CHAPITRE XXVIIT
MALADIES BACTERIENNES OU BACTERIOSES
Sur les Rosacées-Prunées-Amygdalées se rencontrent trois à quatre parasites qui provoquent ce qu’on est convenu d’appeler des « bactérioses »; ce sont :.
Le Bacterium pruni, Phytomonas ou Pseudomonas pruni : bactériose ordinaire.
Le Bacillus amylovorus : Feu bactérien ou « Fire blight » Erwinia amylo vora (1923).
Le Bacteriwum tumefasciens : Crown-Gall. Phytomonas, Pseudomonas ou Polymonas tumefasciens.
BACTERIOSE DES PRUNIERS ET PÊCHERS : Phytomonas ou Pseudomonas pruni, Bacterium pruni E. F. SMITH, (1903-1905).
Cette infection bacillaire est très fréquente sur les rameaux, feuilles et fruits des pêchers, pruniers et abricotiers des Etats-Unis. j
Les feuiiles, atteintes les premières, présentent des taches très caractéristiques de forme anguleuse, mesurant 3 à 4 millimètres de diamètre qui ne tardent pas à se muer en trous perforant la feuille... tout comme le fait le « Coryneum ». C’est le « Shot hole », des Anglais.
Quand ces perforations gagnent en largeur, les feuilles tombent prématurément et l'arbre se dépouille rapidement.
Les rameaux, atteints à leur tour, se signalent par
des taches de ton pourpre foncé, presque noires et de forme allongée, mesurant de 3 à 5 millimètres, succédant à une cicatrice foliaire. :
Les fruits, eux aussi, sont atteints de minuscules lésions de ton pourpre, mesurant 1 à 2 millimètres; souvent groupés entre elles au grand détriment de l'organe qui voit sa mince pellicule se craqueler, prématurément.
Ces bactérioses sont à l’origine des nombreux chancres, qui se forment sur le bois des rameaux atteints, sur toutes les parties mortifiées et par où exsude un suc visqueux qui est la « gomme nostras » ou Gommose » des arbres à noyaux.
Divers auteurs pensent que c’est dans les tissus de ces chancres que la bactérie hiverne, en attendant le retour du printemps, pour se répandre aux alentours. D’autres voient, au contraire, le parasite hiverner dans . les nombreux amas bactériens du tissu foliaire, répandu sur le sol, avec la chute prématurée des feuilles... d’automne.…..
Ce sont : le Prunier Japonais (Prunus trifolia) et ses hybrides, le Prunier commun (Prunus domestica), l’Abricotier (Prunus armeniaca) qui sont le plus fréquemment atteints. Et parmi les Pêchers, ce sont les variétés : « Carman », « Champion », « Elberta », « J. H. Hale » et « Waldell ». Le Bact. pruni se présente sous forme de bâtonnets de 1 x 6- 1 x 8 X Ou 4-0 x 6, capsulés, groupés en courtes chaînettes, mobiles, et pourvus de 1 à 6 cils polaires, capsulés. Ils sont non acido-résistants, et ne restent point colorés par le
Gram.
Cette bactérie présente une pigmentation. jaune; elle réduit les nitrates: liquéfie la gélatine, coagule et pectonise le lait; exerce une légère action diastasique sur l’amidon et produit des acides aux dépens des glucides : glucose, lactose, saccharose et glycérine.
Cette bactérie ne diffère point comme caractères bactériologiques de ceux des autres parasites végétaux
analogues. Un bactériophage a été signalé, en 1928, par : ANDERSON (in : Phytopathology, XVIII, p. 144, 192). On traite cette bactériose par le Silicofluorure de Sodium à 1/20°. Comme préventifs on recommande une taille soignée et une fumure au nitrate de soude. (Ce corps est d’ailleurs réduit par la bactérie).
CROWN-GALL : Bacterium tumefasciens SMITH TOWN. Phytomonas ou Pseumonas tum. SM. Tow.
Cette bactérie n’a été rencontrée, encore, en France, que sur Prunier myrobolan (Prunus myrobolana ou diviatica), parmi les pruniers, mais il fréquente une cinquantaine de plantes dicotylédones.
Fréquent sur les Amandiers mais plus rare sur les Pêchers et Abricotiers, le Crown-Gall, provoque l’écoulement d’un liquide visqueux et coloré, provenant de véritables colonies microbiennes parfaitement visibles à l’œil nu. On les trouve réunies dans des lacunes qui remplacent les cellules disparues, ainsi que dans les vaisseaux envahis par métastase. Or leur action pouvant s'exercer à distance — par l'intermédiaire du vent, des outils, des mains, des insectes ou des oiseaux — il n’est pas rare de voir la contamination gagner les parties saines de l’hôte ou des arbres voisins pour y engendrer de nouvelles tumeurs. La formation de « galles » ou « tumeurs » est une simple réaction de défense de la plante, contre le parasite. Et l’on sait que les plaies et blessures, ainsi que la faiblesse du sujet — s’il est souffreteux — sont de ceux qui favorisent fortement la contamination bactérienne. Les milieux humides ou un sol argileux sont aussi très favorables au développement des bactéries dans le sol ou sur les plantes.
TREVISAN et CAvarA, dès 1877, semblent avoir pressenti, l’origine bactérienne des tumeurs des végétaux, mais la découverte de l’agent pathogène de ces tumeurs
est due à E. SMITH, en 1911... qui se préoccupait de la quéstion depuis 1904. Avec le concours de TOWNSEND, E. SMITH, précise-la description du parasite, qu’ils dénomment « Bacterium tumefasciens » et concluent à sa non spécificité. (Fig. 51.)
BACTERIOSE :Crown-gall
Bacterium tumefaciens SMITH & TOWNS.
Fig. 51
Avec les bactéries du Pêcher on est arrivé depuis à inocculer et à infecter des végétaux assez divers : Amandiers, Cognassiers, Figuiers, Kakis, Noyers, etc. (0. SMITH). :
C’est l'agent pathogène des tumeurs des plantes les plus diverses : Crucifères, Laurinées, Juglandées, Morées, Oléacées, Polygonées et surtout, Rosacées-Prunées Amygdalées : notamment les PRUNIERS MYROBOLAN (Prunus myrobolana et diviatica), en Europe, et des Amandiers d'Amérique.
Phytomonas tumefasciens se présente en bâtonnets de 1 u-3 u X O0 x 4-0 x 8, disposés en chaînettes, non sporulés, mobiles, pourvus de poil polaire, ne prenant pas le Gram, non acido-résistants.
11 produit HS, réduit le tournesol et ne réduit pas -les nitrates; coagule le lait, ne liquéfie pas la gélatine. En eau peptonée, production faible d'acides, non de gaz, aux dépens de : glucose, saccharose, lactose, maltose, manose et xylose.
Il produit aussi une endotoxine, qui, si on l’inocule à l’'Hélianthus annuus, donne des tumeurs caractéristiques, selon BoIvin et coll..