LACTARIUS SERIFLUUS DE CANDOLLE
Caractères macroscopiques des spécimens étudiés.
Chapeau, de taille moyenne (5-6 cm.), au début convexe, un peu déprimé au milieu, mais avec les bords incurvés, frisés-ondulés, puis cyathiforme, ‘toujour avec la marge enroulée; revêtement grossièrement et remarquablement ridé, grumeleux (1), de teinte très foncée, bistre, noirâtre, hygrophane, pâlissant, absorbant l’eau avec avidité.
Chair élastique, floconneuse, à odeur aromatique, voisine de celles de L. quielus Fr. où de L. camphoratus Bull., sans âcreté.
Lait fluide, presque incolore, douceâtre.
Lamelles décurrentes, jaune ocracé, à la fin poudrées de blanc par les spores, peu serrées, assez minces, larges de 5-8 mm., non anastomosées, lisses sur l’arête, entremêlées de lamellules. |
Pied, bistré, brun rougeâtre, aminci parfois et hérissé de poils roux, hirsutes, à la base (3-5 cm.) x (5-8 mm.).
Caractères microscopiques (Planche VI).
Cnapeau. — Revêtement épais (sans couche externe gélifiée), formé de cellules globuleuses @) simulant parfois, en
(4) Certains spécimens ont le revêtement presque lisse. |
(2) Nous représentons ce revêtement, vu à 430 diamètres, montrant une hyphe piliforme.
Cette structure explique l'hydrophilie remarquable du revêtement : quelques gouttes d’eau, déposées sur la surface du chapeau, sont rapidement
absorbées.
surface, des poils courts, oblongs, plus ou moins renflés, larges de 8-10-(19) x, à peine dressés, et, plus profondément, d'hyphes cylindracées 6) (perpendiculaires à la surface du chapeau), accolées. bout à bout et entremêlées, larges de (5)-6-7-(8) u, disposées en une épaisse couche, faisant transition avec la chair du chapeau, composée de sphérocystes et de filaments étroits, 3,5-4,5-(5) y.
Laticifères nombreux, très volumineux souvent (18-23 x).
Pikn. — Revêtement épais, formé : en surface, d’hyphes semblables à celles du revêtement piléique, mais moins régulièrement globuleuses, souvent oblongues, elliptiques, différenciées çà et là en de petits poils courts, à peine dressés, cylindracés, plus ou moins abondants, larges de 5,5-8 y; intérieurement, d’hyphes filamenteuses, étroites (4,5-6 p), parallèles à la surface du pied.
Laticifères, volumineux (atteignant 25,5 x de diamètre laticifères profonds).
LAMELLES. — Arête des lamelles, homomorphe; sous-hyménium se confondant, à la base, avec le niédiostrate, parcouru çà et là de pseudocystides; médiostrate filamenteux, avec des laticifères disséminés, parfois volumineux.
Basides nombreuses, 45-51 x 9-10,5 x.
Pseudocystides, parfois assez nombreuses, longues, cylindracées, souvent onduleuses, arrondies, obtuses, prenant naissance jusque dans le médiostrate, saillantes, en dehors de l’hyménium, pour la plupart; contenu amorphe, jaune brun, (75)-90-110 x 5-8 w.
SPORES. — Spores crème, vues en masse (plus colorées que celles des Lactarius quietus Fr., L. lactiflavus Cost. et Duf., L. chrysorheus, etc); verrues moyennement saillantes sur l’épispore, reliées entre elles par des anastomoses épaisses, formant des crêtes bien marquées; spores verruqueuses, crêtées, (6)-7-9,5-(10) x (5,5)-6-7-(8) u.
(3) Nous représentons quelques-unes des ces hyphes.
Lean
‘ Caractères chimiques.
a) MACROSCOPIQUES
Acétate de benzidine : coloration bleu de Prusse sur tous ies tissus.
Réactif sulfoformolique : le latex reste incolore (®.
Habitat.
Bois de chênes. Espèce recueillie par M. Beauseigneur aux environs de Saint-Sever (Landes), octobre 1932.
Remarques.
Nous avons surtout remarqué dans cette espèce :
1° La structure du revêtement du chapeau; la plupart des Lactaires que nous avons étudiés et même Lactarius quietus Fr., Lactarius lactiflavus Cost. et Duf., affines, possèdent un revêtement piléique, formé d'une couche externe, plus ou moins gélifiée, et d’une couche interne, assez mince, présentant des filaments étroits, enchevêtrés, incolores, couchés; sous ce revêtement, la chair est composée de sphérocystes et d’hyphes filamenteuses.
Nos échantillons de Lactarius serifluus DC, nous ont présenté, au contraire, un revêtement piléique, dépourvu de couche gélifiée, et lormé, non plus de cellules filamenteuses couchées, mais de cellules globuleuses (semblables à des sphérocystes) ®), suivies, intérieurement, d’hyphes cylindracées, assez larges (5-8 x), entremêlées, disposées en couche épaisse; des sphérocystes et des filaments habituels de la chair.
(4) Habituellement, la réaction est instantanée : 1 goutte de réactif sulfoformolique, déposée sur un peu de latex frais, le colore aussitôt en brun intense.
(5) Ce caractère existe aussi dans le revêtement piléique de Lactarius volemus Fr., mais les cellules, plu volumineuses, sont surmontées de très nombreux faisceaux de poils spéciaux.