‹ Contribution à l'Étude des Salpingites chez les ViergesChapitre 12 sur 19 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

; PATHOGENTE

Nous avons montré le microbe vivant en parasite dans le vagin ; nous avons dit que ce microbe pouvait remonter le long des voies génitales et arriver aux trompes qu'il envahira à leur tour. II s’agit d’essayer de le démontrer. | ,

Pour cela, il nous suffit de relire les observations que nous publions. Dans les deux dernières observations de

M. Bégouin, — l’abservation première a trait à une salo 2 pingite d’origine appendiculaire, — les malades avaient

des pertes blanches. Cela nous montre que l’utérus avait été d’abord envahi. Il est regrettable que M. Bégouin dans ses observations IT et IIT, ne nous ait pas signalé l'état de l’utérus, mais on peut le considérer comme malade puisqu'il y avait des pertes blanches. Dans l’observation de M. le professeur de Rouville, nous n’avons pas de pertes blanches, ‘mais l’utérus était volumineux, atteint de métrite, ce qui nous indique en quelque sorte le passage du microbe ; nous retrouvons sa trace, C’est ainsi que le microbe gagne les trompes. à

En somme, la pathogénie de la forme de salpingite que nous étudions est comparable aux salpingites gonococciques ; mais tandis que, dans le cas du gonocoque, nous avons affaire à un microbe pathogène d’emblée (qui suc-

cessivement détermine vulvite, urétrite, vagimite, métrite et salpingite), dans le cas qui nous intéresse, nous sommes en présence d’un microbe parasite qui vit normalement dans le vagin. La virulence atténuée de ce saprophyte s’exaltant brusquement, le transformera en agent pathogène. Mais cette transformation peut se faire à des moments différents et dans certains cas seulement, quand le microbé est installé dans la trompe.

Tant que ce microbe n’est que parasite, l’organisme et lui vivent sans réaction apparente. L'organisme esf habitué à cet hôte, comme le microbe est habitué à l’organisme. Et cela n’est pas fait pour nous étonner. Le colibacille reste dans l'intestin sans inconvénient, dans la gorge ç’ert le Lœffler, dans les bronches c’est le pneu: mocoque, ete., etc. Tous ces microbes vivent — sans dancer pour nous — dans ces différents organes, jusqu’au jour où une cause quelconque viendra-rompre cet équilibre, et la maladie se déclarera. [1 en est de même pour les trompes, et nous avons essayé de déterminer quelles étaient, pour ces dernières, les causes qui exaltaient la virulence des microbes restés jusque-là simples saprophytes.

Le peu d’observations que nous avons ne nous a pas permis de le faire, mais nous avons dit que la transformation en cavité close nous paraissait être une des mieux connues, sinon une des principales. Il est fort probalble que les déviations utérines doivent avoir une influence assez sérieuse. Mais elles ne sont que rarement signalées dans les observations que nous ‘étudions. Quand elles le sont, on ne peut dire si la déviation est antérieure au pyo- salpinx où si elle est due à la pression d’une poche salpingienne.

Il suffira, en effet, qu’un obstacle quelconque — une déviation utérine, une congestion passagère de l’utérus,

LASER par exemple, — convertissent cet organe en vase clos pour que la virulence des microbes banaux soit immédiatement augmentée. Et alors sera créé un agent pathogène qui, à parti de ce moment-là, évoluera conune le gonocoque, — toute réserve faite d’ailleurs sur les aptitudes du microbe envisagé. Si c’est dans l’utérus que cela se passe, nous aurons des phénomènes de métrite précédant la salpingite. « La malade avait remarqué que depuis plusieurs mois ses pertes avaient pris une couleur brunâtre et une odeur souvent très forte qui la préoccupait. » Voilà ce que dit M. Bégouin de sa troisième malade. La virulence s’est exaltée avant d’atteindre les trompes.

Dans d’autres cas, au contraire, la virulence du microbe est atténuée, même dans les trompes, et ce n’est que si la transformation en vase clos l’exalte que la malade aceusera les symptômes d’une salpingite et, pour mieux dire, d’un pyosalpinx (1). L'observation de M. le professeur de Rouville en est un exemple : la malade n’a pas eu de pertes blanches, mais son utérus gros nous montre le passage du microbe.

La pathogénie de cette infection peut donc se résumer de la façon suivante : envahissement graduel de bas en haut des voies génitales par un microbe banal, dont la virulence est exaltée à un temps variable de sa pénétration.

(1) Le phénomène qui change le caractère de la virulence des microbes dans ce cas est analogue à ce qui se passe dans la Lransformalion de l'appendice en vase clos. (Cf. Travaux du professeur De Rouville).

UE

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