CHAPITRE IX
Rôle de la distension exagérée de l'Utérus.
Quelquefois la rupture de la cicatrice se produit lors d’une grossesse compliquée d’hydramnios ou d’une grossesse gémellaire. Les thèses de Marioton, Vasseur, Boudreau rapportent le cas bien connu de Woyer, où la rupture se produisit au début du travail dans un utérus de grossesse gémellaire avec hydramnios des deux œufs (2 litres et 2 litres 500). Léopold Meyer a vu la rupture coïncider avec l’existence d’hydramnios.
De même Couvelaire (Ann. de Gyn. et d'Obst., 1909, p. 686). L'observation de Scheffzeck montre une grossesse avec hydramnios : l’auteur croit à une rupture qui se serait faite lentement par allongement passif de la cicatrice.
Il semble donc certain que la surdistension utérine, qu’elle soit causée par un gros œuf ou de l’hydramnios, ou une grossesse gémellaire, joue un rôle dans la pathogénie de la rupture, mais elle ne saurait être considérée comme un facteur indispensable.
Il est des cas, en effet, où la cicatrice a cédé à un moment assez éloigné du terme et en l’absence de toute cause particulière de distension utérine. Le professeur Couvelaire signale un cas de rupture où l’enfant pesait seulement 1870 grammes. Rappelons que: dans les observations de Munro Rerr, Richter, Wertb, Wyss, les ruptures se sont produites au 4, 5°, 6° mois.
Singer signale dans sa thèse des ruptures aux 5°, 6°, 7° mois.
Par contre, on cite des cas de gros enfant, de grossesse gémellaire, d'hydramnios ayant évolué sans incident dans des utérus césarotomisés. Vasseur rapporte le cas d’Abel (Arch. für Gyn. 1899) et Brindeau signale une observation (Obstétrique, janvier 1909, p. 44), où deux jumeaux purent évoluer normalement dans un utérus précédemment hystérotomisé. Le professeur Pinard constata de l’hydramnios chez une femme qu’il opéra sans incident pour la deuxième fois, quatre heures après le début du travail : l'enfant pesait 3.600 grammes (Société d'Obstétrique, de Gynécologie et de Pédiatrie de Paris, 3 fév. 1909). Enfin, le professeur Bar a pu extraire sans incident, lors d’une opération itérative, un enfant de 4.050 grammes.
En résumé, il semble que l’on puisse conclure avec la plupart des auteurs que le facteur principal de la rupture est beaucoup plus une cicatrice défectueuse que la distension utérine. Toutefois il n’en faut pas méconnaîitre l’action favorisante et il est logique d’admettre que sous la poussée d’un œuf trop volumineux, une cicatrice déjà insuffisante puisse facilement défaillir.