‹ Contribution à l'étude des spirochétoses Le SodokuChapitre 14 sur 25 · AGE · texte numérisé non relu

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d'entrée et le premier relai ganglionnaire ou entre celui-ci et le suivant. Ces placards sont rouge-vifs ou violacés, sensibles mais peu douloureux.

Les ganglions satellites sont presque toujours touchés. Ils sont plus ou moins volumineux, d’une noisette à un œuf, durs, mobiles, sans péri-adénite, sars adhérences à la peau ou aux plans profonds. Ils sont peu douloureux en général et ne suppurent jamais dans les cas purs.

Le premier et le second relais ganglionnaires sont en général touchés, les adénopathies les plus cons: tantes sont celles des aisselles et des aines. Le ganglion épitrochléen ou les poplités sont quelquefois indemnes, mais l’inflammation s'étend parfois au delà envahissant le creux sus-claviculaire (Costa et Traisier [, d'Ilalluin et Fièvez) ou les deux aisselles (Burton Fauning, Douglas, Colebrock et Fleming), pour une morsure à la main. On a observé même une adénopathie généralisée à tous les territoires (Low et Cockin, Bergamini).

Tous ces signes locaux sont solidaires. Leur durée est variable, ils s’effacent en général en une semaine sans jamais suppurer ni laisser de trace, les lésions nécrotiques sont bien entendu beaucoup plus longues et c’est dans ce cas que l’on peut avoir de petites sequelles : cicatrice violacée (Grenet et Lehucher LE, Laroche et Durozoy), atrophie de l’éminence thénar (F. Ramond et Levy Bruhl), raideur de l'articulation phalango-phalanginienne (Costa et Troisier ID), limilation des mouvements du coude (Roullaud D.).

Dans la forme la plus fréquente de l'affection cette violente inflammation locale ne se produit qu’une fois et précède et accompagne l'apparition du premier accès fébrile mais un phénomène bien curieux et très caractéristique de la maladie c’est la réviviscence de tous ces symptômes une ou plusieurs fois toujours en corrélation avec un accès fébrile (une fois : Millot-Carpentier, Cazamian, Mouchet et Guillemin ;-deux fois : Roulland F., Escolano Sabater, Lookeren 1; quatre fois : Costa et Troisier 1). Il arrive même que cette réinflammation accompagne d’une façon constante chaque accès fébrile, le précédant de quelques heures comme dans le cas de Piazza ou lui étant simultané (Dalal, Middleton, Bergh, Braillon et Perdu Il, Burton Fammig IT.

Cette reviviscence peut être aussi uniquement ganglionnaire (Curtillet et Lombart, Burton Fanning I, Douglas Colebrock et Fleming, Bergamini, Surveyor, Hewlet et Redmann).

Dans la majorité des cas, les signes locaux précèdent de peu les signes généraux, mais ils peuvent éclater ensemble.

Signes généraux La fièvre

L'a courbe fébrile typique d’un cas de Sodoku est très caractéristique et attire immédiatement l’atten-

tion. C’est une fièvre récurrente caractérisée comme les autres récurrentes par des poussées de température, intenses et courtes, séparées par des intervalles d’apyrexie complète, et se répétant pendant des semaines ou des mois à date plus ou moins fixe.

Les rechutes ne sont pas absolument régulières,un peu plus rapprochées dans quelques cas que dans d’autres et aussi chez un même individu.

En outre il n’est pas rare de voir une fièvre régulièrement récurrente espacer ses rechutes et les atténuer à la fin desonévolution. Les accès reviennent tous les trois,quatre,cinq, six ou sept jours(1). Parmi les cas les plus caractéristiques nous pouvons citer celui de notre observation II où la malade avait ses accès régulièrement tous les samedis avec une avance ou un retard de quelques heures seulement et avait réglé sa vie en conséquence. Le malade de Cruikshank lui aussi savait que du vendredi ou du samedi au lundi il était dans l’impossibilité de vaquer à ses af faires. |

L'accès est souvent annoncé par des sensations subjectives, des douleurs au niveau du point d’ino-

1. Nous trouvons : clocher tous les deux à trois jours (Remmlinver), tous les irois jours (Zannini, Stretti et Mantovani), tous les trois à quatre jours (Douglas, Colebrock et Fleming), tous les trois à cinq jours (Bergh-Dala)), tous les quatre jours (Burton Fanning IT, Solly D), tous les quatre et cinq jours (Burton Fanning I, de Langeet Wolff), tous les cinq jours (Burton Fanning Il, Solly If, Hewlet et Redmann), tous les cinq à six jours (Kaneko et Okuda), tous les quatre à six jours (Lookeren II), tous les six à sept jours (d'Halluin et Kiévez), tous les sept. jours (Cruikshank, Laroderie, Clément, Il).

culation, des fourmillements dans le membre touché, une mauvaise bouche. Quelquefois par une réinflammation de la cicatrice. C’est souvent un grand accès présentant les stades de l’accès paludéen, frisson,chaleur, sueurs, mais frissons et transpiration peuvent manquer.

La température s'élève rapidement et en douze à vingt-quatre heures atteint 39°5-40 degrés et davantage. Pendant Faccès le malade est en général abattu, prostré, sans force, souvent le faciès congestionné, enfoui sous ses couvertures, il ne bouge pas, ne demande rien ou gémit accusant des douleurs plus ou moins localisées dans les membres ou les lombes.

Le pouls est en rapport avec la température et

varie avec elle.

Après la chute de la fièvre, généralement moins brusque que l’ascension et accompagnée ou non de sueurs profuses, la sensation de bien-être ne survient pas immédiatement, le malade reste courbaturé, asthénié endolori au moins un jour ou deux.

La durée de l'accès est en général de vingt-quatre à quarante-huit heures, cependant on en a rapporté de durée plus considérable, trois, quatre et cinq jours.

L’apyrexieest elle aussi plus ou moins longue : nous l'avons vue variant de deux à sept jours.

Le nombre desaccèsn'est pas moins variable même lorsqu’aucun traitement n’est venu interrompre le cours de la maladie et des formes frustes aux formes

prolongées nous pouvons compter de 1 à 170 accès (Hata).

Sila forme-type de la fièvre du Sodoku est une fièvre récurrente on a pu observer aussi une fièvre remitto-intermittente (Frugoni, Piazza) et même une fièvre continue (Grenet et Lehucher IT). Ces cas sont-ils absolument purs ? A la spirochétose ne s’ajoutait-il pas des infections secondaires venant troubler la courbe fébrile. C’est possible ; les observations sont trop succinctes pour que nous puissions l’affirmer. Dans le cas de Grenet et Lehucher l’ensemencement de la sérosité recueillie par ponction d’un ilot lymphangitique resta stérile:

Fièvre continue et fièvre intermittente peuvent, aussi bien, être le fait de la Spirochétose car nous manquons de renseignements pour expliquer le caractère cyclique de cette fièvre.

Nous ne pensons pas à invoquer un cycle évolutif du parasite cela paraît peu conciliable avec ce que nous savons des autres spirochètes. Nous croyons plus volontiers qu’il s’agit là d’un fait d’immunité.

Le sérum du malade produisant des anticorps spirochéticides et spirochétolytiques se débarrasse de la plupartdes germes, mais quelques-uns d’entre eux plus résistants ou à l’abri dans un organe se multiplient et produisent par leur nombre la rechute. Un argument dans ce sens peut être tiré des rechutes survenant après un traitement arsenical insuffisant (12 jours après dans le cas de Ramond et Levy- Brubl, 11 jours après dans celui de C. de Lange et

Pr

Wolff) et des expériences d’Ishiwara Othawara et Tamura qui après des doses faibles d’arsenic injectées à des rats ont observé la réapparition des spirochètes au septième jour chez quatre; au quatorzième et dix-septième jour ch°z la plupart ; au dix-neuvième jour chez tous — d’autant plus tôt semble-t-il que la dose était plus faible — alors qu'avec des doses un peu plus fortes sur 17 rats un seul présente des spirochètes dix-sept jonrs après. Fièvre récurrente à rechutes rapprochées, fièvre remittente el fièvre continue traduiraient des états d'immunisation insuffsante, ou la présence de familles de spironèmes d'âges différents et dont les générations éclateraient successivement au lieu de le faire simultanément.

Enfin on a observé des cas frustes où la fièvre était légère, ne donnait qu'un seul accès (Lagriffe et Loup, Mouchet et Guillemin, Curtillet et Lombart, King) et même des cas apyrétiques (Dalous et Stillmunkès, Grenet et Lehucher Î).

L'exanthème

C’est un signe très important car il n'y à pas d’autre fièvre récurrente avec éruption, malheureusement ilmanque assez souvent.

Le moment de son apparition est un peu variable, parfois en même temps que l'élévation thermique, plus souvent de un à six jours après l’accès — quelquefois au cours dutroisièrne ou du quatrième accès —

cependant on retrouve assez souvent que l’exanthème

rip

est apparu une vingtaine de jours après la morsure, son rapport avec le jour de l’inoculation paraissant plus fixe que celui avec la fièvre.

C'est dans la majorité des cas une éruption papuleuse d'éléments allant « d’une lentille àune pièce de quarante sous » légèrement saillants, à bords irréguliers, polycycliques, d’un rouge plus ou moins foncé, non prurigineuse,indolore, non squameuse,disparaissant en quarante-huit heures sans être suivie de desquamation. À côté de cette description type que l’on rencontre le plus souvent, les auteurs notent des aspects légèrement différents. Pour quelques-uns ce sont des taches ou des placards érythémateux, on compare l’éruption à une roséole, à une rougeole. Pour d’autres les éléments sont au contraire un peu infiltrés (Arkin). L’éruption était pétéchiale aux jambes dans l’observation E de Roulland, purpurique dans celle de Millot-Carpentier. Enfin Kaneko et Okuda parlent de pustules et Low et Cockin de pustules varioliformes typiques, et Micas, Dick et Rutherfurd, Dalal, Nicholson et Lookeren dans sa deuxième observation signalent une véritable éruption urticarienne.

Ces papules de dimensions variées, légèrement surélevées, à bords polycycliques, présentent toute la gamme des teintes : rose-chair, rouge, rouge vif, rouge sombre, rouge violacé, rouge vineux, rouge livide, violettes et grises, rouge avec centre gris, rouge avec anneau jaune. |

L'éruption est en général disséminée sur tout le

Hs par er

corps, discrète, ne couvrant pas toute la peau, les éléments papuleux étant souvent peu nombreux au point qu'on peut les compter, plus rarement co:fluente, en larges placards. Même généralisée l’éruption est toujours prédominante au pourtour ou dans le voisinage du point d'inoculation, très souvent périlymphangitique sur le membre atteint.

L’exanthème est apparu à certains auteurs localisé mais il est impossible de décrire une systématisation de ces éruptions localisées tant elles sont variées, On retrouve toujours des éléments au voisinage du siège de la morsure et l’éruption peut être localisée au bras et à l’épaule, par exemple, du côté atteint, d’autres fois il y a en outre des éléments à distance et alors ils semblent siéger un peu plus souvent à la face interne des cuisses, à l’abdomen, aux plis de flexion, mais on a pu trouver des papules plus ou moins grandes en n'importe quel point du tégument.

On a trouvé aussi un enanthème rhino-pharyngé (Costa et Troisier IT) ou bucco-pharyngé (Surveyor, Laroderie), dans ce dernier cas la porte d'entrée était probablement pharyngée.

L’éruption confluente peuts’accompagner de bouffissure lorsqu'elle siège à la face, d'œdème des paupières. |

Quelquesobservations signalent une desquamation furfuracée (Costa et Troisier Il) rapide et abondante (mais c'était après une injection de Novarsenobenzol (Stretti et Mantovani). F. Ramond et Levy Bruhl

parlent de «taches squameuses ».

Si l’éruption s’efface souvent en quarante-huit heures, elle peut persister bien davantage, trois jours (Costa et Troisier !, Lookeren 1); quatre jours (Dalal); plus de sept jours (Low et Cockin, Fievez) ; quinze jours (F. Ramond et Levy-Brubhl); cinq à six semaines (Lagriffe et Loup).

L'éruption du Sodoku présente une particularité curieuse c'est celle de renaître à plusieursreprises, soit par réviviscence d'éléments déjà en partie ou complètement effacés, soit par poussée de nouvelles maculo-papules à des endroits différents, parfois avec extension à chaque récidive (Grenet et LehucherIV).

Le nombre de ces récidives est très variable, nous relevons une rechute : cinq fois ; deux : quatre fois quatre: (Roulland D); huit (Costa et Troisier IT). Elles se produisent parfois avec chaque poussée de température (Burton Fanning I et IE, Bergamini, Frugoni- Zannini I et II, Surweyor Hewlet et Redmann).

Nous nerangeons pas avec l’exanthème les &taches pigmentaires signalées dans la troisième observation de Grenetet Lehucher.

L'éruption c'est pas constante, nous l’avons trouvée absente dans un quart des cas analysés (19 sur 59), Horder dans 1 cas sur 3, Burton Fanning dans 1 Cas sur à.

Les Douleurs

Elles sont très fréquentes, signalées dans plus de la moitié des cas. C'est en général des douleurs mus-

culaires dans les membres inférieurs et surtout les mollets, parfois sous la forme de crampes douloureuses (Frugoni, Piazza, Clément [), elles siègent aussi au membre supérieur, au thorax et dans les lombes, elles sont parfois extrêmement violentes avec sensation de brûlure, de déchirement, souvent nocturnes, elles sont en général exacerbées par la poussée fébrile.

Les douleurs sont parfois articulaires siégeant aux épaules, genoux, chevilles ; elles ne s’accompagnent pas de gonflement articulaire ni même d’impotence.

F. Ramond et Levy-Brubhl signalent des douleurs osseuses. Parfois les douleurs sont vagues, mal localisées. Les malades sont presque toujours courbaturés, raides, comme s'ils avaient été « roués de coups ».

La palpation des masses musculaires, molles, quadriceps, lombes, arrache parfois des cris aux malades (Blake, Clément I).

Solly dans deux observations et Piazza signalent un prurit sévère.

Asthenie. — Prostration

Les malades atteints de sodoku présentent en général une asthénie profonde.

Incapables de faire un mouvement, ils restent enfouis sous leurs couvertures, prostrés, abrutis, ne

réclamant rien, ne buvant pas si on ne les y force,

ds pires

répondant mal el avec uiau valse grace aux quéstions. Cette prostration devient parfois une véritable torpeur (Roullaud 1, Costa et Troisier If, Zamorani), le malade est en état de somnolence indifférente permanente (Solly Il, Bergamini, Micas) ei même dans un demi coma (Ritchie).

Plus rarement on à signalé de l’insomnie (Burton Fanning Il), de l'agitation (Piazza), du délire (Micas, Burton Fanning If, Cruikshank).

Cependant, malgré ces signes cérébraux, il n’y a pas de signes méningés proprement dits. Seuls Costa et Troisier ont trouvé une légère réaction leucocytaire dans le liquide céphalo rachidien (20 éléments au millimètre cube à la cellule de Nageotte : 9 à 3 lymphocytes et quelques polynucléaires), sans augmentation de l’albumine ni diminution du glycose.

Dans l'observation de Cazamian et dans notre observation I, le liquide céphalo-rachidien était normal.

Etat général

L'état de la plupart des malades atteints de sodoku est franchement mauvais.

Si au moment de l’acmé fébrile ils ont parfois la figure congestionnée et les conjonctives injectées (Cruikshank, Arkin, Burton Fanning Il, Lookeren D,

ils sont en général pâles, les yeux cernés, les traits

sn Di tirés et même le faciès légèrement plombé (Roullaud E).

Nous trouvons un amaigrissement considérable signalé dans 16 cas, atteignant 10 livres (Arkin), 14 livres (Cruikshank), 18 livres (Clément IL) et 22 livres (Burton Fanning 1), l'anémie est de règle. On signale des modifications du caractère; ils deviennent : apathiques, tristes (Remmlinger), anxieux (Arkin).

Appareil digestif

C’est un des plus touchés par la spirochétose.

Nous relevons assez souvent dans les descriptions : langue sèche, rôtie, saburrhale; bouche sèche ; haleine fétide : douleur et sécheresse de la gorge avec rougeur diffuse du pharynx, des amygdales, des piliers.

Une dysphagie plus ou moins intense est signalée, elle s'explique par l’inflammation au voisinage de la porte d'entrée dans le cas de Laroderie (ingestion de chair crue de rat) ou dans celui de Millot Carpentier (morsure au niveau de la lèvre inférieure), mais dans ceux de Nixon et de Mantovani, le point d’inoculation avait été la main. Nous avons déjà parlé des enanthèmes rhino et bucco-pharyngés qui accompagnent quelquefois l'exanthème cutané.

Les troubles gastro-intestinaux ne sont pas rares

et consistent surtout en nausées et vomissements

PIOORES

s’accompagnant rarement de véritables troubles dyspeptiques (Burton Fanning, Douglas, Colebrock et Fleming).

Le transit intestinal est normal ou diarrhéique, plus rarement on a signalé la constipation. ;

L’anorexie est la règle. Le foie est normal: lorsqu'il est observé gros il s’agit de malades âgés (70 ans, Kaneko et Okuda ; 50 ans, Lagriffe et Loup),et cette hypertrophie peut être d'une étiologie différente.

Le subictère est signalé (Stretti et Mantovani, Roullaud E). Dans ce dernier cas il s’accompagnait de décoloration des matières et d’un Gmelin positif.

L'urobiline a été constatée à plusieurs reprises dans les urines (Costa et Troisier Il, Mantovani ; à chaque accès Lookeren l).

Van Lookeren signale que la diazo-réaction d’Erlich était positive.

Appareil urinaire

Nous trouvons une albuminurie plus ou moins marquée dans environ un sixième des cas analysés. À vraidire, celle-ci est souvent légère et les signes de néphrite aiguë sont rares. 1l n’est signalé d'ædémes que dans 4 cas, il ne semble pas qu’on ait observé d'azotémie. Dans un cas on parle d’une anurie transitoire.

Dans quelques cas, bien que les signes cliniques soient frustes, la néphrite se révélait par la présence de cylindres et de leucocytes dans le sédiment uri-

naire (de Lange et Wolff, Mantovani, Lookeren II).

Donc dans un certain nombre de cas néphrite aiguë légère, Crohn rapporte qu’il a observé 9 cas de néphrite sur 25 Sodoku ; la proportion nous paraît très forte. Expérimentalement on trouve presque toujours des lésions des reins et l'anatomie pathologique humaine vient confirmer cette notion. Quelques auteurs signalent la présence des spirochètes dans l’urine. Nous-même avons eu l’occasion d’en observer dans notre deuxième cas, mais nous croyons qu'il faut faire ici les plus grandes réserves car la présence de spirochètes non pathogènes dans l'urine est un phénomène presque banal.

Ces lésions rénales doivent être légères et surtout congestives, car on ne signale pas de néphrite.chronique comme séquelle de l'affection.

Appareil respiratoire

Les lésions pulmonaires paraissent assez rares dans le Sodoku ; on signale quelque cas de toux sèche sans signes physiques (Grenet et Lehucher I. Lookeren 1, Douglas, Colebrock et Fleming), de l'angoisse respiratoire.

Dans le premier de nos cas le malade fit à deux reprises une petite hémoptysie. Il s'agissait de crachats aérés, visqueux, rouge vifs, presque nummulaires, qui contenaient à l'examen microscopique de

très nombreux spirochètes fins, pâles, Gram néga- R, Clément 5

tifs, de 8 à 12 » de long, à ondulations lâches, des cocci et des bacilles fusiformes. Entre temps les crachats étaient muqueux, blanchâtres.Pendant la première période de la maladie on entendait des ronchus disséminés dans la poitrine. Nous ne tirons aucuvue conclusion de cet examen bien que l'abondance des spirochètes sur les préparations nous ‘ait paru être très différente des quelques spirochètes que l’on trouve dans les crachats muqueux de beaucoup de malades.

Dans notre deuxième observation il y avait aussi un peu de toux avec quelques crachats jaunâtres non hémorragiques qui ne furent pas examinés. A l’auscultation quelques frottements-râles à la base.

O. Carrol signale une pleurésie séro-fibrineuse plusieurs fois ponctionnée : nous croyons là à une

coïncidence.

Appareil circulatoire

Il ne paraît pas touché dans la plupart des cas, Cependant le cœur semble donner des marques de faiblesse lorsque la spirochétose survient chez une personne âgée ou ayant déjà le cœur fatigué. Ces grands accès fébriles et ces chutes au-dessous de la normale doivent le fatiguer : Cruikshank signale un début d’asystolie ; Arkin une syncope au cours d'un accès, Lookeren un collapsus. Notre malade II fit une syncope au cours d’une ponction veineuse un peu longue.

Are La tension artérielle parait normale ou un peu basse : 11/5 au Potain (Roullaud D et E), 12/7 au Pachon (F. Ramond), 11/5 au Riva-Rocci (Clément 1), 9, 5/8 (Bergamini) ;: seul-Blake note 14/8.

Nousavons vu que le pouls suivait la température; il devient extrêmement rapide-et tendu au moment des accès fébriles.

Les examens du sang montrent une anémie à peu près constante, mais plus ou moins marquée ; elle ne semble pas atteindre des chiffres très considérables : les chiffres les plus faibles sont autour de trois millions d’hématies par millimètre cube (Kaneko et Okuda, Frugoni).

Il n’y a pas d’hématies nucléées et pas de déformations globulaires. Piazza signale une anisocytose moyenne sans poikilocytose.

L’hémoglobine varie de 85 à 50 0/0.

La résistance globulaire serait légèrement augmentée (Escolano Sabater).

La leucocytose est la règle. En général autour de 10 à 15.000 globules blancs elle atteint 22.000: (Blake, Bergh, Burton Fanning) et même 34.000 (de Lange et Wolff).

L'examen de la formule montre dans la majorité des cas de la poly nucléose qui varie mais atteint très souvent go o/o et même 95 0/0 (Costaet Troisier Il).

Nous trouvons au contraire une mononucléose légère autour.de 40 o/o dans 6 cas dont un où le

‘paludisme était associé.

Sur 95 cas l’éosinophilie est signalée sept fois, son absence seize fois.

Frugoni, Perugia et Corchidio pensent que l'éosinophilie est liée à l'apparition de l’éruption. Van Lookeren Campagne trouve dans un de ces cas une éosinophilie qui varie de 5 à 52 0/0 à tel point qu'il donne à la malade de la santonine, d’ailleurs sans succès, bien que l'enfant ne présente aucun œuf d'helminthes dans ses selles. Il prétend que l’éosinophilie ne se renconirerait qu'entre les accès et pendant la convalescence.

: n’y a en général pas de splénomégalie, quelques auteurs signalent cependant que la Rate est percep t ble. ;

Le chimisme du sérum est normal.

La réaction de Bordet- Wassermann donne des résultats divers, nous relevons : |

14 cas positifs (dont 2 Hecht et r Sachs Georgi) et 12 cas négatifs. Il n’est pas possible de prétendre qu'il s’agit là d’une coïncidence de sujets déjà syphilisés, la proportion est trop forte ; en outre il s’agit dans plusieurs cas d’enfants ou jeunes gens peu suspects de syphilis. Il faut reconnaître que le Bordet-. Wassermann n’est pas une réaction spécifique et que les Spiréchétoses et notamment le sodoku peuvent donner des résultats positifs. Il faut en tenir comple et ne pas en faire un stigmate absolu de syphilis.

La cuti-réaction de von Pirket a été positive chez des enfants de 6 et 7 ans (Cornelia de Gange et Wolff)

et négative dans des cas de même âge (Zamorani). Elle ne semble donc pas influencée par la maladie.

Système nerveux

De la parésie des membres inférieurs est signalée dans plusieurs observations. Le malade de Millot Carpentier « ne peut se mouvoir que très difficilement et ne peut se lever lorsqu'il est assis » au début de sa convalescence ; celui de Remmlinger «refuse de se tenir debout et de marcher ». Notre sujet IIT présentait une grosse diminution de la force musculaire segmentaire des fléchisseurs des doigts, du poignet et de l’avant-bras ; notre sujet IT une diminution également très marquée pour ces mêmes

fléchisseurs.

Lookeren note, dans sa Ir: observation, de la parésie du bras droit.

Ces parésies paraissent transitoires quoique pouvant se prolonger assez longtemps ; elles peuvent s'accompagner de perte des réflexes tendineux (Clémént I). Blake signale des réflexes exagérés dans un

cas.

Dans 2 cas Grenet et Lehucher signalent de la my0osite non suppurée, — douleur, gonflement et indu-

ration : unefois du sterno-cleido-mastoïdien alors que la plaie siégeait à la main, et une fois des jumeaux droits alors que la porte d'entrée était au médius gauche; la première présenta unerécidive,la deuxième

dura trois semaines.

# Ces troubles sont rares et, dans la majorité des: cas, force segmentaire, réflexes tendineux et sensi--

bilité sont normaux.

Organes des sens

Ils ne paraissent pas touchés : nous trouvons les réflexes lumineux et à l’accommodalion normaux. Plusieurs auteurs (Burton Fanning Ul, Vorpahl Lookeren I, Arkin, Cruikshank) notent l'injection des conjonctives avec ædème des paupières (Arkin, Vorpahl Lookeren) et photophobie ; l'œdème des pau: pières peut être isolé (de Micas, Berkel) ; Ritchie signale une mydriase considérable.

Frugoni rapportequ’au cours dela maladie apparut une «exophtalmie unilatérale avec forte injection des vaisseaux, œdème de la conjonctive, sans douleur, ne diminuant pas l’acuité visuelle et qui guérit en quelques jours.

Organes génitaux

Le sodoku parait les respecter. Cependant Burton Fanning, signale une épididymite gauche, et Foulertonaurait trouvé dans une autopsie un spirochète dans le testicule. |

Dans l’ensemble le sodoku se comporte comme:

une spirochetose sanguine, l'invasion seule se faisant. par effraction cutanée ou muqueuse et progression.

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