CHAP. XIV) DES PESCHES
Pour commencer, parlons des Pesches, Que l’on doit toujours manger fraisches Ce fruit est moins pernicieux Pour les jeunes que pour les vieux; De froide et débile fressure Ainsi la Pesche, verte ou meure, Pour être pleine d’un suc froid, Fait du mal à plus d’un endroit Et dans le corps corrompt la viande La meilleure et la plus friande...
A moins qu'il ne soit bien remply Par excellent Vin de Chably :
Qui, par sa chaleur tempérée, Rend la Pesche plus modérée Et moins nuisible à la santé :
Thrésor, en tous lieux souhaité.
Et d'autant qu’elle humecte et lâche, Il faut, en tout temps, que l’on tâche A la prendre avant le repas; On dit qu’elle ne nourrit pas.
Je n’en diray rien, mais je pense Qu'elle auroit très peu de substance
- Pour ceux qui la voudroiïient manger,
S'ils n’avoient rien de quoy gruyer,; Ses feuilles, comme je présume,
Pour être pleines d’amertume, Chassent les Vers, petits et gros, Qui, du corps, troublent le repos.
Avec le Vin l’on tient que la gomme Brise la pierre au corps de l'Homme, Soit dans la vessie ou les reins
Qui deviennent, après plus sains
Et font que l'Homme et la Femelle Vont, en tout temps, moins à la selle.