‹ Contribution à l'étude des sténoses bronchiques tuberculeusesChapitre 10 sur 40 · HT. — ETUDE DU SYNDROME RADIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

HT. — ETUDE DU SYNDROME RADIOLOGIQUE

Une étude minutieuse des signes de la sténose bronchique a été faite par JACOBAEUS et par WESTERMARK en particulier. La radiographie donne des renseignements importants et caractéristiques.

Au premier stade de la sténose, la simple radioscopié va pouvoir nous fournir d’utiles renseignements. Dès le moment où la sténose est suffisante pour empêcher une ventilation égale des deux poumons, le pou- - mon du côté malade est moins aéré, son volume se réduit, le médiastin, le cœur et le diaphragme vont être aspirés du côté atteint.

Ce signe est pour STEINER très prococe, il est difficile à rechercher, mais doit faire penser à une obstruction bronchique.

Lorsque la sténose fonctionne comme soupape il va se produire une diminution de l’aération à l’inspiration et un emphvsème obstructif au moment de l’expiration.

Jl va s’en suivre une sorte de balancement pendulaire du médiastin, bien visible à la radioscopie, connu sous le nom de signes HOLZNECHT-JACOBSON et qui peut s’expliquer de la façon suivante :

Pendant l'inspiration, le poumon du côté de la sténose va être moins ventilé que celui du côté sain. Il va

donc mal s’éclairer, et le cœur et le médiastin vont se déplacer de son côté. En même temps le diaphragme ne s’abaisse pas ou bien peu, ou même va présenter une élévation paradoxale. |

Pendant l’expiration, le poumon du côté de la sténose va au contraire rester éclairé par rapport à celui du côté sain. Le cœur et le médiastin vont donc se déplacer vers le poumon du côté sain. Le diaphragme du côté sain s'élève normalement alors que du côté sténosé, il reste paradoxalement refoulé vers le bas, par la pression intra-thoracique encore augmentée par l’expiration. |

On observe donc exactement ce que l’on voit dans, les pneumothorax unilatéraux avec médiastin souple.

Quand la sténose est complète il se produit une condensation rétractile intéressant le territoire correspondant à la bronche affectée.

Nous n’insisterons pas ici sur les différents aspects topographiques de ces condensations rétractiles liées à une obstruction bronchique. C’est une opacité intense, homogène, systématisée, intéressant tout un territoire bronchique et s’accompagnant de ‘signes de rétraction du territoire pulmonaire atteint.

Nous attirerons par contre l'attention sur trois points particuliers qui doivent faire penser à la possibilité d’une obstruction bronchique au cours de la collapsothérapie pour tuberculose pulmonaire.

Lorsque l’on constate radiolosiquement, un collapsus total et intense de tout le poumon, après les premières insufflations pour pneumothorax, ce signe est très suspect de tuberculose bronchique sténosante.

De même une élévation anormale de la coupole diaphragmatique après phrénicectomie, lorsqu'elle est sur-

Ste

montée d’une zone d’opacité systématisée doit faire penser à une sténose lâche qui a été transformée en sténose serrée par cette élévation diaphragmatique.

Enfin, l'apparition d’une hernie médiastinale au cours d'un pneumothorax controlatéral maintenu en pression négative, et éventuellement sa persistance après la création d’un pneumothorax de l’autre côté, est aussi très évocatrice de sténose tuberculeuse.

L'examen TOMOGRAPHIQUE de la résion du carrefour trachéo-bronchique donne souvent une image très nette de -rétrécissement bronchique et même des images de bronchectasies développées dans le bloc pa-

‘renchymateux rétracté.

Cependant de nombreuses causes d’erreurs viennent ici compliquer le diagnostic.

La BRONCHOGRAPHIE LIPIODOLEE devra être employée ici avec une prudence toute particulière; elle est contre-indiquée dans les sténoses ulcérées évolutives. Les solutions iodées hydrosolubles, nouvellement employées pourraient élargir le cadre de cette indication au cours des tuberculoses bronchiques étant donné son élimination rapide et totale. Quoiqu'il en soit, le bronchogramme permet surtout de faire un bilan des lésions pulmonaires sousjacentes. Ce dernier examen étant surtout intéressant au moment de poser l’indication d’une éventuelle exérèse chirurgicale.

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