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comme turgescente à chaque époque menstruelle. Mais depuis le 22 août dernier, le sein a doublé de volume.
A son entrée à l'hôpital, on constate que la mamelle malade à atteint les dimensions d’une tête de fœtus, et qu'elle a un volume double de celle du côté opposé. La surface offre de nombreuses bosselures de grosseur et de consistance très inégale. Les plus petits sont d’une dureté presque calcaire ; les plus volumineuses au nombre de trois présentent une fluctuation des plus manifestes. La peau, qui a conservé son aspect normal, est parcourue par quelques veines légèrement dilatées et sinueuses.
Elle est mobile sur la tumeur qui l’est elle-même sur les parties profondes. La glande paraît envahie dans sa totalité, et en dehors des bosselures présente une consistance élastique. Absence presque complète de troubles fonctionnels. Le sein peu douloureux à la pression, ne l'est spontanément qu'à l’époque des règles, où la malade ressent des élancements. La pression du mamelon ne fait suinter aucun liquide du côté malade, tandis qu'elle détermine à droite l’écoulement de quelques gouttes d’une sérosité noirâtre. [l n’existe aucun engorgement ganglionnaire.
La malade est opérée le 9 octobre : on pratique une longue incision légèrement curviligne passant au-dessous du mamelon ; la peau est disséquée avec facilité, et la tumeur est détachée facilement des parties profondes. Réunion.
Examen de la tumeur. — La glande est envahie dans sa totalité, et l'affection y est complétement localisée. Au niveau du point correspondant au mamelon, on distingue des canaux galactophores dilatés. Une bougie très fine engagée dans leur orifice, rampe à la surface des larges dilatations kystiques qui les avoisinent, mais se trouve bientôt arrêtée, Une coupe pratiquée vers le milieu de la tumeur, et sur le trajet du plus volumineux de ces kystes, donne issue à environ deux cuillerées à bouche d’un liquide jaunâtre. On arrive ainsi dans une cavité, que sillonnent des brides nombreuses qui la divisent en trois loges principales. La teinte générale du kyste est d'un blane grisâtre qui tranche nettement sur la coloration rosée et presque normale de la glande qu'il entoure. À ses parois sont appendues des franges chargées de nombreux
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grains très variables dans leur volume et leur coloration. Les uns petits et sessibles, les autres volumineux et longuement pédiculés. Leur teinte varie du jaune le plus päle jusqu’au carmin le plus foncé.
Le kyste parait d'abord s'arrêter à peu de distance du mamelon, mais en lexplorant attentivement en divers sens on finit par découvrir, caché au milieu de ces villosités, un passage qui permet d'arriver jusqu’à la périphérie de la glande.
La coupe présente donc trois aspects différents. A la périphérie de la glande, un tissu tout à fait analogue à celui de la mamelle. A la partie moyenne existent des dilatations kystiquès, enfin, dans les portions centrales, les végétations polypeuses. Ces trois zones si différentes déjà par leur aspect extérieur, le sont encore davantage par leur structure anatomique. En dehors se trouve le tissu glandulaire dont les culs-desac ont beaucoup augmenté de volume, en même temps que l’atmosphère celluleuse interposée aux acini a subi de nombreuses modifications. On y trouve par places et inégalement distribués du tissu fibreux, du tissu muqueux et de nombreux éléments embryonnaires. C’est donc à la fois suivant les points où on l’examine, un fibrome, un sarcome ou un myxome. Mais on y rencontre surtout des cellules étoilées et nulle part on ne trouve une vascularisation abondante.
Os. IV (Résumée). — Sarcome kystique ulcéré de la mamelle avec dégénérescence muqueuse du tissu. — Lapsé er Covne, Traité des tumeurs bénignes du sein, 1876, p. 310.
Femme de la clientèle de Gosselin.
Antécédents. — Début de la tumeur il y a 14 ans. A cette époque la malade vit apparaître, vers la partie inférieure et externe de la mamelle une petite grosseur lobulée du volume d’une noisette. L’affection resta stationnaire pendant 6 ans ; pas d’écoulememt par le mamelon. À ce moment elle grossit peu à peu, et quatre ans plus tard elle acquit les dimensions du poing. Du reste elle était toujours indolente, et augmentait d'une façon insensible. Dans les trois dernières années elle s’était accrue notablement, et il y a six mois elle était aussi grosse que les deux poings réunis, lorsqu'elle subit dans son évolution une poussée rapide.
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En quelques semaines, elle se développa outre mesure, devint douloureuse, puis finalement s’ulcéra un peu en dehors du mamelon, en donnant lieu à une tumeur fougueuse bourgeonnante de mauvaise apparence.
Un mois auparavant Gosselin, constatant sur quelques points de la fluctuation, avait donné un coup de trocart dans la tumeur et retiré un litre de liquide séreux. Ce liquide n’avait pas tardé à se reproduire.
Absence d’adénite axillaire.
Opération. — Enucléation totale de la tumeur. Il s’est échappé environ un litre de liquide séreux au moment de la section du kyste principal.
Examen de la pièce. — Sur une coupe à l'œil nu on peut distinguer trois substances spéciales : ici ce sont des ilots blanchätres translucides ; là c’est un tissu mou comme gélatineux ; enfin sur d’autres points
on trouve des amas pulpeux et lardacés irrégulièrement distribués.
Les premiers répondent à des culs-de-sac glandulaires hypertrophiés entourés de cellules embryonnaires et de tissu sarcomatenx. Les portions molles sont constituées par du myxome vrai.
Dans cette tumeur il existait des grandes cavités kystiques, avec d'énormes végétations intérieures et des ponts formés par le tissu morbide allant d’un point à l’autre, de telle sorte que tout l’intérieur de la tumeur était parcouru par une sorte de vaste système laçunaire, offrant par places des dilatations plus où moins marquées ; une de ces dilatations contenait une quantité assez considérable de liquide.
Examen microscopique. — Dans les portions qui forment Les parois des lacunes, on trouvait deux points dont l'aspect était assez différent. Dans l’un, la surface de section, assez lisse et d’aspect uniforme, était interrompue par places par des cavités kystiques avec végétations intérieures.
Dans l’autre, au contraire, la surface de la coupe présentait comme une sorte de membrane à dessins assez réguliers, et dont la couleur opaque et la forme contournée tranchaient sur les parties interposées. Ces différences extérieures correspondaient à des différences assez notables dans la disposition de Paltération glandulaire,
Dans les deux régions, le Lissu interposé aux acini est formée par
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des éléments fusiformes arrondis, des éléments fibro-plastiques : dans la deuxième, l'altération est à son début, les territoires interposés aux parties glandulaires sont peu étendues, tandis que dans la première, l’altération est tellement avancée que les éléments glandulaires sont très écartés les uns des autres.
Dans la région où l'altération est à son premier degré, les éléments fibro-plastiques sont le plus souvent disposés concentriquement à l6lément glandulaire, et forment comme une sorte de tourbillon autour de lui; mais ils sont encore peu accumulés, peu pressés les uns contre les autres. L'élément glandulaire est agrandi et dilaté, de telle sorte que sa cavité est très visible, et a doublé ou triplé de volume. La membrane limitante à subi peu d’altérations ; l’épithélium intérieur est quadrangulaire et présente des signes d’irritation ; cependant dans le centre des cavités déformées, agrandies, allongées, on retrouve quelques cellules épithéliales desquamées.
Dans la deuxième zone où l’altération est plus avancée les éléments fibro-plastiques sont accumulés les uns contre les autres, et donnent au tissu une certaine opacité ; ils sont paralièles entre eux et forment sur la surface de la coupe des faisceaux remarquables par leur aspect ; en certains endroits on retrouve des points où existent encore des des îlots de tissu conjonctif fasciculé, mais qui commencent à être envahis par laltération sarcomateuse. On voit que cette altération part des cellules plates interposées entre les faisceaux conjonctifs ; ces cellules s’allongent, deviennent fusiformes, se segmentent, prolifèrent et forment à un premier degré des sortes de nids de cellules fusiformes placées entre les faisceaux. À un degré plus avancé de la lésion, la substance des faisceaux disparait et les éléments fibro-plastiques se placent presque au contact les uns des autres, séparés par une sorte de réticulu grêle, vestige de l’ancienne charpente des faisceaux.
Les éléments glandulaires, très éloignés les uns des autres, donnent naissance à d'immenses lacunes dont quelques-unes contiennent des végétations intérieures à pédicule très large.
La membrane limitante y est un peu plus accusée que dans les points de la tumeur où l’altération est à son début, mais l’épithélium est très peu modifié ; il est quadrangulaire et forme une seule couche appliquée sur la face interne de la membrane limitante.