées à discerner des huiles d'Amandes des Amandiers les plus authentiques.

C’est, sans doute la raison pour laquelle la dernière édition du CoDEx Français (celle de 1937) en sa page 466, emploie le singulier pour désigner l’HUILE D'AMANDE : « Oleum Amygdalæ ».…. à

On s'accorde, cependant pour réserver le qualificatif d'Huile d'Amandes et même d’Huile d’Amandes douces, aux sucs huileux, exprimés à sec, des deux variétés d’'Amandes : var. amara ou var. dulcis.

Les sucs huileux des autres amandes amères provenant de noyaux de Pêchers, Abricotiers, Pruniers, Cerisiers, etc…., étant dénommées communément et commercialement : « Huiles de Noyaux ».

Le Copex 1937, précise cependant — et cette préci- ‘ sion à bien son importance en matière de fraudes — que « l’Huile d’'Amande » (au singulier) est « l'huile fournie par les semences de diverses Amygdalées : Amandier, Abricotier, Pêcher ». Il ajoute, aussitôt, que « l'Huile d'Amande Officinale est l’huile de première pression, obtenue à froid et soigneusement clarifiée ».

Nous voilà donc officiellement renseignés et fixés sur ce qu’il faut entendre par « HUILE D’AMANDE », selon la définition officielle et légale du Codex français, de la date la plus récente : 1937.

HÉIaCES

Préparation et caractéristiques de l’'Huile d’Amande (dite Huile d'Amandes douces, dans les principaux formulaires et ouvrages classiques. \

Cette Huile devait jusqu'ici, S’extraire uniquement, soit des Amandes douces (mondées), soit des Amandes amères (non mondées) : fruits de l’'Amygdalus communis, var dulcis ou amara. Il était tout indiqué d’employer, à cet effet une des nombreuses presses ou moulins à huile qui existent, un peu partout, à la campagne, dans les principaux centres d'exploitation des Oliviers, Amandiers, Noyers, etc.

Plus qu’en toute autre circonstance, il était recommandé dans le cas d'expression des Amandes de la variété « amara », d'effectuer toutes les opérations à sec, pour éviter la réaction de la cyanogénèse que les divers principes latents, dans ces fruits pouvaient exercer l’un sur l’autre, avec production d’essences toxiques, en présence de l’eau.

L'huile obtenue doit être de consistance fluide, inodore, de ton jaune-pâle, de saveur douce et agréable. Elle doit être soluble dans l’éther tandis que l’alcool!l doit en dissoudre 1/24° de son poids.

Voici d’ailleurs les principales caractéristiques portées au Copex de 1937, concernant l’HUILE D'AMANDE :

« CARACTÈRES : à la température ordinaire de 15°, elle constitue un liquide jaune-pâle, absolument limpide, ne déposant pas, même par un repos prolongé, présentant une saveur spéciale et une odeur très faibles. L’Huile d'Amande est complètement soluble, en donnant des solutions limpides dans l’éther éthylique, - l’éther de pétrole, le chloroforme, le sulfure de carbone, le benzène.

Elle est principalement constituée par des glycérides oléiques; l’insaponifiable contient un phytostérol.

Densité à 20° (Huile d’'Am. douces) : 0,913 à 0,920.

- Densité à 20° (Huile d’Amandes de te de Péches). : 0,918-0,923.

Fabrication industrielle de l'Huile d’Amandes

Cette huile peut se préparer de diverses manières, selon la quantité et la qualité des fruits qu'il s’agit d’exprmer. Dans tous les cas une opération préalable s'impose : il s’agit de libérer l’amande de sa coque, et il faut la mettre à nu, avant de la réduire en pâte, en vue de l'extraction de l’huile douce qu’elle renferme dans ses flancs.

Après avoir mondé les amandes de tous les débris de coque et des corps étrangers qui peuvent les souiller, on les enferme dans un sac de toile dure, et on les bat pour en détacher. toutes les poussières. On les vanne, ensuite, puis on les réduit en poudre grossière à l’aide d’une meule ou d’un moulin à bras. On enserre la poudre, ainsi concassée, dans des scroutins de toile et on les soumet à une pression ménagée à la souspresse à huile, dont il existe divers modèles (V. fig. 4, p. 102).

On exprime les sacs CS enant les amandes jusqu’à ce que le suc hileux cesse de couler. On filtre au papier chardin et l’on conserve, en lieux frais, l'huile ainsi obtenue et mise en flacons pleins et soigneusement bou- chés. On obtient ainsi l’'Huile d’Amandes vierge, dite de « premier jet », par expression à froid et on à sec.

On peut obtenir une huile seconde (ou de deuxième jet) en chauffant légèrement le tourteau d'amandes, sur des plaques de tôle, dans un four ou dans un chauffoir particulier, en l’absence de toute humidité qui au- . rait pour effet, si l’on avait à faire à des amandes amères, provenant (accidentellement ou non)*de noyaux amers des diverses amygdalées, (var. amaræ, persica,

ou autre) de donner des essences cyanhydriques toxiques, par cyanogénèse.….. ;

On porte, de nouveau, la pâte ainsi amollie à l’un des pressoirs à huiles qui existent dans la-pratique industrielle, avec les mêmes précautions que ci-dessus, pour éviter toute production d’essences.

Les sacs de toile, dénommés « morfils », peuvent être remplacés par des sacs de laine qu’on enveloppe dans des « étendelles » de crins, avant de les porter aux pressoirs; les diverses qualités d'huiles qui en résultent sont en fonction de la qualité des amandes exprimées et du matériel d'expression employé.

Il existe éparpillés dans le pays, à côté de vieux moulins à huile inutilisés, de nombreux éléments oléagineux qu’une administration tutélaire — ou simplement prévoyante — devrait bien songer à récupérer.

Puisque le Codex lui-même ne fait plus la moindre différence entre les diverses huiles de Noyaux Oléagineux et qu’il groupe sous le même vocable : « HUILE d’AMANDE » (au singulier) toutes les semences d'Amygdalées diverses : Amandiers (var. amara et dulcis), Abricotiers, Pêchers, etc, etc. pourquoi ne pas faire collecter (officiellement ou non) tous les innombrables noyaux d’abricots, de pêches, de prunes, de cerises que chacun s’empresse de jeter à la rue ou à la poubelle ?

Il y a là — nul ne le peut contester — une source précieuse de matière grasse de première qualité, qu’il suffirait de recueillir au lieu de la gaspiller. comme tant d’autres matières premières de qualité.

Et l’on sait, puisque le Codex, lui-même le déclare, qu'il n’y à aucune différence de qualité et de valeur médicamenteuse entre les différentes huiles de Noyaux d'amandes, qu’elle qu’en soit la provenance. Aucune” différence de qualité certes, mais il pourrait y avoir,

tout de même, certaines différences de prix, si l’on utilisait tous les noyaux perdus, au lieu de s'adresser presque uniquement aux seuls noyaux des amandiers sans distinction de variétés : dulcis ou amara !

Il est infiniment probable qu'en Angleterre et en Amérique où il existe de nombreuses variétés de fruits à noyaux, de même que tous les pays de l’axe, on ne néglige point une telle ressource nationale!

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