OBSERVATION III
M"° B.. (Paulette), 32 ans, hospitalisée en mai 1947 (Service de M. le Professeur MOREL).
Soignée depuis 11 ans pour tuberculose pulmonaire gauche, la malade a eu un pneumothorax gauche compliqui d’une crise liquidienne qui a entrainé une symphyse.
Malgré l’abandon du pneumothorax, l’état général s'était amélioré et la bacilloscopie demeurait négative.
En 1940 cependant, la malade fait une rechute du même côté.
À ce moment-là, la radiographie montrait au seir d’un infiltrat étendu, deux cavités de petit volume, l’une sous-claviculaire gauche, l’autre juxta-hilaire.
La malade refuse la collapsothérapie chirurgicale et reste pendant 3 ans chez elle où elle suit un simple traitement général.
En 1943, la malade est hospitalisée pour un syndrome de sténose bronchique typique. Elle présente en effet :
Un râle sonore intense à prédominance inspiratoire audible d'elle-même et de son entourage et qu’elle localise du côté gauche.
Une toux sèche, quinteuse, spasmodique, rebelle, ramenant une expectloralion abondante purulente, et contenant de nombreux bacilles de Koch.
Des épisodes de débacles bronchiques alternant avec d’autres épisodes où la toux et l’expectoration sont forte-
er
ment diminuées et remplacées par des clochers thermiques RO
La bronchoscopie montre une sténose cicatricielle circulaire et incomplète de la bronche lobaire inférieure droile, la muqueuse par ailleurs, présente des signes banaux d’inflammation sans ulcération.
Un traitement Iceal endoscopique est institué.
On dilate progressivement à la bougie cetle sténose, on la tamponne à l’adrénaline et on pratique trois fois par semaine une instillation de 500.000 U.O. de pénicilline en amont.
Le résultat est spectaculaire, en quelques jours la fièvre tombe, la toux se calme, et lexpectoration diminue à tel point que la malade demande sa sortie.
Malheureusement, un an après, pendant l'hiver, ia malade fait une rechute. Le tableau clinique est identique au précédent, la toux est aussi fréquente, l’expectoration est abondante, mais lévolution a fortement diminué l’état général de la malade qui, malgré la reprise du traitement endoscopique local, meurt deux mois après son entrée dans le service.
Cette observation est surtout intéressante en ce qui concerne l’évolution et les complications propres à la sténose.
Sur un fond bacillaire évoluant peu, l’apport de suppurations pulmonaires non tuberculeuses constitue un élément agséravant d'importance considérable, et toutes les sténoses, par la rétention qu’elles entraînent, se compliquent tôt au tard de surinfection par des germes banaux.
Il faut noter cependant l’importance que peut avoir chez de tels malades un traitement local, en particulier l’instillation d’antibiotiques, sur le devenir de ces rétentions purulentes.
Mais il ne peut s'agir là que d’une amélioration pas. sagère. Le tissu conjonctif cicatriciel demeure, la cause persiste eb les effets momentanément stoppés ne vont pas tarder à réapparaître.