DUFOUR DE LA GRESPILIÈRE
4) Plus tard, en 1861, un quatrième poète : MEAUX DE SAINT MARC, à propos de Pêche, Raisin sec et Raïsin frais, écrivit les 6 vers suivants :
De même qu’à la Noix s’ajoute le raisin,
A la Pêche, de même, on joindra le doux vin : Le Raisin cuit et sec, au foie est dommageable, Il est bon pour les reins, à la toux favorable; De pépins et de peau, le Raisin dépouillé, Eteint le feu du foie et du phlegme brûlé.
Cependant, dans le chapitre consacré aux aliments nuisibles : Cibi novici, l'un des multiples rédacteurs des préceptes de la fameuse Ecole, qui prétendait régenter l’art médical et diététique pendant une grande partie du Moyen âge, n’hésite point à ranger les pêches, parmi les aliments nuisibles, de même que les pommes et les poires :
« Persica, poma, pyra, lac, caseus et caro salsa, Et caro cervina, le porina, bovina, caprina,
Hæœc melancholica sunt, infirmis inimica; Anserina caro salsa sicut est anatina.
Ce que l’on peut traduire ainsi :
Pêche, pomme, poire, lait, fromage, chair de lièvre, Chair de bœuf, de cerf, chair salée et de chèvre,
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Sont tous mets dangereux, en un corps languissant, Où d’une bile noire ils allument le sang.
Plus loin, dans le second chant, un conseil pour bien se porter :
Tu ne mangeras point de pêche, Pommes et poires laisseras, Pour qu’en mieux tu te porteras.
se Le Grand Cuisinier de B. PLATINE DE CRÉMONE nous renseigne sur un certain nombre de fruits usuels : Dans l’honneste volupté (livre Il) il est question des pommes, poires, raisins, pommes-grenades, coings, cy-
trons et oranges, dattes et palmes, néfles, sorbes, cor-
nes, pesches, guindoles, olives et huylles, du miel et mouches à miel, du sucre, du laict, etc.
Le chapitre XI est consacré aux Pesches :
« Les pesches croissent, y dit-on, par toute la contrée d’Asie, principalement au pays de Perse, et c’est pourquoi on les appelle, en latin : persica. »
On prétend que ces fruits naissent en Perse, avec des vertus venimeuses et mortelles et que le Roy Cyrus, les fit, pour cela, transporter en Egypte, afin de vaincre, par le venin, ceux qu'il ne pouvait vaincre par les armes. Mais le soleil d'Egypte adoucit et parvint à mitiger tellement leur malice et leur venin que les Egyptiens, n’en eurent aucun mal : Cette fable est récitée
par COLUMBELLE, dans son Livre « De Agricultura »…
PALLADIUS dit que les Grecs assurent que les pêches naissent avec des lettres, si on met l’os (le noyau) de ces fruits, dans la terre, durant 7 jours, tandis que le noyau réste à demi ouvert : il faut, alors écrire au cinabre, un texte qu’on insérera dans le noyau, lier le tout avec que fillet et recouvrir l’ensemble de terre grasse et quand l’arbre issu de ce noyau produira des pêches
ERP DO NES on verra une chose merveilleuse... l'apparition des lettres dans le fruit...
Pour conserver les pêches l’on choisit les meilleures, qu’on place dans une saumure : le lendemain on les retire, les nettoie, vivement, les loge dans un pot avec une mixture fait de Vinaigre, de sel et de sarriette, puis on les laisse macérer longuement.
Selon PALLADIUS on peut aussi garder les pêches dures, dans un oxymel, ou compote de miel et de vinaigre, ou bien en les suspendant au soleil — après avoir ôté leur noyau — et laissant sécher comme on fait pour les figues; on peut, aussi, les mettre dans le miel, sans les dénoyauter : elles ont alors fort bon goût et saveur.
L'usage des pêches est contraire à l'estomac, à cause de leur humidité et de leur frigidité; elles s’aigrissent, soudainement et se convertissent en humeurs flegmatiques.
Selon les médecins elles ne nourrissent point les membres, mais provoquent souvent la fièvre. Toutefois les pêches bien mûres, prises au début d’un repas sont bonnes à l'estomac, donnent bon appétit, font uriner, mobilisent les entrailles et donnent bonne haleine à ceux qui l’ont puante et mal sentante.. Au contraire, si elles ne sont pas bien müûres, elles restreignent le ventre, surtout si elles sont sèches et consommées à Ja fin du repas, car elles ne nourrissent point et scellent et ferment l'estomac.
AVICENNE, dit qu’elles se corrompent facilement et font corrompre les autres viandes, qu’elles profitent quand on les mange à la première table et donnent appétit de manger quand elles sont bien mûres,
De VILLA dit qu’on doit boire du moult avec les péches et les manger avec le dit moult, pour deux rai- Sons : parce que le mouit échauffe et bout en notre corps et les pêches (à cause de leur frigidité) empêchent cette chaleur. Les pêches, étant froides par nature l’on
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doit boire du vin chaud, après en avoir mangé, afin qu’elles ne se putréfient si facilement. On mangera des pêches au vin, après la viande...
Les feuilles de pêcher, pilées‘et mises sur le ventre chassent les vers intestinaux ou les tuent. Séchées et pulvérisées ces feuilles étanchent et guérissent toutes plaies. :
Les noyaux de pêches guérissent les maux de tête, si on les a pilés avec de l’huyle d’ Dane et cette huyle* guérit les maux d'oreille.
Il y a des petites pêches, nommées « chrysomoles », qui engendrent le flegme grossier et visqueux, dont nul ne peut échapper sans avoir la fièvre : pour ôter leur malice, il faut les consommer à jeûn et boire du bon vin, en mangeant de l’anis et autres choses semblables.