‹ Contribution à l'étude des Septicémies à StaphylocoquesChapitre 32 sur 41 · FORMES PLUS RARES · texte numérisé non relu

FORMES PLUS RARES

Arloing, Dufourt et Langeron distinguent les formes suraiguës, les formes éphémères et les formes chroniques.

Formes suraiguës.

Elles évoluent extrêmement rapidement et l'organisme sidéré par cette toxémie n’a pas le temps de réagir ; à l’autopsie on trouve des lésions de dégénérescence et de congestion banale.

Formes éphémères.

Ce sont des trouvailles d’hémoculture au cours d’un état infectieux. Il s’agit peut-être plutôt d’une bactériémie, que d’une septicémie.

Formes chroniques.

Elles présenteraient pour Arloing, Dufourt et Langeron une fréquence de 8 à 9 %,. Signalées depuis longtemps elles ont été reprises dernièrement par P. Oury et L. Le Bars qui en ont présenté plusieurs observations. La plupart des formes chroniques ne se distinguent d’ailleurs des formes aiguës que par leur évolution prolongée ; aussi les localisations ont-elles le temps d’évoluer et sont nombreuses. Cependant il faut signaler la fréquence des lésions cutanées et ostéo-articulaires dans ces cas.

La prédominance de ces lésions a fait décrire des formes cutanées et surtout des formes articulaires ; et lorsque les lésions restent au stade inflammatoire, l’évolution par poussées successives réalise un pseudo-rhumatisme infectieux.

Certains auteurs (Etienne) ont décrit une forme sans localisation apparente. Elle semble exceptionnelle.

L'évolution se fait par poussées; chaque poussée étant une phase aiguë, greffée sur un fond chronique ; parfois même les poussées de température succédant à des périodes d’apyrexie complète, on a décrit une forme chronique intermittente par analogie aux septicémies à méningocoques ou à gonocoques, donnant de véritables accès palustres; quant à la répétition des abcès, elle va de 24 heures à 8 ou 10 jours.

La guérison semble plus fréquente que dans les formes aiguës, mais elle dépend, et des localisations viscérales profondes, et de la cachexie extrême où tombent les malades.

Nous terminerons l'étude des formes cliniques des septicémies à staphylocoque, en signalant quelques particularités, suivant l’âge, l’association à d’autres infections et suivant la nature du germe infectant.

Arloing, Dufourt et Langeron signalent trois types schématiques suivant l’âge :

Chez l’adulte, prédominance des lésions viscérales.

Chez l’adolescent, prédominance des lésions osseuses.

Chez l'enfant, prédominance des lésions cutanées.

Les lésions cutanées, fort bien étudiées par Hutinel et Labbé, sont très variées, allant des abcès superficiels ou profonds, à la lymphangite pseudo-érysipélateuse et à la gangrène infectieuse disséminée de la peau.

Les staphylococcies peuvent s'associer à des streptococcies ou des maladies infectieuses banales : varicelle, coqueluche, etc.; signalons cependant deux cas plus fréquents : la grippe et la fièvre typhoïde dont les

Né. DA

grandes oscillations thermiques des rechutes sont souvent dues à des infections surajoutées et en particulier le staphylocoque.

Enfin, on a voulu individualiser des formes bactériologiques de septicémies à staphylocoques dorés ou blancs; en réalité, surtout, lorsqu'il s’agit de staphylocoques blancs, on devra suspecter une infection accidentelle de l’hémoculture. Dans toutes nos observations, nous avons trouvé du staphylocoque doré. D’ailleurs, il est admis aujourd’hui que l'espèce est une (Rodet-J. Courmont et Netter), le pouvoir chromogène ne constituant pas un caractère fixe. Il existe un staphylocoque aureus avec les variétés citreus et albus, qu’expérimentalement, on peut transformer en faisant varier la température, la réaction et la composition du milieu de culture (Nicolle).

Nous avons terminé l’étude des principales formes cliniques des septicémies à. staphylocoques; il nous reste à savoir ce qu'il faut en penser au point de vue anatomopathologique, diagnostic, pronostic, et thérapeutique.

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