‹ Contribution à l'étude des ruptures et désinsertions de la longue portion du biceps brachial et de son tendonChapitre 26 sur 47 · CAUSES PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CAUSES PATHOLOGIQUES

A. — DÉGÉNÉRESCENCE SÉNILE DU TENDON ET DU MuscLe.

Chez les vieillards, muscles et tendons perdent de leur élasticité et de leur solidité. Le biceps et son.tendon n'en sont pas exempts. Or, le perpétuel mouvement de frottement sur une surface articulaire telle que la scapulo-humérale (malgré la synoviale qui entoure le tendon) et encore plus si celle-ci présente des ostéophytes arthritiques, ne peut qu'augmenter Îa friabilité du tendon sénile. En général, la rupture n’est pas brutale ; elle se fait en plusieurs temps, fibres par fibres, jusqu'à ce que le tendon se rompe complètement à bas bruit et avec un minimum de signes fonctionnels. Liniger, cité par Gilcreest, en . rapporte 81 cas, parmi lesquels 16 bilatéraux. Monks et Davis semblent avoir entrevu cette fragilité tendineuse, mais l’ont interprétée comme un processus rhumatismal du tendon. Des observations de Fievez concernant des ruptures découvertes sur le cadavre,

rentrent vraisemblablement dans cette catégorie. Mais cet auteur, tout en parlant « d'épaules séniles », n'admet pas qu'une rupture puisse se faire sans arthrite concomitante. Lorsqu'elle n'était ni cliniquement, ni radiologiquement décelable, il affirmait qu'il existait malgré tout une arthrite sèche au début. Il en est arrivé ainsi à nier.les ruptures purement traumatiques.

B. — ARTHRITE SÈCHE SGAPULO-HUMÉRALE.

Il est absolument indéniable que Ledderhose, puis Fievez ont constaté des ruptures dues à l’arthrite sèche. Nous avons vu dans le chapitre d'anatomie pathologique que l’arthrite sèche rendait rugueuses les surfaces de l'articulation scapulo-humérale par destruction du cartilage et formation d’ostéophytes et d’ecchondroses. Ces irrégularités prennent contact avec le tendon qu'elles usent et déchirent aux points de frottement. Celui-ci finit par se rompre spontanément et à bas bruit comme dans le type du tendon sénile. Parfois, au contraire, devenu particulièrement fragile du fait de la rupture d’un certain nombre de fibres, à l’occasion d’un effort minime, il se rompt brusquement. Il s’agit, dans ce cas, d’un type spécial de rupture auquel Husson a donné le nom de rupture . spontanée traumatique.

La théorie de l'usure du tendon par ostéophyte, que nous venons d'exposer, est celle soutenue par Fievez, Ledderhose, Borchers.

Monks et Davis pensaient plutôt à une altération arthritique du tendon; c’est également l'opinion émise par Ewald, en 1927, qui admet l’existence d’une affection spéciale du tendon dans sa portion intracapsulaire.

ET

Contre la théorie de ces auteurs on peut, comme Muller, faire remarquer qu’en aucun cas elle n’explique les ruptures extra-capsulaires et encore moins celles du tendon distal.

En outre, ni Dreizhenner, ni De:outtes et Clavel, ni Del Prato n'ont trouvé d’altération microscopique du tendon dans les cas où la rupture semble être le fait d’une arthrite scapulo-humiérale.

Gilcreest dit que, pour sa part, dans ses observations, il a des cas où l’arthrite ne fait pas de doute et d’autres où le traumatisme sans arthrite est la cause principale de rupture. Ce sont ces derniers où « la réinsertion chirurgicale donne un résultat fonctionnel parfait et durable, ce qui ne serait pas s’il y avait arthrite. car l'intervention n'arrêterait pas le processus arthritique ».

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