PONS
Grands mononucléaires 4
Moyens mononucléaires 7 à soit 149 Lymphocytes 7 Cellules de Turck 1 Le 31 mai. — L'état est stationnaire, toujours grave. Les
foyers pulmonaires persistent avec de gros frottements aux deux bases ; en avant il existe des frottements moins intenses dans la région précardiaque.
On trouve à la pointe du cœur un soufle systolique d’insuffisance mitrale, mais il subit des variations d'intensité et il est difficile à ce moment de se prononcer sur sa valeur.
Dans les urines, dans le culot de centrifugations, on trouve de nombreuses cellules rénales, quelques globules de pus et des cocci en grappes très nombreux que les cultures permettent d’identifier staphylocoques dorés.
On commence à ce jour une série d’autovaccins.
Le 2 juin. — L’état du malade restant sévère, on décide de faire une immunotransfusion, et notre malade reçoit 150 cc. de sang d’un sujet précédemment guéri de septicémie à staphylocoques (malade de notre observation II).
L’injection est poussée lentement à la seringue de Jubé et n’est suivie d’aucune réaction.
Le 13 juin. — Depuis deux à trois jours la température semble baisser ; elle ne dépasse plus 3904 le soir, mais le malade est encore pâle, prostré, avec très mauvais état général.
Les foyers pulmonaires persistent aux deux bases surtout à gauche. Une ponction pleurale gauche ramène 180cc. de liquide hémorragique, donnant la formule suivante :
Polynucléaires 69 % Lymphocytes 31 %
On ne voit pas de germes à l’examen direct mais les cultures donnent de rares colonies de staphylocoques dorés.
Le 15 juin. — Une nouvelle immunotransfusion de 150 cc. est faite avec la même technique. Le soir la température monte à 3904 mais pas de signes de choc.
Les jours suivants. — La température baisse progressivement et ne dépasse plus 3895 à partir du:
20 juin. — Une hémoculture est alors pratiquée ; elle reste
négative. Les foyers pulmonaires persistent néanmoins aux deux bases.
Dans les urines après centrifugation on trouve un léger dépôt
Ve
purulent avec nombreux globules de pus et très nombreux amas de staphylocoques donnant des cultures dorées.
L’élimination uréique semble néanmoins bonne car un dosage d’urée sanguine donne 0 gr. 23 d’urée par litre.
A partir du 1° juillet, la température reste normale sans dépasser 3704 le soir. L'état général s’améliore progressivement ; toutefois, on note la persistance des lésions pulmonaïires : à droite, frottements pleuraux à la base ; à gauche on a tous les signes d’un épanchement de moyenne abondance avec matité, diminution du murmure vésiculaire et petit soufle pleurétique.
Le 19 juillet. — Un examen radioscopique et une radiographie pulmonaire sont faits et l’on peut remarquer : au niveau du poumon droit, il existe dans la région parashilaire du deuxième espace une opacité arrondie à bords flous et à centre légèrement plus clair que la périphérie. Le sommet et le sinus costodiaphragmatique droïts sont clairs.
Le poumon gauche dans toute sa base est le siège d’une opacité en nappe bloquant le sinus.
Le 21 juillet. — Après deux mois de séjour, le malade quitte l'hôpital avec un bon état général. La température est normale. Les urines ne contiennent plus d’albumine.
Maïs le foyer pulmonaire persiste encore: néanmoins le malade ne tousse plus et ne crache plus.
Le 18 septembre 1934 on revoit le malade. — Il raconte que trois semaines après sa sortie il a toussé pendant un jour ou deux mais sans cracher.
Actuellement il ne présente pas de température ; aucun signe fonctionnel pulmonaire ; l’état général est excellent ; la sujet a pris 8 kilogs depuis sa sortie de l’hôpital.
L'examen clinique est entièrement négatif sauf un peu d’obscurité respiratoire à la base gauche.
Les urines sont claires, pas d’albumine.
Un examen radiologique pulmonaire, radioscopie et radiographie, est pratiqué et montre : à droite, aspect normal; à gauche, il existe au niveau du 1/3 inférieur du champ pulmonaire une opacité en nappe, assez dense et homogène, de forme vaguement triangulaire à sommet interne. La base est bien transparente. Le sinus est obscur. Le diaphragme horizontal, bien mobile, mais fixé dans sa partie externe à la paroi costale.
AS
Nous avons revu le 5 juin 1935 ce jeune homme. Son état général était parfait et l’examen clinique entièrement négatif. L'examen radioscopique de ses poumons les montra absolument normaux.
En résumé: il s’agit d’une septicémie à staphylocoques survenue à la suite d’une plaie infectée du talon gauche.
L'affection s’est traduite par un état général très grave au début et des localisations à la fois rénales, comme en témoignent plusieurs examens d’urines contenant du staphylocoque et surtout, pulmonaires prépondérantes, avec épanchement pleural contenant du staphylocoque. Ces manifestations pulmonaires ayant duré plus de cinq mois.
Une hémoculture a été positive le 26 mai et une seconde négative le 20 juin.
Le traitement a consisté en 20 injections d’autovaccins du 1€7 juin au 4 août, 21 injections du 31 mai au 4 juillet alternées du 4 au 13 juin avec des injections intraveineuses de sulfate de cuivre à 1 /200; 2 immunotransfusions de 150 cc. ont été pratiquées le 2 juin et le 15 juin.
OBSERVATION V (personnelle),
Septicémie à staphylocoque doré ayant évolué en douze jours vers la mort avec ictère, parotidites, lésions pulmonaires, rénales et ostéoarticulaires.
Il s’agit d’un homme, M. P.., âgé de 55 ans, entré à l'hôpital Saint-Joseph, le 3 février 1935, dans le service d’Urologie pour rétrécissement urétral dû à une blennoragie ancienne remontant à l’âge de 33 ans, soignée sans lavages par de sim-
BRNE TR
ples pansements externes à l’eau blanche. L’écoulement urétral avait disparu, mais une goutte matinale persistait. Depuis plusieurs années le malade urinait de plus en plus difficilement, aussi décida-t-il de se faire soigner.
Jamais ses urines n’ont été analysées et nous n’avons retrouvé aucun antécédent de furonculose chez lui.
Dès son entrée, plusieurs tentatives de sondage sont faites, mais elles restent infructueuses ; même une sonde filiforme ne peut passer; aussi décide-t-on d’intervenir au béniqué tranchant mais :
Le 14 février. — Le malade ayant 37°6 on décide d’attendre quelques jours car le malade peut uriner un peu seul.
Un B. W. dans le sang est fait : il est ultra positif.
Le 17 février. — La température monte à 400.
Le 18 février. — Apparition d’une violente douleur dans l'épaule gauche empêchant tout mouvement au malade. Le 19 février. — La température monte à 4006 en même
temps que une douleur violente survenait dans la région du coude droit.
Les jours suivants, la température se maïntient en plateau à 4006.
Le 21 février. — Nous nous trouvons en présence d’un malade ayant un bon état général, plethorique et euphorique, sans grands frissons.
Le malade souffre beaucoup de son épaule gauche. Quelques mouvements passifs sont possibles, mais douloureux, mais pas d’œdème, ni rougeur de la peau visible.
Au niveau du coude droit le malade se plaint également de douleurs dans les mouvements qui sont limités. Pas d’œdème localement.
Les poumons sont normaux.
Le foie est cirrhotique, dur, déborde les fausses côtes de trois travers de doigt et mesure 12 cm. sur la ligne mamelonnaire.
Une hémoculture est pratiquée.
On commence des injections intra-veineuse de salicylate de soude.
Le 23 février, nous revoyons le malade. — L'état général est toujours excellent, mais la température est à plus de 40°. Le malade est passé en médecine générale au Pavillon Armand Heine.