‹ Contribution à l'étude des sarcomes kystiques de la mamelleChapitre 15 sur 17 · PT RUE RE · texte numérisé non relu

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n'ayant nullement la forme épithéliale des cellules du carcinome. Certaines d’entre elles sont en dégénérescence graisseuse.

Lorsqu'on examine le liquide raclé à la surface de section du muscle grand pectoral, on obtient les mêmes cellules rondes de volume inégal, en même temps que des fragments de faisceaux musculaires primitifs. Sur les sections examinées près de la surface de la poche, de la cavité anfractueuse et hémorrhagique, on trouve des vaisseaux pleins de globules rouges du sang, ou de globules blancs, et un tissu fibreux infiltré de petites cellules rondes du volume des globules blancs. Ces éléments épanchés en grand nombre écartent les faisceaux du tissu conjontif les uns contre les autres. Des vaisseaux présentent des parois embryonpaires. Plus profondément on trouve du tissu adipeux qui est également envahi par de petites cellules rondes. Ces dernières s'accumulent en grande quantité dans le tissu conjonctif, qui sépare les cellules adipeuses, elles pénètrent aussi dans la cellule adipeuse et forment dans son intérieur des nids de petites cellules qui chassent et absorbent les gouttelettes adipeuses. La plus grande accumulation des cellules rondes s’observe dans les travées du tissu conjonctif, qui séparent les groupes de cellules adipeuses. Sous les sections de certaines travées fibreuses on trouve des canaux galactophores de petit volume, et des acini glandulaires isolés ou groupés. Ces parties appartenant à la glande mammaire ne paraissent pas notablement modifiées. Certains canaux contiennent seulement un plus grand nombre de cellules qu’à l’état normal et ces cellules épithéliales sont petites.

Autour des canaux glandulaires et des acini, on constate la même accumulation de petites cellules rondes que dans le tissu conjonctif et que dans le tissu adipeux. Enfin d’autres sections ont porté sur les muscles qui étaient non seulement infiltrés par les cellules rondes, mais dont les faisceaux primitifs étaient partiellement mortifiés, en dégénérescence cireuse et avaient perdu leur striation.

… Il s’agit ici en somme d’un sarcome encéphaloïde, sarcome enflammé à évolution multiple.

O8s XV (Résumée). — Sarcome du sein. — TizLaux, Méd. moderne, 1894, 1. V, p. 1557.

Femme, 60 ans.

Antécédents. — Mère morte à 60 ans d'une maladie inconnue : père mort de tuberculose pulmonaire à peu près au méme âge. Ils avaient eu 1% enfants. Dix sœurs sont mortes en bas- âge, une sœur est morte de la poitrine à 28 ans, une autre de pneumonie à 42 ans ; celle-ci avait une tumeur du sein. Un frère vit encore et est bien portant.

La malade n’a jamais présenté rien de particulier ; toujours bonne santé. 11 y à quelques mois elle s’aperçut par hasard d’une petite tumeur au sein droit ; traitement ioduré sans effet. Enfin il y a six semaines, une poussée brusque survint qui la fit augmenter du double ; elle devint alors douloureuse.

La mamelle est volumineuse et par son poids a amené un érythème intertrigo à la peau de la partie inférieure du sein, dont la malade se plaint vivement. À la partie inférieure et interne de la mamelle, on observe une tumeur saillante faisant un fort relief sous la peau. Elle n’est point confinée dans la glande. Elle a le volume d’un poing d’adulte. Quelques veines bleuâtres parcourent la peau, celle-ci a un peu changé de couleur et est rosée.

Le mamelon est absolument normal.

Il a le même aspect, la même forme, offre la même saillie que son opposé du côté sain.

A l’œil la tumeur paraît légèrement inégale. Si on cherche les caractères de la peau à sa face profonde on observe que celle-ci est adhérente surtout en bas où existe un peu d’œdème. Or on voit que l’adhérence de Ja peau, dans les tumeurs de la mamelle Joue un rôle diagnostique et pronostique des plus importants.

Si on repousse en totalité la tumeur en haut et en dedans, on voit un pli se produire sur la peau. Mais cette adhérence à la peau ne ressemble ni à celle par bride ni à la peau d'orange. Ici la peau adhère par toute sa face profonde. Elle est collée et fusionnée avec la tumeur. C'est

ce qui arrive dans tous Jes abcès au moment où ceux-ci vont s'ouvrir au dehors. Cette adhérence se fait en surface sur toutes les parties de la peau. Cette variété tend à la perforation spontanée de la peau.

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La tumeur est fluctuante dans une grande partie de son étendue. Cette fluctuation existe surtout dans la partie inférieure, là où s'observe l’ædème. La tumeur est dure au contraire à la partie supérieure. Dans cette tumeur on observe donc deux régions, l’une fluctuante, bosselée, et un point induré et solide.

La tumeur n'offre aucune adhérence avec le muscle grand pectoral. Elle est indépendante du tissu mammaire, et appartient au groupe des tumeurs encapsulées. Je sens la tumeur basculer, mais il faut avoir quelque habitude, c'est une question de doigt. Priant un aide de fixer la glande mammaire avec la main, j'imprime des mouvements à la tumeur. Je reconnais ainsi qu’elle est mobile, se soulève alors que laide ne sent aucunement la glande se mouvoir. Entre la tumeur et la glande existe de plus une ligne de démarcation. J’estime donc que cette tumeur est encapsulée.

Il n’y à dans l’aisselle pas trace de ganglions.

L'état général est très bon; tous les viscères sont sains. A part la légère douleur, il n’y a rien de spécial à noter. :

Diagnostic. — Cette femme aurait-elle un abcès ? S’agirait-il d’une mammite chronique ? La fluctuation s’est développée rapidement, il existe un peu d'œdème, il y a une légère douleur, enfin la peau estun peu colorée dans sa partie inférieure. Mais les signes ne sont pas en rapport avec cette hypothèse. S'il s'agissait d’un abcès, on ne pourrait mobiliser la tumeur. Elle ferait corps avec le sein. Et puis cette tumeur présente des consistances très différentes, suivant les points elle est dure supérieurement. Un abcès ferait une moindre saillie sous la peau. La malade n’a pas souffert au début, elle ne souffre que depuis trois semaines. Ce ne sont ni la marche, ni les symptômes d’un abcès.

Il s’agit donc d'un néoplasme. Est-ce un cancer ? Quelle qu'en soit la nature, l’indication thérapeutique serait la même. Est-ce un épithéliome, un carcimone ou une tumeur du groupe des sarcomes ?

Il ne s’agit que d’un sarcome, un sarcome pur. On peut avoir dans l’intérieur du sein des tumeurs multiples, des adénomes, qui au bout de plusieurs années, se transformeraient en sarcome. Ce n’est pas de cela qu'il s'agit, mais d’un sarcome primitif de la glande mammaire, probablement un sarcome embryonnaire du sein. Nous en trouvons

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tous les caractères dans cette tumeur bien limitée, légèrement bosselée, fluctuante et kystique ; cystosarcome probable.

Nous avons l'intégrité de la mamelle qui constitue un signe de premier ordre comme diagnostic différentiel entre le sarcome et le cancer. Les canaux galactophores sont intacts, non attirés, et n’ont pas amené de rétraction du mamelon, comme il arrive dans le cancer. Cette femme a donc une tumeur faisant saillie au dehors, bien limitée, avec intégrité du mamelon et intégrité absolue du système ganglionnaire ; je trouve tous les caractères du sarcome. Il y a adhérence de la peau en totalité comme dans les abcès. Enfin la tumeur est indépendante de la glande. Je ne peux donc conclure à un autre diagnostic que celui du sarcome.

Sil n'y a pas d'illusion de ma part, on ne peut expliquer autrement l'absence de ganglions dans l’aisselle et la non rétraction du mamelon. Mais il reste à expliquer les sensations douloureuses et l’ædème léger. On doit poser le diagnostic de cysto-sarcome avec un peu d’inflammation à la partie inférieure.

Opération. — Ablation totale de la glande en raison de l’âge de la malade.

Ogs. XVI (Résumée). — Cysto-sarcome hématode du sein.— P. Mermer, Soc. anat., 1895, 5e série, t. IX, p. 348.

La nommée Augustine D..., âgée de 52 ans, blanchisseuse, entre le 18 octobre 189%, à l’hôpital St-Louis, salle Gosselin, n° 17, dans le service de M. Marchand, pour se faire opérer d’une volumineuse tumeur du sein droit.

Antécédents. — Pas d’antécédents cancéreux : père mort de pneumonie, mère morte à un âge très avancé. Un frère mort de tuberculose pulmonaire, une sœur morte de carcinome utérin. Pas ou presque pas d’antécédents personnels ; il y a 30 ans un enfant avec éclampsie au moment du travail ; de plus il y à 6 ans laryngite de À mois de durée. La constitution est forte ; obésité marquée.

Début. — Vers la fin de juillet 189%, la malade s’aperçut que le sein droit augmentait de volume tout en restant indolore. Le sein qui jusque-là avait été souple et ferme, présente à cette époque, au niveau de la partie externe du mamelon, une tuméfaction limitée du volume d'un œuf de poule.

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Pendant le mois d'août, la tumeur augmente progressivement et ne gêne le malade que par son poids.

Au commencement de septembre, elle acquiert tout d’un coup un volume plus considérable, à peu près celui qu’elle offre aujourd'hui et cela à l’occasion d’un traumatisme de la région mammaire droite. Ce traumatisme fut, paraît-il, assez violent puisqu'il survint quelques jours après une ecchymose dans la région atteinte.

Actuellement. — Cette femme se présente avec une tuméfaction énorme de la région mammaire.

A l'inspection, on voit que la mamelle a conservé sa forme habituelle; son volume toutefois est notablement augmenté, car elle a contrairement à la gauche, le volume d’une tête d’enfant de deux ans. La peau présente à ce niveau, etsurtout en dedans et en dehors de l’aréole, une vascularisation très accentuée. Il existe de chaque côté du mamelon un réseau. veineux sous-cutané, très développé qui s’étend jusque du côté de la région axillaire. Le mamelon est légèrement rétracté à droite.

A la palpation, on sent au niveau de la partie externe et inférieure de la région mammaire droite une induration du volume d’un gros œuf de poule, profondément située dans la région, à la face postérieure de la glande, mobile sur les parties sous-jacentes, recouverte par une portion de mamelle et la peau non adhérente. À la partie supérieure de la région, on éprouve une consistance différente ; il existe là une élasticité, une fluctuation uu peu douteuse, qui donnent l'impression d'une poche très tendue remplie d’un liquide épais. Cette poche présente à son pourtour des bosselures, des inégalités qui sont difûcilement appréciables surtout en avant et en bas, et qui tendent à se confondre avec les lobules subsistants de la glande. Il n’existe point de ganglions dans laisselle correspondante.

La tumeur n'est pas douloureuse par elle-même ; elle n’occasionne qu’une certaine gêne en raison de son volume ; elle effraye le malade plutôt par son développement rapideque par ses symptômes fonctionnels.

L'état général est bon ; pas d’amaigrissement, |

Opération. — Le diagnostic de sarcome kystique du sein est porté. L'opération est faite le 20 octobre. Ablation ; réunion par première intention.

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Examen macroscopique. — On peut considérer 3 portions à la partie enlevée :

40 La glande mammaire est repoussée en avant par la tumeur et le kyste ; elle est aplatie et étalée en forme de gâteau à la face profonde de la peau.

2° La tumeur est située à la partie externe et inférieure de la glande ; c'est elle qu'on sentait si nettement à la palpation dans le segment externe de la mamelle. Elle est du volume d’un gros œuf de poule, arrondie, sans bosselures. La surface externe est entourée en dehors d’une capsule d’enveloppe, épaisse de 2 à 3 millimètres ; en dedans et en haut au contraire cette capsule paraît rompue et envahie par le néoplasme. La coupe de la tumeur présente une coloration blanchâtre, un aspect lisse, uni, une consistance molle : le néoplasme donne en un mot l'impression typique d'une masse sarcomateuse. Le côté externe de cette masse baigne en plein kyste ; sa face antérieure se continue avec le reste de la glande mammaire; sa face postérieure répond à l’aponévrose pectorale adhérente.

3° Le kyste annexé à la tumeur présente des caractères importants. Il occupe surtout le segment supérieur de la région mammaire droite, mais s’étend sous la plus grande partie de la face profonde de la glande. Son volume est égal à celui du poing. Sa forme est à peu près sphérique ; il n’est point cloisonné. Il répond par son côté inférieur et externe à la tumeur et ses parois se continuent en ce point avec le tissu néoplasique même ; par en haut il est libre et plonge dans le tissu cellulograisseux péri-mammaire ; en arrière il répond à l’aponévrose du grand pectoral intimement adhérente à sa paroi: Son contenu, d’un demi litre, est un liquide brunâtre, poisseux, en grumeaux, analogue au liquide d’une vieille hématocèle vaginale. Les parois dont la couleur est brunrougeâtre dans les parties déclives présentent au contraire un aspect blanc-jaunâtre dans les parties supérieures ; il semble que le sang ait teinté fortement les parois au niveau des points déclives. A la partie inférieure et antérieure de la poche, la paroi est recouverte de végétations : les unes mollasses, sont brun-noirâtre et s'effritent sous le doigt ; d’autres sont plus blanches, plus résistantes, comme fibtoïdes à la coupe, criant sous le couteau ; d’autres enfin sont grisâtres et extrême-

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ment dures ; sur la surface de section on aperçoit des points en trans formation osseuse ou calcaire. Ces productions sont à la fois néoplasi- .ques et sanguines, implantées sur la face interne de la poche, font plus où moins saillie, et se pédiculisent en formant des mamelons de forme variée (sarcome végétant). À la partie supérieure et postéro-externe de la poche, la face interne de celle-ci présente un état réitculé, aréolaire ; elle est tapissée de saillies irrégulières, de brides qui ressemblent de tous points aux colonnes charnues du cœur. Ges brides, de coloration blanchâtre, à la surface lisse, commè fibreuses, sont les unes à peine saillantes à la surface de la poche ; d’autres au contraire font un relief très marqué. L’épaisseur de la paroi du kyste varie suivant les régions de quelques millimètres à À et 2 centimètres. ù

Examen histologique. — Les coupes ont porté sur les divers éléments que nous venons d'étudier macroscopiquement.

La glande mammaire paraît saine. Le tissu graisseux interstitiel de la glande est rare et remplacé par du tissu conjonctif adulte : les acini sont augmentés de nombre et dilatés au voisinage des bourgeons sarcomateux.

La masse néoplasique est constituée par du tissu sarcomateux. Nous sommes en présence, sans aucun doute, d’un adéno-sarcome, recouver et circonserit à sa partie externe par une enveloppe fibreuse résistante, colorée en jaune par le picro-carmin, diffus à sa partie interne et supérieure où il fournit les végétations intra-kystiques. Ces cellules constituantes n'appartiennent pas à un type histololique unique; elles sont les unes fusiformes, les autres arrondies. Dans l’épaisseur du néoplasme ces cellules ne paraissent pas avoir subi d’altérations régressives ; au contraire au voisinage du kyste ces cellules sont infiltrées par le pigment sanguin, et leur surcharge est d'autant plus grande qu’on considère des cellules plus rapprochées de la surface du kyste. Çà et là on voit sur les coupes de larges sinus béants, sans parois propres, bourrés de globules rouges.

La paroi du kyste varie suivant les points considérés. Des coupes intéressant les parties supérieures de la poche, là où la paroi présente un aspect réliculé, sans végétations, nous ont montré que cette paroi était formée uniquement de tissu conjonctif. Les fibres conjonctives

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