‹ Contribution à l'étude des ruptures traumatiques des hydronéphrosesChapitre 24 sur 27 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

M. COTTALORDA

(Marseille Méd., 15 mars 1930, p. 388.)

Je suis appelé le 21 septembre 1929, auprès de M°* Arn.…., 65 ans, pour des phénomènes abdominaux. Cette malade a vu brusquement survenir, huit jours auparavant, des phénomènes d’obstruction intestinale caractérisée par une douleur du flanc gauche, de l’arrêt des matières et des gaz et des vomissements. Le Docteur Couritas, médecin traitant, qui nous confirme cette symptomatologie, a pratiqué un traitement médical justifié par l'absence de netteté des signes cliniques au moment de leur production et de l'excellent état apparent de la malade. De fait, après deux injections de Peristaline Ciba, les phénomènes cessent et tout semble rentrer dans l’ordre. à

Mais depuis trois jours apparaît une tuméfaction iliaque gauche, qui augmente rapidement de volume et progressivement. La température est restée autour de 38°, le pouls entre 80 et 90. se

La malade, bien que nous la pressions de questions à ce sujet, nie tout antécédent douloureux lombaire et tous signes urinaires. En réalité, nous apprendrons plus tard qu’elle se plaint depuis de nombreuses années de crises douloureuses à prédominance dans la fosse lombaire gauche, et qu’elle a remarqué depuis plusieurs semaines une oligurie avec pollakiurie manifeste.

Par contre, nous n’avons pas trouvé trace ni souvenir d’un traumatisme quelconque.

A l’examen nous trouvons une malade au faciès plombé, prostrée. La température est à 38°2, le pouls à 80.

Les signes d’obstruction intestinale ont disparu.

On est frappé par la présence d’une tuméfaction occupant toute la fosse iliaque gauche jusqu'à l’arcade Cru rale.

Cette tuméfaction est rénitente, douloureuse, mate à la percussion. En hauteur elle se perd vers la fosse lombaire qu’elle n’envahit pas. Pas de ballotement rénal. Le toucher vaginal et rectal ne donnent aucun renseignement. ;

Nous pensons à une collection Sous périnéale iliaque gauche dont nous ne pouvons préciser l’origine et pour laquelle une incision rapide paraît indiquée.

Celle-ci est pratiquée le 22 septembre 1929. Dans les douze heures qui précèdent l'intervention, la tumeur a encore augmenté et les douleurs à son niveau se sont encore accrues.

Anesthésie au balsoforme (D' Couritas).

Incision à un travers de doigt en dedans de l’épine iliaque; arciforme.

Aussitôt les muscles. incisés, il s ’écoule une énorme quantité de pus et d’urine.

L’exploration de la région sous-péritonéale reste sans résultat. Le rein n’est pas perçu. Drainage.

Devant cette collection uro-purulente nous pensons à une hydronéphrose rompue. Les événements devaient nous donner raison.

Par la plaie de drainage, se fait dans les jours qui suivent un abondant écoulement d’urine.

Par contre, la malade n’évacue pas la vessie que 50 à 60 cc. d’urine purulente par 24 heures.

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