LEP ÉR EE
très allongé, filiforme, occupant l’axe du corps avec grains de chromatine distribués à la surface. »
Pour cela Brumpt range le spirochète qui nous intéresse avec tous les autres spirochètes pathogènes dans un genre unique : le genre Treponema,en disant que les différences qui les séparent ne sont pas suflisantes pour les ranger en plusieurs groupes. Si les différences morphologiques de ces parasites (encore qu'elles nous paraissent considérables) ne sont pas suffisantes — il nous paraît que leur rôle pathogène est assez différent pour maintenir la séparation des spirochètes en deux ou plusieurs groupes : d’une part, ceux de la syphilis et du pian, de l'autre, ceux des fièvres récurrentes. Aussi adopions-nous volontiers la classification de Noguchi. Celui-ci distingue 6 genres: les genres Spirochæta, — Critis-
pira et Saprospira ne contiennent pas de parasites pathogènes pour l’homme. Il répartit dans :
1° Le genre Treponema, les agents de la Syphilis et du Pian ;
2° Dans le genre Spironema ceux du Sodoku, des fièvres récurrentes à poux et à tiques, de la Bronchite sanglante de Castellani, du Nanukayami ou fièvre des sept jours, de la Fièvre de tranchées, de la stomatite ulcéro-membraneuse de Vincent ;
3° Dans le genre Leptospira le parasite dé la Spirochétose ictéro-hémorragique et celui de la Fièvre jaune (Leptospira icteroïides).
La différence entre les deux groupes: Treponema et Spironema étant basée sur ce que les uns présentent des spires à courbe régulière même durant le mouvement et après la
mort, tandis que les autres moins rigides deviennent épais
fi
en mourant et changent constamment les forme et dimensions de leurs spires pendant les ondulations oscillatoires du mouvement. Le terme de Spironema a été introduit en 1905 par Vuillemin pour le parasite de la syphilis, mais Dobel, Gonder, et Noguchi à leur suite, croient que le terme de Treponema proposé par Shaudinn lui-même en 1905 pour sa découverte doit lui être maintenu ; et Gonder et Noguchi proposent de retenir le terme Spironema pour l'appliquer aux autres spirochètes moins rigides tels que ceux des fièvres
récurrentes.
Cnistispira Saprospira Spirochæta EN
Lessssssss-s = =: »
Ou ou Hu
Spiranema
Treponem à
Leptospira
Fire. 1 Types des différents genres de la famille des Spirochétidés d’après Noguchi.
Nous rangerons donc l’agent pathogène du Sodoku dans le genre Spironema et nous préférons avec J. Troisier l'appeler Spironema Sodoku (Futaki, 1916) que Spironéma muris avec van Lookeren
Campagne.
Morphologie
C'estun spirochète court et trapu plus gros que Treponema pallidum, plus petit que Spironema recurrentis. Des formes de dimensions un peu différentes ont été vues, mais surtout sur desfrottis de cultures ou sur des coupes anatomiques. La preuve qu'il s’agit d’une seule et même espèce a été faite par Kaneko et Okuda, puis Ido, Ito et Wani, par des inoculations; le polymorphisne d'un organisme pathogène n’est plus pour nous étonner il est de règle pour beaucoup d’espèces, il s’agit simplement de formes dégénérées, on vieillies ou anormalement développées suivant le terrain sur lequel elles évoluent.
Sur les préparations colorées ou les microphotographies de sang de malades, ou d'animaux inoculés,le corps est spiralé et relativement court et épais. Les dimensions varient de 1 4 5-2 à 5 4-6 u.[l présente en général une spire par les spires étant régulières le nombre des spires va de» à6. On n’a pas trouvé de membrane ondulante. Le protoplasma se colore uniformément quel que soit le colorant employé.Les extrémités du corps s’amincissent graduellement en un frêle flagelle. Dans la majorité des cas : flagelle aux deux extrémités, quelquefois un seulement, rarement deux flagelles à une extrémité.
Les flagelles ont approximativement la même
épaisseur et mesurent 2 à 3 u de long, la longueur totale avec un flagelle à chaque bout est de 6 à 10 pu.
À l’ultramicroscope il est extrêmement mobile : Mouvements spasmodiques ordinairement en spirale,
les flagelles ont des mouvements de coup de fouet ou de torsion.
Fra. 2
I, Il et III. — Ulitramicroscope sur culot de centrifugation du sang ï frais citraté (Obs. ll).
IV, Vet VI. — Ultramicroscope sur sang frais citraté (Obs. I).
Les spirochètes que nous avons observé dans le sang de nos deux malades let IT étaient courts, trapus, un peu plus petits qu'une hématie, de 5 à 6 ken
R. Clément 2
général, avec 2 à 3 spires, légèrement ventrus au centre plutôt que cylindriques, les flagelles n’ont été visibles que rarement. Les spirochètes se déplaçaient par une sorte de mouvement ondulatoire dans. le sens de leur grand diamètre, mais brusquement comme par un coup de queue ils changeaient de direction à angle obtus comme un poisson dans un bocal. Ceux des souris inoculées étaient dans l’ensemble plus grêles et plus longs, mais beaucoup avaient des dimensions analogues.
Assezrapidement à l’ultra microscope (3/4 d'heure . à 1 heure)ils deviennent moins mobiles et s’agglutinent en amas absolument comme une culture d’Eberth. Est-ce l’effet de la chaleur produite par la source lumineuse ?
Dans les cultures Noguchi a observé des spironèmes de 12 à 19 uà spires plus lâches, à angle obtus, et, dans de rares circonstances, dans des cultures qui dégénèrent des spires irrégulières ; mais on en voit aussi de 1 u 5-2 u.
Sur les coupes l'aspect est le même. Ils sont plus droits et les formes un peu longues moins rares.
Aîffinités pour les colorants
Le Spironema Sodoku se colore facilement avec le Bleu de méthylène, le Violet de gentiane aqueux, la solution de Ziehl.
ÎILest gram négatif.
Avec le Giemsa le corps prend une coloration violet-rouge foncé, les flagelles peuvent ou non être colorées. La méthode de Levaditi d’imprégnation argentique est préférable pour la recherche du spironème dans les tissus, il apparaît épais et les spires plus aiguës, avec une apparence de fuseau, les flagelles prennent une coloration jaune brun.
La méthode de Burri à l'encre de Chine met bien en évidence les Spirochètes et nous a rendu des services malgré la délicatesse de sa technique et les causes d'erreur qu’elle peut présenter. Ce parasite est soluble dans une solution de taurocholate de soude ou de saponine.
Cultures
Cet agent pathogène paraît très difficile à cultiver. Noguchi a réussi à le faire sur milieu de Schimamine et à faire des passages successifs de culture en culture. La plupart des auteurs n’ont pu répéter ces expériences, notamment Ishiwara et van Lookeren Campagne. ,
Mantovani par contre a réussi à deux reprises à cultiver le spirochète dans ses deux formes et à faire des repiquages successifs sur milieu de Reïter Raumm.
Les spirochètes cultivés étaient pathogènes pour le cobaye. Nous avons réussi à conserver des spironèmes vivants et très mobiles dans un culot sanguin de sang humain citraté, à l’étuve à 37 degrés, pen-:
+ die
dant dix jours. Futaki dit que les parasites meurent ou plutôt cessent leurs mouvements entre vingtquatre et quarante-huit beures dans le sang animal à la température de 22-37 degrés. Nous ne pouvons dire si les organismes que nous avons observés le dixième jour par exemple étaient de simples survivants ou s'ils s'étaient reproduits.
Notre culot s’est ensuite desséché, nous n’avons plus retrouvé de parasites mobiles à l’ultramicoscope et les inoculations que nous avons faites à deux lapins et un cobaye avec ce sang desséché repris avec du sérum physiologique n’ont pas réussies. La dessicca-. tion a peut-être joué un rôle important dans la mort de notre culture.
Inoculations
Si la culture est difficile la transmission du germe aux animaux par inoculation du sang circulant ou de sérosité ganglionnaire ou même culanée prise au niveau d'un élément papuleux (Futaki, Row) est relativement facile. Elle a réussi à peu près entre lesmains de tous les auteurs qui l'ont tentée en période favorable.
Le milieu de choix est la souris ou le rat blanc. Le surmulot et le rat noir sont certainement très réceptifs puisque réservoirs de virus, mais d’un maniement moins facile. Les spironèmes n’apparaissent dans le sang des animaux qu'après une incu--
as 1090
bation plus 6u moins longue: «jamais moins de sept jours ni jamais plus d’un mois » dit Futaki, « de sept à douze jours » dit van Lookeren Campagne. Dans notre premier cas : les trois souris inoculées avec 1 à 2 centimètres cubes de sang pris au sixième jour de la maladie présentèrent des spirochètes dans leur sang respectivement trois, quatre et cihq semaines après. [ls apparurent beaucoup plus rapidement — huit et onze jours — dans notre deuxième cas (5 cc. de sang pris au troisième mois de la maladie).
Lorsqu'une souris est inoculée avec le sang d’une autresourisrécemmentinfestée, l’incubation est beaucoup plus courte et l’on trouve des parasites dès le quatrième jour, le passage de souris en sourisexalte la virulence : ceraccourcissement de l’incubation en est, peut-être, une manifestation. |
Les parasites se maintiennent longtemps dans le sang des muridés, peut-être des mois — est-ce parce que ces animaux ne présentent aucun anticorps envers les spirochètes ? comme l’ont montré les expériences de van Lookeren Campagne, c’est fort possible et l’explication est jolie d’une race seule à ne pas s’immuniser pour pouvoir rester réservoir de virus ou parce que réservoir de virus.
Souris et rats survivent à l’inoculation en général et ne paraissent pas s’en porter plus mal. La mortalité est faible et de cause variée. Nous n’avons pas trouvé d’explication à la mortau quatorzième etau quinzième jour des deux souris de notre seconde observation.
Le Spironema Sodoku n’est pas un spirochète purement sanguicole mais pouvant envahir tous les tissus. Dès la deuxième semaine on trouve des parasites dans la plupart des tissus : tissu conjonctif, sous-cutané ou sous-muqueux, des paupières, des lèvres, des cloisons nasales, mais surtout dans les reins, les surrénales, la rate, le foié, ies glandes salivaires, les ganglions lymphatiques. €
La proportion des réussites dans les inoculations aux souris est excellente.
Avec les cobayes les échecs sont plus fréquents. Mantovani seul trouve que c’est le meilleur animal d'expérience pour le Sodoku (r).
Beaucoup meurent entre dix et quinze jours, après avoir présenté au niveau de l’inoculation un œdème local et une hypertrophie ganglionnaire de territoire. Certains se remettent, la durée de leur maladie est alors variable : deux mois en général. On trouve difficilement des spirochètes dans le sang périphérique, mais on les rencontre presque toujours dans le sang du cœur. Les signes de la maladie ne sont pas très caractéristiques ; ils auraient une fièvre analogue à celle de l’homme (van Lookeren Campagne). A l’autopsie on trouve foie et poumons congestionnés ; reins augmentés de volume avec hémorragies sous-capsulaires ; capsules surrénales congestionnées et hémorragiques.
On trouve des spirochètes surtout dans les surré-