‹ Contribution à l'étude des rosacées-prunées-amygdaléesChapitre 6 sur 149 · AA ES · texte numérisé non relu

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du Peschier tant pour raison de la grandeur, que des fueilles. k

Quant au fruict il y a bien quelque resemblance ; mais non pas si grande que pour cela on les doive appeler Pesches. Au demeurant le Peschier est petit au pris des autres Pommiers, ayant les feuilles comme l’Amandier; un peu plus grandes, dentelées légèrement à l’entour; la fleur perse, semblable à celle de l’Amandier. Il porte une Pomme charnue, pleine de suc, et couverte de cotton, ayant la peau parfois blanche, quelquefois rouge, et quelquefois jaune, de l’un des costez il y a une taille ou crevasse, qui va tout du long, et un os au dedans dur et aspre, dans lequel il y a un noyau semblable à une Amande, sinon qu’il est plus petit, et fort amer. Ses racines sont foibles, et ne vont pas fort avant en terre. Aussi il envieillit incontinent, et se laisse mourir.

Son bois est spongieux et foible. Les Pesches-noix ont l'arbre petit, de la hauteur d’un Abricotier. Ses fueilles sont semblables à celles de l’Amandier, plus grandes. Ses fleurs sont perses.

Son fruict est verd; charnu et plein de suc, sans aucun cotton par dessus : au dedans duquel il y a un os dur et aspre, qui a un noyau dedans comme celuy des Amandes. Le Peschier croist partout, aux Vergers, Jardins et Vignes. Il aime aussi les lieux aquatiques, et qui sont à l’abry. Il fleurit au printemps. Son fruict est meur en automne, et pourrit soudainement.

Les Pesches-noix meurissent à la fin de l’automne; l’arbre dure plus que celuy des Pesches. Selon DIosco- RIDE, les Pesches meures sont bonnes à l'estomac, et au ventre; les verdes reserrent le ventre, et plus encore si elles sont seches. La décoction des Pesches sèches restraint le flux de ventre et de l’estomac.

GALIEN dit, que les fueilles et tendrons du Peschier ont une qualité amère, qui domine en iceux : et que pour ceste cause les fueilles du Peschier pilées, et appliquées sur le nombril tuent les vers : et que c’est aussi un

. médicament résolutif. Son fruict qui est bon à manger, est d’une température froide et- humide. En un autre passage il dit, que le suc ou la chair des Pesches est aisée à corrompre, et qu’elle est du tout nuisante. Pour cette cause qu’il ne les faut pas manger après le repas, comme aucuns font, pour ce qui nageans au dessus des viandes elles se corrompent. Or en général il faut noter, que toutes les viandes qui sont aisées à se corrompre, estans humides et glissantes, et qui passent aisément, doivent estre mangées à l'entrée de table, et devant toutes autres : car par ce moyen elles passent vite, et font comme le chemin aux autres. À

PLINE VALERIEN dit, que la Pesche estant mangée, est inutile à l’estomach, pour ce que son suc se corrompt incontinent, et sa chair aussi, cependant que la digestion se fait; toutefois qu’elle ne le charge pas, pourveu qu'elle ne demeure pas longuement dans les intestins; mais qu'elle passe viste. Les Médecins disent, que les Pesches ne nourrissent point : mesme GALIEN conseille de n’en prendre jamais après le repas, pource qu'elles se corrompent en nageant par dessus les autres viandes. Les fueilles des Peschiers pilées et appliquées tuent et font sortir les vers du ventre. Estans sèches et ré- . duites en poudre elles sont bonnes pour consolider les playes fresches. Les noyaux des Pesches pilez avec huile et vinaigre, et enduits, sont bons à la douleur de teste. Toutefois aucuns aiment mieux les mesler simplement avec huile rosat. La gomme en larme qui sort du tronc des Peschiers sert au flux de ventre. Estant meslée en vin elle rompt la pierre de la vessie. Broyée en vinaigre elle reprime le feu volage. Cuite en vinaigre elle apaiïse l’enfleure du gosier, et adoucit le conduit de laspre artere. Elle sert grandement à ceux qui crachent

le sang; ouvre la concavité de la poitrine, si elles est oppilée, et nettoye les maladies du poulmon. |

C’est donc à tort que PLINE dit, que les Pesches sont bonnes aux malades, et qu’elles leur sont plus profitables que les Prunes, et mesme leur suc estant espraint

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en vin, ou vinaigre et qu’il n’y a point de fruict qui soit moins dangereux, ne qui ait moins de framboise : et néanmoins elles sont pleines d’un suc qui altère ceux qui en mangent. ;

Ses fueilles broyées et appliquées estanchent le flux de sang. Les noyaux de Pesche, réduit, en liniment, avec huile et vinaigre, sont bins au mal de teste. Les fleurs, du Peschier, ainsi que dit F'UCHSE, confites en sucre en facon de Roses ou de Violettes, laschent le ventre à bon escient. te

Selon MATTHIOLE, elles en font autant, si on les mange, et font vomir, purgent l’eau des hydropiques, si on les mange siesches en salade : mais ce n’est pas sans tourmenter la personne. ;

La gomme du Peschier, prinse avec eau de Plantain ou de Pourpier est bonne pour ceux qui crachent le sang. Avec eau miellée, ou avec la décoction du Pas d’Asne, en y adioustant un peu de Saffran, elle sert à la toux, et à ceux qui ont courte haleine. Elle sert aussi aux enroüeures et empeschements de l’aspre artère. On l’ordonne aux graveleux avec le Suc de Limon ou de Raifort, qu avec du vin au poids de deux dragmes.

Les fueilles pilées avec vinaigre sont bonnes estant appliquées sur le ventre pour tuer les vers. On en distile aussi du suc dans les oreilles fangeuses, et où il y a des vers.

Les noyaux des Pesches guérissent les tranchées du ventre, si on en mange. Ils sont merveilleusement bons pour garder d’enyvrer, si on en mange six ou sept devant que boire. On les pile et les fait-on cuire en vinaigre jusqu’à ce qu’il soient devenus comme de la bouillie, pour la pelade : car c’est merveille comme ils font bien revenir le poil, si on en applique sur le lieu. Le laict d’iceux tiré avec eau de Verveine après les avoir pilez, est bon pour en frotter le front et les tempes, pour guérir la douleur de teste. Autant en fait l’huile qu’on en

tire, qui est aussi particulièrement bon à la migraine,

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