HISTORIQUE
L'étude des cholérétiques est de date récente. Les techniques expérimentales varient suivant les auteurs; ainsi s'expliquent les contradictions nombreuses que l’on retrouve à leur propos.
C'est Rohrig en 1873, qui fut l’un des premiers à étudier expérimentalement l'effet des cholagogues sur le chien porteur d’une fistule biliaire permanente, Il s’est surtout attaché à l’étude des injections de bile mais n’a pas expérimenté le corps de la série grasse. | |
En 1886, Rutherford reprend ces expériences et injecte de nombreuses substances dans le duodénum de chiens curarisés et porteurs d’une fistule temporaire du cholédoque après l'exclusion de la vésicule. Dans tous ces travaux nous ne trouvons ‘mention d'aucun produit de la série grasse. |
Prévost et Binet en 1888 consacrent un important mémoire à l’action cholagogue d’un grand nombre de substances. Ces auteurs sectionnent le cholédoque entre deux ligatures et pratiquent une fistule
vésiculaire permanente. Ils ont pu ainsi étudier
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entre autres l'action des éthers, des alcools, de la slycérine, et leur dénient tout pouvoir cholagogue.
Dans le domaine clinique et surtout empirique, l'huile d'olive a prêté à de nombreuses discussions.
M. Chiray dans un article récent de la Presse Médicale écrit à ce propos :
« L'ingestion d'huile d'olive dans le traitement de la lithiase biliaire date de longtemps. Pour les uns, le mérite en revient à un médecin de la Nouvelle- Orléans, Touartre, qui proposa en 1887 le traitement de la colique hépatique par l'huile d'olive à haute dose et fut suivi de près dans cette voie en France par Chauffard et Dupré, puis par Germain, Sée, Villemin, Pillion. Pour les autres, le véritable initiateur de la méthode serait un médecin américain, Kennedy, qui se serait inspiré des Indiens. »
En tous cas, dès ces premières communications commencèrent des recherches expérimentales destinées à montrer qu’une partie de l’huile absorbée se trouve éliminée par les voies biliaires et peut ainsi lubréfier leurs parois.
Chauffard et Dupré avaient cependant observé que l'huile ne pénètre pas dans l’ampoule de Vater et ne remonte pas les voies biliaires à contre courant.
En 1889, un médecin berlinois, Rosenberg, constata chez des chiens porteurs de fistule biliaire que, comme l'avait observé Kennedy, l'absorption digestive d'huile détermine une augmentation de la sécré-
tion biliaire et un relèvement du contenu graisseux de la bile.
Virchow en 1891 se rangeait au même avis et affirmait de plus, que dans ces conditions, on trouve de fines gouttelettes graisseuses dans l’épithélium des petits conduits biliaires intra-hépatiques. Il concluait qu’une partie des graisses alimentaires est amenée directement de l'intestin au foie par la veine porte et que là, celles-ci sont, soit fixées par les cellules hépatiques, soit de nouveau éliminées avec la bile dans l'intestin.
Singer et Glaesner en 1909,ont également démontré chez les animaux à fistule biliaire, qu'après suralimentation graisseuse, l'enrichissement passager de la bile en graisse va jusqu'à 5 %. Okada émet une opinion analogue.
Les recherches physiologiques modernes montrent sans conteste le pouvoir cholalogue de l'huile d'olive. Quelle agisse en provoquant des contractions vésiculaires ou un simple relächement de la vésicule, il n’est pas douteux que l'huile d'olive facilite l'évacuation des voies biliaires extra-hépatiques. La clinique confirme cette notion ; voici longtemps que l'huile d'olive est employée à dose massive ou fractionnée dans: le traitemert de la lithiase biliaire.
Est-ce à dire que l’huile d'olive est directement cholérétique ? MM. Chabrol, Maximin et Porin ont sur ce point des réserves. L'action cholérétique de cette substance leur paraît dépendre des oléates dont le rôle semble avoir été complètement mé-
connu jusqu’à ce jour sur le terrain expérimental.