‹ Contribution à l'étude des suites éloignées de l'hystérectomieChapitre 13 sur 36 · LIRE · texte numérisé non relu

LIRE

teurs ne nous a pas semblé très fréquente ; nous l'avons trouvée seulement chez 5 ou 6 opérées. Presque toutes travaillent d’ailleurs, sauf deux cependant, l’une par son amnésie, l’autre par sa très grande nervosité en sont pratiquement incapables.

D'ans l’ensemble les occupations, le travail nous ont paru plutôt diminuer les troubles.

Le début de ces troubles est difficile à préciser. Il semble qu'ils apparaissent progressivement dans la première année parfois plus brusquement.

Leur durée ne doit pas être éphémère.

Deux de nos malades ont été opérées il y a 12 ans ; alors que les bouffées de chaleur ônt disparu depuis longtemps, les modifications du caraictère persistent, égaux à eux-mêmes; chez aucune de nos malades ils n’ont tendance à diminuer. Nous parlerons plus loin de la thérapeutique.

Ainsi donc ces troubles difficiles à décrire, restent en général compatibles avec une vie sociale relativement normale. Certes, l'entourage est particulièrement les maris doivent se plaindre de cet état : et pourtant pas un cas de divorce sur 46 malades revues |

Ces troubles ne sont pas confiés au chirurgien, rarement au médecin, à moins qu'il n’en sollicite la confession.

Même très marqués ils ne font qu'exceptionnel-

lement des folles ; mais plus simplement des m'alheureuses.

Mo

Nous rapporterons, à ce chapitre, une seule observation, elle nous a semblé importante

Mme J. Dut.., 25 ans, couturière, mariée depuis 1926, a été opérée en décembre 1927 pour salpingite, dit-elle, par notre maître M. le Professeur agrégé Jacques Leveuf, qui lui enleva les annexes droites.

Six ans après souffrant à nouveau, elle fut réopérée à l'hôpital Cochin par M. le Professeur agrégé Wilmoth qui lui fit une hystérectomie subtotale. Or cette femme est une de celles qui présentent les troubles du caractère les plus marqués et les plus pénibles ; calme et tranquille avant ; émotive et anxieuse maintenant, abattue ou agitée, elle a des crises de dépression avec idée de suicide.

Providentiellement, entre les deux opérations, elle a eu un enfant.

« Sans lui, dit-elle, je n’aurai pas pu vivre ».

Nous croyons que cette courte observation est un bon argument pour les défenseurs de la chirurgie conservatrice.

Page 1