‹ Contribution à l'étude des Strongyloses Broncho-Pulmonaires BovinesChapitre 7 sur 17 · ROSE · texte numérisé non relu

ROSE

SYMPTOMATOLOGIE

Il est rare que les troubles broncho-pulmonaires apparaissent les premiers ; seuls les sujets malades laissés au pâturage, en grand nombre, peuvent échapper à l’attention du propriétaire ou du praticien. Un mois déjà avant la toux, il y a une altération très nette de la nutrition. On constate une certaine maigreur, un appétit irrégulier, les muqueuses sont pâles, les yeux caves, le poil terne et hérissé, et présentant même des dépilations partielles. La rumination se fait mal, l’haleine est fétide et les excréments franchement diarrhéiques. Comme ces symptômes surviennent le plus souvent en été, le propriétaire ne manque pas, en général, d'attribuer la diarrhée à l’ingestion d’herbes mouillées ou à des intoxications alimentaires. Le vétérinaire n’est appelé souvent qu'après l'installation des localisations bronchiques, le propriétaire n’arrivant pas à établir une relation entre la toux et la diarrhée constatée. La toux, d’abord sonore, quinteuse, est assez rare ; mais elle devient peu à peu plus forte, déchirée,

avortée, et se manifeste dans ces conditions par de lon-

gues quintes, accompagnées de dyspnée et de suffocation ; la respiration se précipite, les flancs sont agités, le pouls accéléré, les conjonctives injectées ; l’animal allonge le cou, étend la tête, ouvre la bouche, sort la langue et la salive s'écoule par les commissures des lèvres. Dans les accès les plus violents, le malade, en proïe à l’asphyxie, tombe sur le flanc, se débat, les yeux saillants et hagards, la bouche béante, la langue pendante. Ces paroxysmes se présentent à plusieurs reprises par jour, et quelquefois, le dernier emporte l’animal. Les quintes de toux déterminent le rejet, par la bouche ou les cavités nasales, de mucosités qui peuvent être striées de sang et qui contiennent des vers, isolés ou réunis en pelotons, faciles à reconnaître surtout à leurs mouvements quand on les met dans l’eau tiède.

La durée de la maladie varie suivant son intensité. La mort — qui survient d’ordinaire par asphyxie, quelquefois par cachexie extrême — peut être due aussi à une pneumonie intercurrente ou à une hémorragie pulmonaire. Elle peut se faire attendre trois, quatre, cinq mois ; Moussu a vu même quelques sujets vivre un an.

Donc, théoriquement, le diagnostic repose sur les caractères des quintes de toux et sur la présence des strongles dans les matières expectorées ; mais la toux survient quand la maladie est déjà installée ; d’autre part, les vers adultes peuvent souvent faire défaut dans les

excréments. Comment dès lors poser le diagnostic ?

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