SIEGE DE LA RUPTURE ET LESIONS DU TENDO
Les premiers auteurs qui s’intéressèrent à la muestion semblent n’avoir connu que les ruptures hasses à la jonction tendon-muscle. Loos, en 1900, en tronve 20 cas sur 30 observations.
Exception faite du cas de Bazy — 1895 —— concernant une désinsertion du tendon, il faut arriver à Keen, en 1905, pour que soient mentionnées les désinsertions et les ruptures intra-articulaires.
Ledderhose et Fievez, de 1909 à 1912, citent comme exclusives les désinsertions ou ruptures hautes dont ils font systématiquement une manifestation d’arthrite déformante scapulo-humérale. Pendant celte période il n’est plus mentionné de ruptures basses.
La question des ruptures musculo-tendineuses, dont la fréquence est plus grande que ne le pensait Fievez, ne sera reprise qu’en 1928, lorsque Lapointe rapportera devant la Société de Chirurgie une observation de Braine.
Ces divergences dans la conception du siège de la rupture tiennent vraisemblablement au fait que: d’une part, les anciens auteurs n’ont pas vérifié chirurgicalement les ruptures musculo-tendineuses dont ils parlent ; d’autre part, Ledderhose et Fievez se sont surtout intéressés aux épaules séniles et le plus grand nombre des observations de Fievez ont été faites sur les cadavres de sujets âgés, plus ou moins arthritiques. Or l’arthrite est une diathèse qui, nous le verrons ultérieurement, est susceptible de léser le tendon dans sa portion intra-capsulaire.
Personnellement, dans les 28 observations que nous avons pu analyser et dont la lésion anatomique a été
D te
vérifiée chirurgicalement, nous trouvons 23 désinsertions ou rupture du tendon contre 5 déchirures au niveau de la portion musculo-tendineuse, Mais, là encore, notre proportion est vraisemblablement inexacte. En effet, les ruptures peuvent être divisées en deux grands types, l’un chirurgical avec vérification anatomique possible, l’autre médical où le chirurgien n'intervient que rarement. Ce dernier type comprend peut-être de nombreux cas de séparations musculotendineuses non identifiées faute de vérifications opératoires et qui, par suite, n’entrent pas dans nos statistiques. Aussi préférons-nous celles de Gilcreest qui, avant opéré un nombre très important de blessés, a vérifié le plus exactement possible le siège de la lésion. Cet auteur, sur 77 cas, trouve 20 ruptures à la jonction tendon-muscle et 57 désinsertions ou déchicures intra-capsulaires.
Les lésions intra-capsulaires paraissent donc plus fréquentes que celles de la portion musculo-tendineuse qui, néanmoins, ne sont pas négligeables. |
A. —— Lésrons INTRA-ARTICULAIRES où HAUTES.
1° DéÉsiNsERTION. — Le tendon est détendu et
flexueux ; parfois sa portion supérieure est retenue dans la coulisse bicipitale où il peut se produire une réinsertion spontanée. On constate alors une récupération fonctionnelle partielle malgré un biceps plus ou moins détendu (Keen, Fievez). Il est vraisemblable au’un certain nombre de sujets non opérés et dont la fonction musculaire est redevenue presque normale entrent dans cette catégorie. | Parfois, au contraire le tendon a quitté la coulisse et s’est replié en boucle à concavité inférieure, retomsant de telle sorte que son extrémité supérieure est en