TRAITEMENT
\bstention ou intervention, tel est le dilemme qui se pose aux chirurgiens.
Aux interventionnistes, tel Panis, qui affirme que toutes les ruptures doivent être opérées, les abstentionnistes opposent plusieurs arguments :
—Le diagnostic clinique de rupture n’est pas tou- Jours certain, il peut n’y avoir qu'élongation, ou luxation, ou rupture incomplète. Donc intervention inutile.
— Même s’il y a rupture complète il peut y avoir restitution spontanée de la fonction du muscle, soit que le tendon resté dans la coulisse s’y soit réinséré, soit que l’action défaillante de la longue portion ait été avantageusement remplacée par une augmentation de force d’action des muscles brachial antérieur et courte portion du biceps.
Il nous semble que la discussion des interventionnistes et des abstentionnistes est née de la confusion de deux affections distinctes.
C’est peut-être parce que les uns sont des chirurgiens qui n'ont vu que des ruptures chirurgicales et que les autres, médecins, n’ont traité que des ruptures médicales ou pathologiques. Si la distinction de ces deux affections était nettement faite, nous croyons qu'il n’y aurait plus de discussion possible.
Aussi envisagerons-nous, pour chaque type de rupture, le traitement qui lui est propre.
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RUPTURES MEDICALES
Ce sont celles présentées par les malades de Fievez. Ces ruptures reconnaissent pour origine une altération pathologique du muscle, du tendon ou plus souvent de l'articulation. Elles évoluent à bas bruit, gênent peu le malade qui, s’il en connaît l'existence, refuse l'intervention, car il n’en voit pas l'utilité. Souvent ce sont des ruptures intra-capsulaires, et le tendon se réinsère spontanément dans la coulisse.
Le chirurgien n'’interviendra pas, car, gue peut-il espérer de la suture des tissus altérés, qui, à la moindre occasion, se rompront en-dessous de leur réinsertion. Dujarier dans un cas qu'il a opéré, a vu la rupture se reproduire très rapidement.
Ne pas opérer : calmer la douleur, immobiliser le membre par un pansement ouaté compressif, maintenir le bras en demi-flexion par une écharpe, tenter le traitement médical du processus arthritique : diathermie, ondes courtes peut-être, telle doit être la conduite du médecin appelé à soigner une rupture médicale,