‹ Contribution à l'étude des suites éloignées de l'hystérectomieChapitre 15 sur 36 · Le système nerveux · texte numérisé non relu

Le système nerveux

En dehors des douleurs diverses que l’on peut d’ailleurs souvent rattacher à des rhumatismes articulaires, osseux où musculaires, en dehors des céph'alées qui accompagnent les bouffées de chaleur ou qui surviennent isolément ; certains troubles et particulièrement l'hypertension artérielle ont été rapportés à une activité anormale du sympathique.

Crainicianu a étudié (utilisant la méthode de Danielopolu et Carniol) les relations entre la sécrétion ovarienne et le tonus du système végétatif, il dit que la castration complète amène un abaissement du tonus végétatif pour les deux systèmes ; qu'en particulier le tonus du vague peut s’abaisser jusqu’à zéro et que l’on peut ‘avantageusement trai-

ter ces femmes par le lactate de calcium à doses massives (10 gramines par jour) parce qu'il s’agit d'un tonique nerveux à prédominance sympathique.

Laionel-Lavastine, lui, considère que l’absence d'ovaires, en principe, augmente le tonus du vague.

Nous avons recherché chez nos opérées le réflexe oculo-cardiaque qui était tantôt augmenté,

tantôt inchangé.

Il est possible, comme le dit H. Vignes, que suivant l’état antérieur des femmes il y ‘ait prédominance de la réponse sympathique ou parasympathique.

d) TROUBLES DES CARACTÈRES SEXUELS SECONDAIRES

Nous n'avons pas perçu à l'examen de nos opérées de modifications notables à ce sujet. Sans doute certaines femimes présentaient-elles un certain degré de pilosité faciale mais il était difficile d'en rattacher nettement l'origine à la castration.

L'opinion des auteurs est en général, que les caractères secondaires sont peu modifiés ; déjà Puech en 1873 les avait recherchés en vain.

Les seins sont cependant atrophiés en général ; chez d’autres, au contraire, l'accumulation de la craisse les rend opulents.

La voix ne nous a pas paru modifiée.

Dans l'ensemble, comme dans la ménopause spontanée, l’aspect de la femme est peu modifié. Le

ET res

type « hommasse » dont Maranon a parlé semble rare. Et l’on sait depuis les travaux de Pézard, de Lipschutz que, tout au moins dans l'espèce humaine, le type indifférencié est un type proche du type féminin.

B, -- Groupe des malades ne présentant aucun trouble ou des troubles très légers de ménopause artificielle

Ce groupe comprend 27 anciennes opérées ; 27 sur 46.

Parmi ces 27, comme nous l’avons déjà dit, 14 ont plus de 38 ans. Bien qu'elles ne fussent pas encore ménopausées au moment de l’opération on peut penser que leur fonction ovarienne commençait à faiblir.

Nous avons vu que toutes, sauf trois, ont eu des bouffées de chaleur, m'ais aucune n’a présenté de modifications notables du caractère.

Il reste surtout un groupe de 13 femmes chez lesquelles nous allons rechercher les causes possibles ide cette abstention.

Chez huit d’entre elles nous croyons pouvoir expliquer l’absence des troubles par la destruction partielle, antérieure, des fonctions ovariennes

h étaient atteintes de pyosalpinx tuberculeux.

3 de lésions kystiques bilatérales.

1 de tumeur solide des deux ovaires.

FEAT Pa

Ces 8 malades ont d'ailleurs présenté des Loufles de chaleur mais peu marquées et ayant diminué, chez toutes, très rapidement ; par contre il n'existait pas de modifications psychiques notables chez aucune d’entre elles.

Chez 3 autres malades nous avons mis en évidence qu'il existait avant l'opération des troubles importants de la menstruation

Lä première Mme C.., 27 ans, opérée pour salpingite était réglée tous les deux ou trois mois ; le flux menstruel était non seulement irrégulier mais aussi particulièrement peu abondant, et de très courte durée (24 à 36 heures). Chez elle la menstruation avait toujours été irrégulière et insuffisante mais elle l’était encore plus depuis sa dernière grossesse qui remontait à six ans. Soignée en vain médicalement pendant 2 ans par les moyens les plus variés elle ne fut guérie que par l'opération. Elle n’a eu après l'intervention que très peu de bouffées de chaleur, ne souffre plus, a repris son poids, se sent bien, moins nerveuse qu'avant et se déclare particulièrement satisfaite de l'intervention.

La deuxième, Mme P.., présentait également des règles irrégulières dans leur date, dans leur durée et dans leur abondance : tantôt de véritables hémorragies, tantôt « à peine quelques gouttes de sang » : véritable anarchie de la fonction menstruelle.

Enfin, chez deux malades, l’une âgée de 29 ans, opérée en 1014 pour salpingite, l’autre âgée de 20 ans opérée il y a 6 mois pour pyosalpinx, nous f'avons pu trouver aucune cause clinique expliquant l’absence presque complète (à peine auelques bouffées de chaleur peu intense) des troubles de castrilion chirurgicale.

Que peut-on conclure de ces treize observalions ? Peut-on prévoir, avant l'opération, l’importance des troubles que l’on va peut-être créer ?

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