‹ Contribution à l'étude des rosacées-prunées-amygdaléesChapitre 7 sur 149 · D APR · texte numérisé non relu

D APR

et fait dormir; ce que fait aussi leur laict. Ce mesme huile est bon pour distiler dans les oreilles, quand elles meinent douleur. Prins en breuvage ou en clystere il appaise merveilleusement les douleurs de la colique causées par ventositez, ou à cause des excrémens trop endurcis.

On l’ordonne aussi à boire en l’Iliaque passion, et en la gravelle au poids de quatre drachmes. Mais surtout les noyaux des Pesches sont bons pour les graveleux en

les accoustrant de ceste manière; il faut prendre cinquante de ces noyaux, et cent noyaux de Cerises, une poignée de fleurs de Sureau, trois livres de Malvoisie, et mettre le tout dans un pot de terre neuf, et l’ensevelir en fumier par l'espace de dix jours; puis après distiler le tout par un alembic de verre. Si l’on prend de l’eau qui en sortira au pois de quatre onces devant le repas, elle a merveilleusement vertu de faire sortir la pierre des reins ».

Il semble, qu'aujourd'hui, « le Pêcher ait adopté, pour sa patrie une terre où la seule qualité d’étranger a toujours assuré droit d'asile, mérité l'accueil favorable et procuré le meilleur traitement. Il est si parfaitement naturalisé qu'il n’a plus d’exotique que le nom. Sa famille, multipliée, diversifiée, répandue et établie partout, ressemble moins à une colonie qu’à un peuple nombreux, ancien possesseur de ce climat... Cultivé avec plus d'art, d'attention et de dépense que les autres arbres fruitiers, il est devenu, sans contredit, le plus digne de notre con-

sidération et de nos soins : aucun autre arbre ne peut lui disputer l’abondance, la beauté, la couleur, la délicatesse, la douceur, le parfum, la fraîcheur et les autres qualités que réunit son fruit, dont on use sainement et dont on abuserait presque impunément ». (DUHAMEL DU MONCEAU)

3e exe

Sait-on qu’en Egypte la Pêche était consacrée à HARPOCRATE, Dieu du silence ?.…. Et cela « à cause que

CR Per

le fruict du paichor est semblable à un cœur et la fueille à la langue, comme voulant que la parole, qui est le fruict de l’intelligence aye son lieu au cœur et non en la langue »… « En outre une Paîche percée d’une flesche, montre un extrême amour, pour cause que la figure qu’elle a du cœur, où est le principal siège de cette passion ». (In : Cinq livres des Hiéroglyphes de P. DINET, parus en l’an 1614).

# LE

Les Docteurs de l'Ecole de Salerne, et leurs nombreux commentateurs ont fait, pendant plus d’un siècle, de louables efforts pour réhabiter le fruit du pêcher et sauver de l’ostracisme, au moins la délicieuse pêche au Vin :

. Persica cum musto vobis datur ordine gusto Sumere. Sic est mos nucibus sociare racemos.

Passa nocet spleni, tussi, valet, est bona reni. Utilitas uvae sine granis et sine pelle :

Dat sedare sitim jecoris, choleraeque colorem.

Ce court passage a été, comme il convient, diversement commenté, en vers français :

1) La Pesche et le Vin doux s'accordent et me semble. Passable à la facon et d’ordre d’en user.

C’est la coutume, aussi, lorsqu'on veut s’amuser, Aux Noix, aux Raisins de les manger ensemble. A la ratte n’est bon le Raisin sec et doux :

Il est utile aux reins et propre pour la toux.

(In : Régime de la Santé de lV’Escole de Salerne, par Michel-le- Long)

2) Un second commentateur, qui n’a laissé que ses initiales : M. D. F. C. écrivait en l’an 1671, sur le même sujet : f « La Pesche avec le moust est bonne A l'estomac d’une personne

nd 0

Qui, chez tavernier et bourgeois, Gayment trinque à diverses fois, Car la chaleur du Vin empesche La grande froideur de la Pesche.

Et la pesche, par sa froideur, Du Vin empesche la chaleur...

3) Toujours, en l’an M. D. C. LXXI, DUFOUR LE LA GRESPILIÈRE, dans ses commentaires sur l’Ecole de Sa- Jerne, s’était révélé plus en verve, à propos des Pesches, ainsi qu'on peut en juger, par les 34 vers ci-dessous :-

Page 1