LE TRAITEMENT
A. + Curatif
Tous les cas de sodoku traités par des sels arsénicaux intraveineux ont guéri,beaucoup très rapidement qui duraient depuis de longs mois, voire des. années.
C'est Hata quien 1912 a eu l’idée de traiter l’affection par le novarsenobenzol en soupconnant qu’il s’agissait là d’une spirochétose, bien que l'agent pathogène n'ait pas encore été découvert.
Sur 8 cas traités 7 guérirent très rapidement. Malheureusement il ne fut ni écouté ni suivi, el ce n’est que peu à peu que l'efficacité de ce traitement s'est répandue, encore est-elle aujourd’hui ignorée de beaucoup.
Dans de nombreuses observations, on trouve la cessation presque immédiate de tous les symptômes dès la première injection, aussi certains s’en tinrent là et si une seule dose suffit à guérir les cas de Soily I et II, de Bergh, de Bergamini, de Dalal, les rechutes ne sont pas rares. Onze jours après (G. de Lange et Wolff), douze jours après (F. Ramond et
RTE Levy-Brubl), cinq semaines après (Burton Farning I):
Dans d'autre cas l'amélioration est plus lente et ne se fait que progressivement, la guérison survenant seulement après plusieurs injections. -,
Futaki, Takaki, Taniguchi et Osumi ont fait des expériences très intéressantes à ce sujet.
Avec une dose moyenne injectée en une fois à des souris ils font disparaitre les spirochètes du sang, mais seulement pour un temps donné. La réapparition a élé constatée au quatorzième jour pour quelques-unes, au dix-septième jour chez 33 o/o et deux mois après 83 o/o avaient de nouveaux des parasites et n'étaient donc pas blanchies par le salvarsan.
Ishiwara a fait des expériences analogues sur le rat blanc. À 19 rats tous parasités par Spironema sodoku,il injecte 0,2,0,1 et 0,006 de milligramme par kilogramme d’animal. Tous voient disparaître aussitôt leurs parasites ; un seul présente à nouveau des spirochètes dix-sept jours après, il avait reçu la dose la plus faible. À 36 rats il injecte des doses allant de 1/400 à 1/1000 de milligramme; chez 2 rats : les spirochètes ne disparurent qu’unjour ; chez 4: sept jours; chez la plupart ils réapparurent au quatorzième jour ou au dix-septième jour; chez tous au dix-neuvième jour. |
Rechutes cliniques et expériences s'accordent done pour montrer que si le spirochète est très sensible à l’arsenobenzol, il faut encore faire des doses suffisantes et des doses répétées pour obtenir le blanchiment de l'organisme.
AD
Jl ne faudra pas se laisser impressionner par les réactions d'Herxheimer parfois violentes que l'on peut observer, se traduisant par une exaltation de tous les symptômes et notamment de l’exanthème. (Martinotli, Bergamini, Cazamian, Bergh ,van Lookeren Campagne), ni par les phénomènes de choc que l’on peut observer chez ces malades comme chez tous ceux soumis au traitement arsenical intraveineux.
Nous croyons que les injections doivent se faire à ‘intervalles d’une semaine environ à doses progressives deogr. 30, o gr. 5,0 gr. 60, ogr. 60, o gr. 60. Tous les sels arsrno-benzoliques y compris le silbersalvarsan sont bons.
La médication arsenicale sous-cutanée ne paraît pas de beaucoup aussi efficace, cependant Zamorani a guéri un cas avec deux séries d’injections d'Hectine ; l'atoxyl a été sans effet dans un cas de Burton Fanning ; la médication arsenicale par la bouche a paru améliorer un peu quelques cas ; nous la croyons insuffisante.
Le mercure ne serait pas sans effet : Futaki a guéri un cas avec ce médicament ; Borelli a eu de bons résultats avec des injections intramusculaires de sublimé ; Nixon a obtenu une légère amélioration avec des frictions mercurielles.
Tous les auteurs sont d’accord sur l'absence totale d’effet de la quinine, de l’aspirine, du salicylate, de la phénacétine, etc.
La présence d’anticorps dans le sérum des convalescents pourrait donner la tentation d'essayer /a
sérothérapie spécifique du sodoku, soit à l’aide de sérums humains, soit avec celui d'animaux immunisés à cet effet; la thérapeutique arsenicale ici est tellement rapide et efficace que l’on est peu tenté de la remplacer ; si elle présente quelques rares accidents, la sérothérapie n’est pas, elle non plus, dénuée
d'inconvénients.
B. — Prophylaxie
Lorsqu'il a été possible de tuer ou de s'emparer de l’animal qui a mordu le sujet, il faut l'envoyer au laboratoire.Si l'examen du sang du cœurextemporané à l’ultramicroscope permet de constater la présence de spirochètes mobiles, il ne faudra pas hésiter, à notre avis, à traiter préventivement le sujet mordu.
La véritable prophylaxie du sodoku consiste en la dératisation et en cela elle se trouve d'accord avec celle d’un certain nombre d’autres maladies graves dont ces animaux néfastes sont soit les vecteurs, soit les réservoirs de virus.