‹ Contribution à l'étude des suites éloignées de l'hystérectomieChapitre 14 sur 36 · L'instinct sexuel · texte numérisé non relu

L'instinct sexuel

L'enquête à ce sujet est difficile. Il nous a semblé que chez 1/4 des femmes environ (rr) le désir sexuel était diminué. Peut-être la proportion estelle plus importante ; il est plus facile de répondre que l’état est inchangé que d'expliquer la diminution du désir.

Les phénomènes de suggestion de l'entourage et d’auto-suggestion doivent avoir certainement une grande importance ainsi que le rappelait ré-

LS de

cenment M. Siredey ; aussi doit-on s'’efforcer de détiuñe le préjugé populaire qui veut qu'une femme castrée ne soit plus une femme.

La diminution du plaisir sexuel, (réserve faite de deux cas de dyspareunie et de deux cas d’atrophie vaginale) a été précisée dans 4 de nos observations. Là encore la proportion est probablement plus importante. Il s'agissait de trois hystérectomies totales et d’une hystérectomie subtotale.

On ne peut donc guère conclure à ce sujet, les statistiques sont difficiles én pareilles matières.

Ajoutons que F. E. Walker a noté que souvent alors que pendant plusieurs années consécutives à l'opération le « niveau » de la sexualité est resté normal, il finit par baisser plus précocernent que chez les femmes normales.

Jayle sur 31 cas trouve le désir diminué ou suppriné dans 1/3 des cas ; et le plaisir sexuel annihilé dans 5 cas, diminué dans un, augmenté dans quatre. |

L'interdépendance des glandes endocrines, et | « érotisation » ‘du système nerveux peuvent. peutêtre, expliquer ces cas « d'augmentation » après castration ; et effectivement dans deux de nos cas où il y avait « diminution » il s'agissait de femmes très jeunes, l'une ayant été castrée à 17 ans.

Dans trois de nos cas il y aurait eu augmenta- . tion du plaisir sexuel mais il s'agissait de deux pyosalpinx et d’une salpingite avec adhérence et nous pensons qu'il existait une dyspareunie plus ou moins marquée avant l’intervention.

Enfin rappelons que chez les animaux la cas-

tration empêche le rut et l'acceptation du mâle mais que cet effet est moins manifeste quand la mutilation est pratiquée après là puberté. Si l’on écarte l'idée d’extirpation incomplète des ovaires on pourrait là aussi parler d’érotisation du système nerveux.

Cette « éducation des sens » doit, vraisembla- Plement, avoir une beaucoup plus grande importance chez la femme.

La conclusion que l’on devrait tirer est que la castration doit être surtout redoutée, à ce sujet. chez les femmes jeuñes et plus particulièrement chez celles dont « l’histoire sexuelle » a été brève.

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