‹ Contribution à l'étude des suites éloignées de l'hystérectomieChapitre 12 sur 36 · Etat psychique · texte numérisé non relu

Etat psychique

Les modifications du caractère sont fréquentes et importantes. « C’est une autre femme qui va naître de l'opération » a-t-on dit et de fait nous avons retrouvé ces troubles chez 19 de nos opérées.

Il s’agit de femmes jeunes.

En effet, 14 de nos malades revues ont plus de 38 ans : ‘aucune d'elles ne présentent de modifications psychiques appréciables.

Il reste donc 37 femmes ayant moins de 35 ans. 19 d’entre elles sont notablement modifiées au point de vue psychique ; et sur ces 19, sept sont particulièrement éprouvées.

L’appréciation des modifications du caractère est délicate, il faut tenir compte avant tout de l’état psychique antérieur ; certaines malades après avoir expliqué leur grande nervosité, reconnaissent volontiers qu'elles étaient déjà très nerveuses avant l'opération ; nous n'avons pas tenu compte de ces observations.

D'autre part, les malades, confient peu volontiers au médecin ces sortes de troubles qu’elles s’expliquent mal, qu’elles formulent difficilement et dont elles sont souvent elles-mêmes plus ou moins honteuses.

Enfin ces troubles, bien qu'ils soient souvent fort pénibles, semblent ne pas compromettre en général l'intelligence et le raisonnement des femmes.

D qe

Pas de consultations psychiàätriques, pas d’internement, pas de folie.

C'était là le grand argument de Segond, d'Hartmäann lors d'un débat important sur la question à la Société de Chirurgie. Segond sur 642 hystérectomies ou castrations ne trouve que 4 complications mentales graves, Hartmann 2 sur 200 et dans ces cas ils soupçonnaient, à juste titre, des antécédents psychopatiques prédisposant ces malades à la folie.

De ces aliénations mentales, nous n’en avons évidemment pas vues chez nos 46 malades ; rien même d’approchant, le mot de « troubles psychiques » nous paraît même déjà trop fort, faussant la réalité. « Troubles du caractère » est mieux ; et pourtant ces femmes sont profondément modifiées.

Sept surtout avons-nous dit, sont particulièrement éprouvées

Il s’agit :

De trois femmes opérées il ÿ à un an ayant 25, 2b et 26 ans.

D'une jeune malade de 19 ans castrée i] y a deux ans pour pyosalpinx.

D'une femme de 28 ans opérée trois fois, la dernière fois il y ‘a 4 ans.

Et enfin de deux anciennes malades opérées toutes deux il y a douze années, l’une à 25 ans, l’au-

tre à 22 ans.

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Dix autres opérées présentent également des modifications du caractère, mais, ou moins marquées, ou plus difficilement directement rapportables à l'intervention du fait d’une nervosité déjà antérieurement accusée.

Avant tout il s’agit de troubles de ‘humeur ; presque loutes s'en plaignent.

« Avant d'être opérée, dit l’une, j'étais calme et douce, maintenant je ne tiens plus en place, pour un rien je m'emporte, je crie, je pleure et j'ai des colères très fréquentes ».

Les troubles de la mémoire et de l'attention ont été retrouvés dans trois cas ; une malade opérée il y à 12 ans en souffre particulièrement. Les amnésies portent également sur les faits anciens et sur les faits récents ; il s'Y ajoute une certaine lenteur d'idéation et par moments de la difficulté pour parler.

Les troubles de l’émotivité existent chez toutes ; la moindre contrariété provoque un état anxieux disproportionné ; des pleurs faciles, des tristesses profondes avec idée d’indignité et de suicide ; mais ces moments de dépression sont en oénéral de courte durée et sont souvent vivement remplacés par de courtes périodes d’excitation.

Les troubles de la volonté sont plus difficiles à mettre en évidence, ils semblaient assez marqués chez »°tre plus jeune malade.

L'asthénie sur laquelle insistent quelques au-

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