‹ Contribution à l'étude des sources d'Asconius: dans ses Relations des Débats JudiciairesChapitre 8 sur 18 · SH EN I M · texte numérisé non relu

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(4) op. L., p. 618.

(5) SUÉTONE, Auguste, 64.

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journal privé, les Ephémérides du Palais : Filiam.…. 1ta instituit (Augustus) ut. vetaret loqui aut agere quicquam nist propalam et quod in diurnos commentarios referretur. Wilcken (1) et Hirschfeld (2) ont reconnu que propalam ne pouvait s'appliquer qu'à un document destiné à être rendu public et qui serait les Acta ; mais il s’agit plutôt, étant donné que Suétone dit ailleurs acta, acta publica, diurna, et, d'autre part, que les acta ne peuvent être constitués que des compte-rendus administratifs appelés fabulæ publicæ et plus souvent commentarir à l’époque impériale, d’un compte-rendu journalier qui est communiqué aux Acta. Ainsi s'explique comment les visites reçues par Agrippine et Livie sont régulièrement consignées dans les Acta, comment l’empereur Commode tient régulièrement l’opinion au courant de ses fantaisies absurdes ou cruelles (3). On comprend en même temps comment ces communiqués, dont Wilcken suppose qu’il faut chercher le modèle chez les monarques grecs (4), ont pris le caractère de journaux de cour, et comment les Acta ont pu accueillir, mais seulement en ce qui concerne la maison impériale, des informations d'ordre privé.

Il est certain qu'il y a, dans la diversité des titres des Acta, une part à faire au caprice des auteurs, bien plutôt qu'à un usage variable avec les époques. Ainsi le qualificatif publica est généralement employé, lorsqu'on veut faire ressortir le caractère officiel des Acta (5) ou les opposer

(1)Philologus 53, 1894, p. 116.

(2) op. 2., p. 931, note 2.

(3)LÉCRIVAIN, op. L., p. 148, fait dériver, par différents intermédiaires, la nouvelle que Commode aurait eu l’habitude defaire inscrire aux Acta Urbis toutes ses vilenies, de Marius Maximus qui aurait consulté les Acta ; LAMPRIDE (Histoire Auguste), Commode, 15, 3-5.

(4) Wizoken, p. 116-117.

(5) PLINE, Panégyrique, 75 ; SUÉTONE, Tibére, 5 ; Sozin, I, 29.

aux acta senatus (1) ou encore attirer l’attention sur la publicité donnée à un fait qui aurait dû demeurer caché (2). Quant à l’épithète diurna, elle apparaît en combinaison avec acta popul, urbis acta, dans la périphrase diurna actorum scriptura, chez Tacite, et il est évident qu’elle répond chaque fois à l’idée que les Acta relatent les faits avec une précision minutieuse (diurna opposé à Annales, dans la phrase : cum ex dignitate populi Romani repertum sit res illustres annalibus, talia diurnis Urbis actis mandare, Annales, XITT, 31 ; diurna répondant à une intention malveillante de l’accusateur de Thrasea dans la phrase : diurna populi Romant per provincras, per exercitus curatius leguntur, ut noscatur quid Thrasea non fecerit, Annales XVI, 22 ; diurna appelé par la remarque : cum ceteri consanguinei nominatim perscripti sint, dans la phrase : matrem (Germanici) Antoniam.………. non diurna Actorum scriptura reperio allo insigni officio functam — la tournure diurna actorum scriptura, pour diurnorum actorum scriptura rendant d’ailleurs plus sensible l'intention de l'historien (3) — (Annales, III, 3). D'autre part, nous avons vu plus haut

HORPLIENP eLenures Ne 1378200133 8 su cure Annales, XT]S 24 : Mox pro fortuna pomerium auctum. Et quos tum Claudius terminos posuertit, facile cognitu et publicis actis perscriptum.

(2) Drow, LVII, 23, 2, écrit va xotvà ürouviuate, pour souligner l’étrangeté de la conduite de Tibére, qui livre au public des conversations secrètes.

(3) L'emploi de diurnum dans Juvénal, vr, 482: longi relegit (matrona) transversa diurni, est également provoqué par l’idée que la dame qui lit ce document est fort curieuse, On observera que l’épithète longi ne s’expliquerait pas dans la thèse du Journal de Rome; au contraire, étant donné que les dimensions des Acta sont considérables, en sorte que les particuliers qui en prennent des copies doivent nécessairement se borner à un choix (cf. ad Famil., vin, 11, 4: denique malo in hanc partem errare, ut, quæ non desideres, audias, quam quicquam, quod opus est, prætermittatur), longi donne un sens pleinement satisfaisant.

Humbert. 4

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que diurna, dans Suétone (César, 20, Cluude, 41), caractérise les Acta en les distinguant de tous autres documents, de même que cottidianum, dans l'inscription de Céré, caractérise un commentarium dont c’est la particularité d’être rédigé jour par jour. Cependant Acta employé seul est à beaucoup près la dénomination la plus usitée (1), sans. doute parce qu’il n’y a guère risque de confusion, et bien qu'on ne le rencontre plus à la basse époque, apparemment parce que le terme acta est alors usuel pour désigner les. procès-verbaux judiciaires.

Mais si la diversité des dénominations correspond le plus souvent à telle ou telle intention des écrivains, ül n’en est pas toujours ainsi ; nous avons déjà vu que la seule épithète accolée aux acta-lettres est urbana ; de même acta populi et acta Urbis ne s’emploient pasindifféremment.

Tandis que, à l’époque républicaine, on ne rencontre pas d’autres titres que diurna, acta populi, acta publica, une autre dénomination apparaît, à l’époque impériale, celle de Acta Urbis. Hübner veut que ce soit le véritable nom du Journal de Rome et s'étonne de le trouver sirarement (2). Mais il est clair que l’usage de la langue, à l’époque républicaine, n’admet pas cet emploi, et c’est seulement lorsque la Ville fut constituée en circonscription administrative distincte, avec un præfectus, que Fon a pu parler d’Acta Urbis. Si lon trouve aussi acta urbana avant cette date, il s’agit uniquement d’acta-correspondances, et urbana répond à l’idée que les nouvelles viennent de la capitale. Il n’est d’ailleurs pas douteux que Acta Urbis, à l'époque impériale, ne pourrait se dire de simples extraits, mais désignerait des copies in-extenso, et c’est bien pourquoi,

(1) Elle est la seule dans les Scholies d’Asconius qui mentionne les Acta cinq fois et dans les indices auctorum de Pline l’Ancien. (2) Hügner, p. 620.

tandis que Pline se fait adresser dans sa villégiature des acta urbana (1), Pétrone qualifie de Acta Urbis le document auquel il compare le volumineux rapport soumis à Trimalcion par son actuarius (2). D’autre part, s’il subsiste trop peu de textes (3) où Acta soit employé en combinaison avec populi où Urbis pour qu’on puisse fonder sur eux la distinction des Acta populi et des Acta Urbis, on ne peut douter que les titres de procurator ab Actis Urbis, optio ab Actis Urbi (4) ne qualifient des fonctionnaires distincts

(1) Paie le jeune, Lettres, IX, 15, 3.

(2) Satyricon, 53.

(3) On observera cependant que dans ceux de ces textes où les informations intéressent le peuple et la ville, le contenu répond chaque fois à la différence des dénominations : les diurna Urbis acta, dans Tacire, (Annales XIII, 31), ont trait à la construction d’un théâtre, les Acta Urbis de PÉTRONE (Satyricon, 58), à l’administration urbaine comparée à celle d’un grand domaine, tandis que, dans les Ôfuooux ürouvipara de Dion (LVII, 12, 2), il est question de visites officielles du sénat et du peuple, dans les Acta populi romant de Pine l'Ancien (VIII, 40, 145), de la procédure d’exécution d’une sentence capitale, dans les Diurna populi Romani de TaciTE (Annales, XVI, 22), des prières publiques dites pour le salut du prince.

Dans l'Histoire Auguste — dont les extraits des acta senatus sont généralement suspects, cf. LÉCRIVAIN, Etudes sur l’Histoire Auguste, p. 99, Paris 1904 — c’est d’après les acta Urbis que Lamprine (Alexandre-Sévère, 6-12) cite un iong passage de ces acta qui serait authentique. Le fait que PziNE (Panég., 75) emploie acta publica, pour désigner le document officiel où a été publiée la délibération du sénat, ne prouve rien contre cette authenticité, car acta publica pouvait se dire aussi bien des acta Urbis que des acta populi. De même LamPripe (Commode, 15) rapporte aux acta Urbis les communiqués de Commode sur sa vie privée, tandis que Dion {LVII, 23, 2), en ce qui concerne un communiqué analogue de Tibére, dit +4 xowäbrouvipara. Il semble donc que ce soit par iles acta Urbis que le public ait été informé des délibérations du sénat et de la vie privée du prince, mais l’usage a pu varier sur ce point et nous disposons de trop peu de textes pour qu’il soit permis de se prononcer.

(4) G. I. Le, 8, 11813 ; 8, 4874.

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parmi les ab Actis, et il est clair qu’il ne s’agit pas de rédacteurs de journaux. Hirschfeld se demande (1) ce que vient faire le sous-officier qui s'intitule optio ab Actis Urbi dans l’administration de ce journal, mais il serait tout aussi étrange que le procurator ab Actis Urbis, fonctionnaire de l’ordre équestre et qui est au début de sa carrière, ait eu la lourde responsabilité d’un Journal de Rome. Il ne peut s’agir que du chef de service d’unesection des Acta publica, celle des Acta Urbis. Si, comme il ressort de nombreux textes cités plus haut, les Acta publica ne sont pas constitués de tous les procès-verbaux officiels, mais de certains de ces documents auxquels s'ajoutent des communiqués soit du sénat, soit du prince, il s’ensuit que les fonctionnaires qualifiés de ab Actis ne sont pas attachés directement à la personne des magistrats, mais forment un corps spécial, chargé d’enregistrer, de conserver et de publier les documents versés aux archives publiques. Sans doute la parodie bien connue de Pétrone (2), précisément parce qu’elle est une parodie, ne peut fournir une base d’étude certaine pour la détermination du contenu des Acta ; elle permet du moins de se faire une idée précise des rapports des secrétaires des magistrats avec les fonctionnaires ab Actis. Il est clair en effet que l’actuarius de Trimalcion n’a pas rédigé lui-même les pièces dont il donne lecture à son maître et qui lui parviennent journellement de tous les points d’un domaine immense, mais les divers scribes attachés aux architectes, aux intendants, ete... lui ont adressé des copies qu’il a enregistrées dans le compte-rendu dont les dimensions imposantes terrifient les convives de

(1) op. L., p. 944-945, Nous n’insisterons pas sur les difficultés que soulève la thèse du Journal de Rome, dans l'interprétation des incriptions relatives aux fonctionnaires ab actis ; nous nous bornerons à renvoyer à Hirschfeld, cbid., et à Hübner, p. 621.

(2) Satyricon, 53.

son maitre. Les fonctionnaires ab Actis constituent donc un corps spécial. D’autre part on ne saurait, étant donné que Acta se dit absolument des seuls acta publica, voir dans les ab actis signalés par les inscriptions des employés ‘du secrétariat impérial (1). Par suite la mention ab actis Urbis s’applhique à des fonctionnaires spécialement chargés d’une section des Acta publica, de même que, dans les archives grecques de l’époque romaine, on distingue différentes sections.

(1) Tandis que Mommsen considérait (C. I. L., 8, 11183) les fonctionnaires ab actis comme des journalistes, Hirschfeld y voit des employés du cabinet de l’empereur, chargés d’enregistrer et de conserver les acta imperatoris ; mais la raison qu’il allègue, à savoir que ab actis n’est pas accompagné de la mention Urbis ou Urbi, est fondée sur l'erreur accréditée que acta Urbis serait le véritable titre du Journal de Rome.

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