‹ Contribution à l'étude des suites éloignées de l'hystérectomieChapitre 18 sur 36 · B. — APRÈS L'OPÉRATION · texte numérisé non relu

B. — APRÈS L'OPÉRATION

Quand les troubles se sont installés il est difficile de prévoir leur durée et leur importance future.

Leur association est variable ; cependant il semble que l’absence de bouffées de chaleur comporte l'absence de tout autre trouble. Dans nos observations les 3 malades qui n'en éprouvèrent pas étaient restées indemnes d’obésité et de modifications psychiques.

D'autre part les auteurs, M. Paillard en particulier ont noté que certaines femmes faisaient de l’adipose et d’autres de l'hypertension ; les deux troubles, coexistant rarement chez la même malade. Les femmes jeunes feraient de l’adipose, les femmes âgées de l'hypertension.

Les troubles une fois installés, il est difficile de leur faire un pronostic de durée. Si, comme nous

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l'avons dit, les bouffées de chaleur disparaissent en 10 mois à 2 ans, les modifications psychiques paraissent ne pas devoir s'améliorer rapidement. Gertains auteurs ont même décrit leur recrudescence qui surviendrait à l’âge de la ménopause naturelle.

Enfin il reste un élément pronostic dont nous n'avons pas encore parlé et que l’on peut toujours espérer après l'opération : c'est l'éventualité d’un ovaire supplémentaire ; M. Paillard écrit à leur sujet : « Il ne faut pas négliger l'existence possible d'ovaires accessoires inclus dans le ligament large, dans le tissus sous-péritonéale ou en des endroits plus distants. Avec quelle fréquence et quelle importance ces ovaires accessoires interviennent-ils pour entretenir la fonction interne de l'ovaire ? Je ne le sais nullement, mais je crois que la question vaut la peine d’être envisagée. « Le volume de ces ovaires accessoires varie d’un grain de mil à une lentille on les rencontre dans 4 % des cas lorsqu'on les recherche systématiquement (Rieffel) et il est probable que la recherche la plus systématique n’arrive pas à les mettre tous en évidence ».

Cornil et Fiolle, de Marseille ont prouvé que ces ovaires surnuméraires pouvaient après castration chirurgicale subir une reviviscence ou une évolution pathologique ; ils ont fait une étude très délaillée de la question au point de vue anatomique, endocrinien et biologique.

Ces ovaires supplémentaires expliquent peutêtre l'absence de troubles chez nos deux malades pour lesquelles nous avons recherché, en vain, une

explication clinique. >» sur 46 représentent un peu

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plus de 4 % chiffre voisin des 4 % d’ovaires accessoires trouvés par M. Rieffel.

La présence de ces ovaires accessoires explique peut-être également l'apparition retardée des troubles.

Chez une de nos malades ils ne sont survenus, assez brutalement, qu’un an après l'opération.

Peut-être peut-on penser dans ces cas, que la glande surnuméraire, après avoir suppléé pendant un temps à l’absence d’ovaires meurt plus ou moins rapidement par défaut de vascularisation ou pour toute autre raison. On peut d’ailleurs également invoquer l’extirpation incomplète des ovaires ; la parcelle restante se comportant comme un ovaire accessoire.

En tout état de cause la possibilité d’un début retardé des troubles doit toujours être envisagé dans l'établissement du pronostic après l'opération.

On voit donc que le pronostic, tant après qu'avant l'opération, reste difficile.

Enfin, rappelons que le prélèvement endo-utérin d’un fragment de muqueuse, suivi de son examen histologique, permet d’après l'aspect des follicules, de dire (dans une certaine mesure) si la fonction ovarienne est ou n’est pas interrompue. Kauffman a utilisé cette méthode, les physiologistes qui titrent la follicule s’en serve chez les animaux. Un auteur hongrois : Bela Lürinez étudiant « l’électroaspirateur en gynécologie » dit s'être servi de cet appareil pour contrôler chaque jour (et même 3 fois par jour) l'action d'un traitement hormonal.

Il y a peut-être là une méthode à employer

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plus souvent. Peut-être plus tard, aurons-nous à notre disposition un dosage de la fonction ovarienne qui nous permettra de prévoir exactement les troubles que l'on va créer par l’hystérectomie ?

I n’en est pas moins vrai qu'actuellement avant l'opération on peut réunir des données utiles qui guideront et aideront le chirurgien.

« Le ventre ouvert il est souvent trop tard pour recueillir des renseignemens précieux. Ÿ pense-t-on assez ? » (Massabuau et Guibal).

LA THERAPEUTIQUE

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