‹ Contribution à l'étude des Sarcomes primitifs de la Synoviale du GenouChapitre 11 sur 18 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Sarcome synovial à cellules géantes) Personnelle 1927-1928

Le 9 novembre 1927 entrait salle 4, dans lé service de Clinique Chirurgicale, au lit 5, uné femme de 33 ans, célibatairé, appartenant à une famille de 8 enfants dont 3 étaient morts (un frère à l’âge de 6 semaines, un autre lors d’une crise d'épilepsie, une sœur enfin morte à 23 ans d’embolie pendant ses suites de couches).

Pour être complet nous deyons signaler que son père était mort à 78 ans de hernie étranglée, et que sa mère vivait encore, âgée de 77 ans, très bien ei Elle-même n'avait jafais été malade. à

“Avec de tels: antécédents. héréditaires et personnels, nous | ‘ étions surpris de nous trouver en présence d'une malade au genou, globuleux, en demi-flexion, qui par son aspect semblait : déjà suggestif. Cependant nous questionnons la malade sur la date d'apparition des premiers symptômes et sur l’évolution de son affection.

Vers la fin de juillet 1927, la malade se promenait à bicyclette le long d’un chemin difficile. La déclivité un peu rapide d’une pente entraîna la machine. Les freins ne fonction nèrent pas, et, dans son accélération, la bicyclette franchissant brutalement un ravinement de la route, la malade fut projetée en avant de sa ‘selle et voulut poser pied à terre. Elle toucha le sol du pied droit. Le choc se transmit violemment au genou du même côté, par l'intermédiaire des deux os de la jambe

I HHONVTId

és 6

di0g

uère.

RÉAL A peuvent être

minuées p

ar une.

2h D OVER

dans le service de Clinique Énirératoate (D: deu où il nous élait permis de l’examiner. REP EN sr he

La tumeur blanche paraît évidente‘'dans un Prémiér ‘examen. Le genou est globuleux, dur, un pèu douloureux!àJa pression : il n’est: pas fluctuant, on n’a: même pas la sensation de liquide sous tension, il semble qu'on ‘palpe un genou complèlement rempli d’un bloc de fongosités ‘très compact qui lui donne sa consistance ferme. Le cul-de-sac sous-quadricirital. est ‘nettement envahi. La rotule sernble repoussée ‘en avant et en bas, elle est bloquée, ‘complètement immobile. Le choc rotulien n'existe pas et ne peut d’ailleurs ‘être recherché, car la rotule, fortement propulsée én avant ne se laisse pas refouler sous l'impulsion ‘du doigt. Dans cette manœuvre on n'arrive pas à vider le eul-de-sac sous-quadricipital, et on pense qu'il ‘est bourré de fongosités. Les mouvements de flexion gardent cependant une certaine amplitude. ‘Nous ‘remarquons, sans nous expliquer ce fait, que dès la pointe dé la rotule, le relief globuleux du genou s’affaisse brusquement, presque en coup de hache, à peu près au niveau de l’interligne, un peu en-dessous, comme dans une luxation en arrière du genou. Le genou est chaud, un peu douloureux à la palpation, surtout au niveau du condyle*externe. 11 est en demi-flexion, bloqué dans les mouvements d'extension, avec üne très faible. limitation des mouvements de flexion. 4

Bref, impotence fonctionnelle partielle, subluxation postérieure légère, pas de signes d'épanchement: Le: quadriceps a subi une atrophie musculaire manifeste. Les ganglions iliaques externes ne sont même pas perceptibles.

Examinant les radiographies nous constatons : que les extrémités osseuses sont en contact régulier et de surface normale, incomplètemeni indemnes cependant (lésions des condyles et de la rotule minimes). Pas de pincement articulaire : mais des opacités floconneuses qui “font pensér à des Mn Rotule abaiïssée.

î on nan ée.; ur. r atelle de .. ;

Lara

ei ne és. au sixième. Le visie semblait 4 guérir par première in-

Ph 4 L : f à RS ie ce È (AE tention. ns Se RE ra date Pi RU ne en EAST AM ER . Dow ours» après, è au niveau du. fai externe, on: vil a PA SE 2 4 } P.

Œ = ei Pi # à

Re 6 re

tiers moyen, le refus-de la malade fut définitif, Le 30 janvier, la malade marquait 39°4 de température axillairé, 4o°2 le lendemain matin : elle fit de violents frissons, en 8 jours la température redescendait à 38°, à ce moment on percevait à l’aine droite de nombreux petits ganglions durs et mobiles.

Pendant ce temps le genou redevenait globuleux, la petite masse polypoïde apparue au niveau du drain externe s'ulcérait de plus en plus et mesurait quatre centirnètres de diarnètre le 19 février 1928, Elle présentait un rébord arrondi ét, surélevé rouge, et un centré cratériformé donnant is$ue à une masse sanieuse grisâtre, friable et éminemment saignante.

A partir de ce moment la malade fit des hémorragies très

: abondantes et rebelles qui résistaient à l’anthéma. Nous en eû-

mes raison par des cautérisations légères au crayon de nitrate d'argent, et, à plusieurs reprises, seulement par des ligatures ou : par l'application de pinces de Kocher à à demeure. La situation devenait de jour en jour plus tragique. La propagation se. faisait successivement aux ganglions para- -ombilicaux, Une mas-. se sarcomateuse se forma dans le sein droit, puis une autre dans l’aisselle. Deux’ autres tumeurs, . vraisemblablement de même nature, se développaient : l’une au menton à droite, l’autre sur le masséter du même côté. - é

Quand la malade quittait l’'Hôtel- Diet, elle venait d’avoir dans la semaine, plusieurs crises de dyspnée et de suffocation qui nous avaient porté à penser que la propagation s’étendait jusqu'au médiastin. La malade n’était plus transportable ; c’est pourquoi nous ne songeâmes pas à la conduire sous un écran radiographique.

: Elle quitta cependant la salle 2h le 25 mars 1938, et fut transportée à à son domicile par la voiture des Prompts- Secours. Un mois après, son décès nous était confirmé.

Eliminant les observations de R. Weir, Annandale, qui on trait à la forme de sarcomes pédiculés, celles de Howard

Marsh, Kri üger, Turner, Hannemüller, Moser qui traitent des tumeurs localisées, nous nous bornerons à ne publier, des observations déjà rassemblées par Lejars en rgro, que celles qui traitent de néoplasies diffuses. Aucun cas n’a été signalé depuis. Mais nous faisons remarquer la diversité des types histologiques de ces différents cas. Tantôt il s'agissait d’un fibro-sarcome, tantôt d'une forme très vasculaire, de sarcome globo et fuso-cellulaire, myxosarcome, enfin liposarcome (Auyray). Sauf dans ce dernier cas, dans toutes ces variétés histologiques, la jointure est prise en totalité par une tumeur conjonctive, l’arthrite néoplasique est diffuse.

Page 1