B. — ROLE DU MATÉRIEL DE SUTURE
A côté de l’infection, il faut étudier parmi les causes possibles de rupture utérine, le matériel et la technique de suture. On emploie le catgut, la soie, le tendon de renne, le lin, surtout catgut et soie. M. le Professeur Commandeur « estime qu’il faut insister de plus en plus sur l'influence que peut avoir le matériel de suture employé sur l’évolution des cicatrices utérines: on a reproché au catgut, en dehors des cas de désunion précoce, la plupart des ruptures plus où moins tar-
dives. »
1° Catgut ou soie
Les auteurs restés fidèles au catgut emploient le catgut chromé plus facilement résorbable et ils pensent que la cicatrice sera solide avant la disparition
EST nes
des fils. D’après Singer : Potocki, Fournier, Boissard, Doléris, Véron, préfèrent le catgut.
Mais un grave reproche a été adressé au catgut : de nombreux auteurs. Hergott, Boissard, Bué, Lepage, Rivière, Fieux, Bonnet-Laborderie, Scheffzech, Gilles. ont vu leurs sutures se dénouer dans les heures qui suivent l'opération et, de ce fait, la suture redevenir béante. :
Vingt-quatre observations, sur cinquante, de Boudreau, mentionnent le fil qui fut employé, lors de la césarienne antérieur.
14 fois on avait employé le catgut.
7 fois Le — la soie.
2 fois — = la soie et le catgut.
1 fois — ——, le tendon de renne.
Sur les vingt-six observations récentes que nous rapportons :
13 fois le matériel de suture est mentionné ;
12 fois on avait employé le catgut ;
1 fois là soie. J
Ces chiffres pris dans leur valeur absolue sont en faveur de la soie, mais il semble bien que les accoucheurs emploient la soie beaucoup plus rarement que le catgut. 11 faudrait pouvoir comparer les deux proportions suivantes®: nombre de sulures au catgut suivies de ruptures ; nombre de sutures à la soie suivies de ruptures.
La soie a certainement de nombreux avantages. Sa solidité est particulièrement utile chez les multipares où les contractions utérines du post-partum sont très énergiques.
Mais elle n’est pas sans inconvénients. On a prétendu qu’il était sinon impossible, difficile au moins de stériliser la soie tressée (Delbet). On a aussi fait à la soie le grief de se souiller secondairement au cours de l'opération, parce que absorbant facilement les liquides (Morestin). La soie ne se résorbant pas, peut irriter les tissus voisins et contribuer ainsi à la formation d’adhérences.
De Cougny Prefeln cite un certain nombre d’observations où les fils de soie avaient été mal tolérés et éliminés par la vessie (Abel), par le rectum (Martin), par le vagin (Elisher). L'observation, rare, du Professeur Fabre, concernant une cicatrice de femme césarisée deux ans avant l’examen, montra (Lyon Médical, 13 janvier 1907, p. 45) « aucune trace d’inflammation ancienne ou récente autour des fils de suture... Il n’y avait pas d’adhérences, ce qui est rare, et les fils de soie ont été retrouvés, Ce qui est presque exceptionnel ». Le Professeur Fabre en citait seulement deux autres cas dans la littérature et Cristalli (in Cougny Prefeln) pense que :
1° Les dangers d'infection ne sont pas plus grands avec le catgut.
2° Les fils de soie peuvent s’éliminer de l'utérus longtemps après l’opération par un processus de suppuration plus ou moins prolongée. Il faut donner formellement la préférence aux fils de catgut ou aux fils résorbables.
Adenot a présenté l’utérus d’une femme, opérée dix ans avant, d’une césarienne. On avait employé le catgut : cicatrisation et restauration excellentes.
Rivière et Lacouture emploient à l’heure actuelle
exclusivement des fils de catgut, bien meilleur aujourd'hui qu’autrefois, et que l’on trouve dans des conditions d’asepsie à peu près parfaite.
Pour certains auteurs enfin, le choix du fil, soie ou catgut n’a pas une importance capitale. Le Professeur Charles écrit (in Thèse Vasseur) : « Il ne semble pas qu’il faille incriminer un matériel de suture, soie ou catgut, ce m'est pas cela qui décide du sort de la matrice. C’est la technique de suture qui mérite la plus grande attention. »
Disons quelques mots des autres sutures :
Le lin est rarement employé (observation de Grosse). Le tendon de renne a été très vivement recommandé par Jeannin, Bonnaire, parce que se résorbant
lentement.