CHAPITRE Il
Gonîlement
C'est une remarque courante que certains corps, plongés dans des liquides ou même dans des vapeurs, fixent des quantités variables de ces liquides. Mais c’est seulement dans le cas où cette absorption est accompagnée d'un changement dans le volume du corps, que, comme l'indique FrEuNpricH (90), l'on a affaire à un gonflement véritable.
Ce fait est surtout observé dans le cas de substances à caractère nettement colloïdal au nombre desquelles on peut ranger les celluloses.
CuevreuLz en 1838 (91), Persoz en 1846 (92), Bocrey
en 1859 (93) signalent déjà que les fibres textiles sont des corps gonflables.
- Les médecins font des constatations analogues dans leur domaine et, pour eux, les corps qui gonflent possèdent la propriété de « turgescence ». Les substances qui jouissent des propriétés de gonflement étant, suivant l'expression de Justin MuELrEr et de ScHELr, des « turgoides ».
Les mêmes phénomènes sont observés dans de nombreuses branches de l’activité humaine, autres que les industries textiles et la physiologie, par exemple en ce qui concerne les peaux vertes et les cuirs. L. MEuntER (94) expose, en détail, le cas du gonflement de la peau de tannerie. Lors (95) fait l'étude critique des phénomènes de gonflement des gélatmes.
(90) FREUNDLICH, Kapillar Chemie.
(91) CHEVREUL, Cours de Chimie appliquée à la teinture (1838). (92) PERSOZ, Traité de l'Impression, Paris (1846).
(93) BoLLEY, Färbetheorie, Zurich (1859), cité par Justin MUELLER. (94) L. MEUNIER, Revue générale des Colloïdes, p. 97, avril 1924. (95) LæB, Les Protéines, traduction de H. MOUTON, Paris (1924).