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OBsERVATION III (personnelle).
Seiatique droite ancienne (vingt ans).
Salle Saint -Augustin n° 2 (service de M. Bondet.) Réactions prises par M. Roque et par nous. Mars 1893.
G,.., cinquante-trois ans, manouvrier. Entré le 1°" mars 1894.
Bonne santé antérieure. Etat général actuel satisfaisant.
A vu débuter sa sciatique du côté droit il y a une vingtaine d'années. On le soumit à cette époque à un traitement hydrothérapique (douches) qui parut amener une amélioration sensible au bout de quelques semaines. Cependant cette première atteinte ne paraît pas avoir été bien grave puisque le malade n’interrompit pas ses occupations habituelles ; il allait tous les deux jours à l'hôpital prendre sa douche.
Pendant un temps considérable, tout phénomène douloureux disparut et le malade put se croire définitivement guéri. Ce n’est que dix sept ans plus tard, en effet, qu'ilest repris brusquement du même côté que la première fois de douleurs très vives qui le forcent à s’aliter. Le malade se rappelle qu’il éprouvait tout le long de la cuisse et particulièrement au niveau de la fesse des élancements violents qui s’exagéraient, dit-il, quand « il étendait la jambe dans sont lit ».
En cinq ou six semaines cette nouvelle atteinte cède, mais à l'inverse de la première fois, le malade conserve toujours de ce côté une sensibilité spéciale et une faiblesse notable du membre. Le travail et la marche provoquent une douleur sourde dans la jambe etla cuisse droites et la fatigue est rapide de ce côté. C’est surtout le soir, après le travail de la journée que le malade constate cet état de choses, il ressent de temps à autre des fourmillements dans tout le membre droit ainsi que des sensations de raideur et d’engourdissement.
Il y a trois semaines, nouvelle poussée paroxystique, nouvelle interruption dans les occupations habituelles, le malade entre à l'hôpital.
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Symptômes actuels. — Points douloureux de Valleix. Signes de Lasègue et de Bonnet. Abaissement du pli fessier d’un centimètre environ. L’attitude n’est pas sensiblement modifiée dans la station debout ni dans la marche. Aplatissement de la face externe de la fesse droite. Mensuration de la cuisse à 20 centimètres du bec supérieur de la rotule.
Côté sain 46 centimètres.
Côté malade 45 centimètres.
L’atrophie est donc légère. Elle est nulle à la jambe,
Elle aurait été, au dire du malade, beaucoup plus considérable.
Réactions prises dans le muscle fessier, au niveau du point d'émergence du sciatique, le 9 mars.
Côté droit (malade) Coté gauche (sain) A 11 centimètres, Rien Contraction légère A 10 1/2 — Rien L Contraction forte A 10 — Contraction Contraction très forte légère
Dans ce cas, l'exploration électrique permet de confirmer le diagnostic que les autres signes objectifs (atro phie et abaissement du pli fessier) permettaient déja d'affirmer.
Ces recherches ont été faites le 9 mars par M. Roque; le jour où le malade sortit de l'hôpital le 31 mars, nous avons renouvelé cette exploration et nous avons constaté ensemble que l’état de la contractilité ne s'était pas modifié. Voici d’ailleurs les résultats que nous avons
obtenus.
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Coté droit (malade) Coté gauche (sain) A 12 centimètres, Rien Contraction très légère RIT — Rien Contraction légère À 10 — Contraction très Contraction forte légère A 9 — Contraction Contraction très légère forte
Ainsi, plus de vingt jours après la première exploration, l’état de la contractilité n’a subi aucun changement malgré une améliorafion fontionnelle considérable, la disparition presque totale de la douleur et la possibilité de marcher et de travailler. Nous insistons sur ce fait de la persistance très longrie des troubles de la contractilité, parce que nous l’avons plusieurs fois observé, et, dans un cas, plusieurs années après la disparition des accidents aigus. Nous rappellerons d’ailleurs cette particularité à la suite de l’observation VIII.
OBSERVATION IV (personnelle).
Sciatique droite ancienne (un an).
Salle Sainte-Hlisabeth, lit 49 (service de M. Lépine.) -. G..., Cl..., dix-huit ans, mécanicien.
Bons antécédents héréditaires. Pes de maladie antérieure,
Il y a un an, douleur à la fesse droite; cette douleur, d’abord vague et diffuse, aurait été peu à peu en s’exagérant. Le malade n’interrompt pas son travail. Le soir, la douleur est plus vive; le matin, le repos du lit l’a fait disparaître. Le malade ne rattache à aucune cause probable l'apparition de cette douleur,
La marche de l'affection a été très lente, puisque jusqu’au 12 mars 1894, le malade n’a jamais été obligé de s'arrêter et que le début des symptômes douloureux remonte au mois d’avril 1893. Toutefois, au mois de décembre 1893, la douleur avait brusquement augmenté et le malade, que la durée de son affection inquiétait, avait suivi un traitement révulsif.
Symptômes actuels. — Abaissemert du pli fessier à droite, de 1 centimètre environ, dédoublement de ce pli et sillon cutané supplémentaire marquant la limite première du pli fessier de ce côté. Attitude légèrement hanchée du côté opposé à la sciatique. Plis dans l’espace costo-iliaque gauche ; l’incurvation latérale de la colonne vertébrale à gauche n’est cependant pas apparente. Les épaules sont sur le même plan horizontal, la tête est dans la rectitude. Pas de boiterie appréciable, le temps de la foulée du pied droit sur le sol parait plus court que pour le pied gauche. Le malade souffre en marchant. |
Signes de Lasègue et de Bonnet. Pas d’atrophie de la cuisse. Aplatissement transversal de la fesse droite. Point douloureux sciatique. Trajet crural à peu près indolent. Mouvements articulaires normaux.
RÉACTIONS FARADIQUES
Dans le grand fessier, au niveau de l'émergence du sciatique.
Côté droit (malade). Côté gauche (sain).
A 11 1/2 centimètres, Rien. Contraction légère. Al — Rien, Contraction forte.
A 10 1/2 — Contraction Contraction très forte. légère.
A 10 —— Contraction forte. Actionsréflexessurles
muscles voisins.
Au tiers supérieur de la cuisse (région postérieure), l'état de la contractilité est le même des deux côtés, il en est de même dans les muscles de la jambe, il semble donc,
par dans ce cas que la lésion nerveuse porte sur les extrémités des branches qui se distribuent aux muscles fessiers. Le malade n’a d’ailleurs jamais souffert dans la partie inférieure de la cuisse.
OBsERVATION V (personnelle).
Sciatique droite récente (quinze jours).
Salle Saint-Auguitin, n° 23, service de M. Bondet. Recherches électriques par M. Roque.
B..., J..., mineur, quarante-cinq ans.
Syphilis il y a vingt ans. Pas d'autre maladie avant ; a eu des manifestations syphilitiques diverses : chancre, éruption secondaire, céphalées, etc.; tout a disparu aujourd'hui et on ne trouve pas de trace de syphilis tertiaire.
Début brusque le 10 mars au soir ; il y a donc quinze jours. Le malade ressentit une douleur violente et subite dans la fesse droite, en un point qu’il indique nettement et qui correspond au point d’émergence du sciatique. La douleur s’étend rapidement à toute la partie postérieure de la cuisse et de la jambe; et pendant la nuit, le malade éprouve au niveau du mollet des élancements très douloureux. Le lendemain, il ne peut ni marcher, ni se lever. Te sommeil est impossible et le malade reste quatre jours sans prendre aucun repos. Le 14, il veut se lever, il éprouve alors dans toute la cuisse, la fesse et la région sacro-lombaire des douleurs insupportables.
Symptômes actuels. — Couché, la jambe droite est en demiflexion sur la cuisse et la cuisse est légèrement fléchie sur le bassin, c’est la position que le malade prend naturellement pour éviter la douleur. Au niveau des articulations du genou et de la hanche, l'extension provoquée est douloureuse et détermine des é'ancements qui s’irradient à la région postérieure de la cuisse et de la jambe.
Signes de Lasègue et de Bonnet. Rien d’articulaire.
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Point douloureux sciatique, poplité et péronier.
Sciatique douloureux dans tout son trajet.
Dans la station debout, le pied droit porte sur le sol par son extrémité métatarsienne, le talon est soulevé, la jambe est en flexion légère sur la cuisse. Le bassin est incliné transversalement du côté malade, l'attitude est hanchée à gauche,
Pendant la marche, le pied droit rase le sol, la pointe du pied inclinée en avant; le membre inférieur se déplace en bloc, les mouvements articulaires du genou et de la hanche sont limités ; le membre est porté en avant sensiblement fléchi,
Le malade, les talons réunis, les pieds en équerre, ne peut se baisser sans fléchir les genoux et s'appuyer d’une main sur le membre sain.
Abaissement notable du pli fessier (1 centimètre 1/2).
Plis dans l’espace costo-iliaque gauche, très visibles dans Ja station debout. Aucune ride des téguments sur l’espace costoiliaque droit.
Fesse droite aplatie transversalement. Pas d’atrophie de la cuisse. Pas de courbure de la colonne vertébrale. Épaule gauche légèrement abaissée. Pas de fièvre. Excellent état général.
RÉACTIONS FARADIQUES
Au niveau de l'émergence :
Côté droit (malade). Coté gauche (sain).
A 11 centimètres, Rien. Contraction légère.
A 10 — Contraction très légère. Contraction forte. A 9 — Contraction forte. Contraction très forte.
Au tiers supérieur de la cuisse, en arrière, en deux points symétriques du même muscle symétrique.
Côté malade. Côté sain.
A 11 centimètres, Rien. Contraction légère.
À 10 1/2 — Rien. Contraction forte.
A 40 — Contraction légère. Contraction très intense
née
L’expérience renouvelée deux jours de suite nous a donné exactement les mêmes résultats.
Avecles courants continus nous avons obtenu le résultat suivant :
Au point d’émergence :
Côté malade. Côté sain. Contraction nette avec 2 élé- Contraction nette avec 4 éléments. ments.
Contraction très forte avec Rien avec 2 éléments.
4 éléments.
La contraction est plus nette à la fermeture du cou-rant au pôle positif qu’au pôle négatif.
I n’y a donc pas d’altération qualitative de la contractilité (le courant ascendant étant celui qui agit le plus énergiquement sur les nerfs moteurs).
Cette observalion nous paraît particulièrement intéressante. Elle montre que les altérations nerveuses sont pré coces, qu’elles ne sont pas comme on pourrait le croire corrélatives de l’atrophie, qu’elles précèdent et qu’elles dominent. L’étiologie de la sciatique, bien qu’elle puisse paraître suspecte en raison d’une syphilis antérieure, reste douteuse ; le malade paraissant définitivement guéri de sa syphilis. l’idée de lésion médullaire doit être absolument écartée, il n’y a ni diminution, ni exagération des réflexes, ni contractures, ni anesthésie qui puisse faire songer à une lésion de la moelle, d’autre part, l’état général est excellent et le malade que nous revoyons vingt jours plus tard est en voie de guérison ; il peut marcher et quitter l’hôpital. Les troubles de contractilité sont donc
— Do — manifestement dus à une altération de l’innervation motrice périphérique.
OBSERVATION VI (personnelle).
Sciatique droite ancienne (neuf ans).
Salle Saint-Augustin, lit n° 9. Service de M. Bondet. — 27 mars 1894.
P..., J.-M..., quarante-quatre ans, cultivateur
Bonne constitution, n'a jamais été autrement malade.
Première sciatique il y a neuf ans du côté droit. La durée de cette première atteinte a été de trois semaines. Pendant tout ce temps, le malade dut garder le lit, car il lui était impossible de marcher où même de se tenir debout.
La seconde atteinte date de cinq ans. Elle dura quinze jours seulement et fut beaucoup moins violente que la première. C'est toujours le côté droit qui est affecté, le malade n’a d'ailleurs jamais souffert du côté gauche.
Pendant les longs intervalles qui séparent les retours de la maladie, quatre ans la première fois et cinq ans la seconde, l'inté— grité fonctionnelle ne semble pas être revenue complètement. De temps à autre, des élancements, des douleurs plus ou mois prolongées font appréhender au malade une recrudescence des accidents aigus. Le membre droit fatigue plus que le gauche.
L’atteinte actuelle a débuté il y a trois semaines environ; la douleur, cette fois, semble avoir une allure paroxystique et la marche, loin de l'augmenter, la soulage réellement, au dire du patient. Celui-ci raconte que chez lui il ne peut garder Île lit, « qu’il marche, travaille et se remue pour engourdir son mal ». Quoi qu'il en soit, ee mode de traitement ne semble pas lui avoir réussi, car, deux jours avant son admission à l'hôpital, il avait pris plusieurs syncopes déterminées par l’excès de la douleur, alors qu'ils s’obstinait à continuer son travail.
Symptômes actuels. — Pas d'atrophie de la cuisse ni de la jambe. Aplatissement de la fesse droite, abaissement et dédoublement du pli fessier droit. Le signe de Lasègue est difficile à provoquer. Le signe de Bonnet est plus net. Points de Valleix, le tronc du sciatique est douloureux dans tout son trajet crural.
Le malade marche les jambes écartées (nous n’avons retrouvé cette attitude chez aucun autre sujet), il ne traine pas le pied malade, qui porte sur le sol dans toute son étendue. Mais le malade sent très bien qu’il n’appuie pas sur le talon droit autant que sur le talon gauche,
L’épaule du côté droit (côté malade) est abaissée, bien qu’il n’y ait pas d’inflexion latérale apparente de la colonne de ce côté. La tête est dans la rectitude. Le rebord costo-iliaque droit n’est pas abaissé, pas d'attitude hanchée.
Le malade, les talons réunis, ne peut se baisser pour ramasser un objet sur le sol sans fléchir les genoux ; ce mouvement provoque une douleur au point d’émergence du sciatique.
RÉACTIONS FARADIQUES
Recherchées les 27 et 28 mars 1894. Aux points d’émergence
du nerf.
Côté droit (malade). Côté gauche (sain).
À 11 centimètres, Rien. Contraction légère.
A 10 1/2 — Rien. Contraction plus forte.
A 10 — Contraction légère. Contraction forte. A91/2 — Contraction forte. Contraction violente et douloureuse.
À 9 et même à 8 centimètres, la contraction est indolente et ne provoque aucune réaction de totalité du muscle, les contractions restent fasciculaires, tandis qu’à 10 centimètres, du côté sain, tout le grand fessier se contracte et se tétanise momentanément si le courant est maintenu fermé quelques dixièmes de seconde.
Nous remarquons, dans cette observation, que, malgré
ne
l'ancienneté de la sciatique, malgré la violence des symptômes douloureux, alors que la restitutio ad integrum ne semble jamais avoir été complète pendant les longs inter valles de rémission qui séparent les phases aiguës, alors que le diagnostic de névrite s'impose, la cuisse et la jambe n'ont subi aucune atrophie, à aueune époque de la maladie. L’exploration renouvelée par M. Roque en des points symétriques de la cuisse a donné sensiblement les mêmes résultats que ceux que nous avions trouvés au niveau des points d’émergence.
Au tiers supérieur de la cuisse :
Côté malade. Côté sain.
A 11 centimètres, Rien. Contraction légère.
A 10 — Contraction légère. Contraction forte. A 9 — Contraction forte, Contraction violente et -mais restant fas- réflexe detout le muscle, ciculaire.