L’'AGENT PATHOGÈNE
L'agent pathogène du Sodoku est actuellement connu : c'est un spirochète découvert pas Futaki, Takaki, Taniguchi et Osumi en 1916.
Les autres agents décrits par divers auteurs passent dans le domaine de l'histoire : Sporozoaires. d'Ogata ou de Shikami, Baccillus septico muris de Prœsher, Diplocoque de Middleton, Streptothrix de Schottmüler retrouvé par Blake, Aspergillus d'Ogata, Streptocoque de Douglas, Colebrock et Fleming. Certains devaient être le fait d'infections secondaires associées, les Sporozoaires pourraient à la rigueur être retenus comme formes d'évolution du Spirochète, mais cela paraît peu vraisemblable et difficilement conciliable avec ce que nous savons du développement et du mode de vie des Spirochètes.
Dénomination et place en Nomenclature
Si l’on s'entend sur le rôle pathogène et la morphologie du Spirochète, l’accord n’est pas encore fait sur le nom à lui donner, et traités et observa-
tions donnent des appellations variées.
I dre
C’est indubitablement un Protozoaire, de la famille des Spirochétidés et on peut lui conserver dans le langage courant le nom générique et com- mode de Spirochète : Spirochète du Sodoku ou Spirochète de Futaki par exemple; mais il convient cependant de lui donner une étiquette conforme aux règles établies de la Nomenclature zoologique.
Futaki et ses collaborateurs en décrivant leur découverte avaient proposé le nom de Spirochœta morsus muris qui ne répond pas aux règles classiques d’une dénomination binaire et binominale.
Spirochæta muris est déjà porté par un parasite fréquent dans le sang des rats et souris et considéré jusqu’à présent comme non pathogène (nous reviendrons sur ce sujet), aussi Dujarric de la Rivière avait-il proposé le nom de Spirochæta
japonica. En outre, alors que Blanchard divisait la famille des Spirochetidès en deux genres: Spirochæta et Treponema, les auteurs plus modernes décrivent à cette famille un plus grand nombre de genres : Spirochæta, Treponema, Borrelia (ou Spironema), Critispira Saprospira et s'accordent pour reconnaître qu'aucune des espèces étudiées chez l’homme et encore moins le parasite du Sodoku ne peut être classé dans le genre Spirochæœta. Ce genre fut créé par Ebhrenberg en 1838 pour le Spirochæta plicatilis dont les caractéristiques sont d'après Blanchard lui-même : « un corps excessivement grêle, spiralé, aplati, l'ectoplasme s’étalant en une membrane ondulante qui entoure en spirale tout
le corps. Pas de flagelle, pas de spore endogène, un noyau